Au commencement était le verbe

Voici un texte truffé de premières phrases (entières ou tronquées) qui ouvrent des romans célèbres. A vous de jouer.
Aujourd'hui, maman est morte. Pendant un demi-siècle, les bourgeoises de Pont-l'Evêque lui ont envié sa servante Félicité qui longtemps, s'est couchée de bonne heure. Elle est morte ce matin, changée en véritable vermine, (comme mon ami Grégoire Samsa), dans la petite ville de Verrières qui peut passer pour l'une des plus jolies de la Franche-Comté. Elle est morte alors que j'étais pour ma part encore couché. "C'est le moment de croire que j'entends des pas dans le corridor" me suis-je dit à ce moment-là. Je n'eus pas à croire, ces pas résonnaient bien pour m'annoncer la nouvelle. Ca a débuté comme ça. Moi, j'avais jamais rien dit. Rien. Mais ce jour là, j'ai crié, j'ai pleuré. Oui, cela pourrait commencer ainsi, ici, comme ça, d'une manière un peu lourde et lente, dans le corridor qui accueillit la nouvelle, lorsque majestueux et dodu, Buck Mulligan parut en haut des marches, porteur d'un bol mousseux sur lequel reposaient en croix rasoir et glace à main : "ta mère est morte", m'a-t-il dit.
Qu'il fasse beau, qu'il fasse laid, c'est mon habitude d'aller sur les cinq heures du soir me promener au Palais-Royal. J'y avais traîné aussi une bonne partie de la nuit, d'où que ce matin, j'ai appris la nouvelle en me réveillant péniblement. J'ai été réveillé par la mort de ma mère. Et ça m'a pas plu. Je suis un homme malade, je suis un homme méchant. Voilà pourquoi ça m'a pas plu. Buck Mulligan m'apparaît, donc. Une casquette de chasse verte enserrait le sommet du ballon charnu d'une tête. La sienne. Il me dit la nouvelle, tourne les talons et rajoute : "je m'en vais".
S.B. (avec l'aide de quelques autres)




