L...
C'est toi : peuplé désert des citadelles fantômes,
Qui de tes jaunes secrets incendie les souvenirs ;
Ceux-là qui passent, élevant les arômes
Dans tes berceaux de linge et me font revenir
Au creux des rues étroites ; et chaque nuit d'été
A rêver plus avant de ta grandeur repue,
J'espère en reculant, et chaque jour un peu plus,
T'aimer sans rien d'espoir pour me faire avancer :
Tu t'éloignes à nouveau. Que j'approche à ta rive,
Et tu t'enfuies, espiègle, parmi les sons de cloche,
Les tintements de métal que le soleil avive,
Les ding-dong du tramway, et le vent qui accroche
Ses notes au soupirail d'une maison ouverte,
Tandis que du piano, là-bas dans l'arrière-cour,
Une tristesse ancienne nous appelle au secours,
Et danse un peu le soir au refrain de nos pertes.
Toi dont je tais le nom qui résonne d'un autre.
S.B.
Qui de tes jaunes secrets incendie les souvenirs ;
Ceux-là qui passent, élevant les arômes
Dans tes berceaux de linge et me font revenir
Au creux des rues étroites ; et chaque nuit d'été
A rêver plus avant de ta grandeur repue,
J'espère en reculant, et chaque jour un peu plus,
T'aimer sans rien d'espoir pour me faire avancer :
Tu t'éloignes à nouveau. Que j'approche à ta rive,
Et tu t'enfuies, espiègle, parmi les sons de cloche,
Les tintements de métal que le soleil avive,
Les ding-dong du tramway, et le vent qui accroche
Ses notes au soupirail d'une maison ouverte,
Tandis que du piano, là-bas dans l'arrière-cour,
Une tristesse ancienne nous appelle au secours,
Et danse un peu le soir au refrain de nos pertes.
Toi dont je tais le nom qui résonne d'un autre.
S.B.


