<?xml version="1.0"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" xml:lang="fr"><title>Ce qui nous regarde ...</title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/"/><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://intimedia.kaywa.com/atom/"/><updated>2008-03-07T14:53:22Z</updated><id>http://intimedia.kaywa.com/</id><subtitle>intimedia news and stuff that matters</subtitle><generator>http://www.kaywa.com/?v=1.0</generator><rights>Copyright by KAYWA AG - Services for the mobile Internet</rights><entry><title>"On dirait que..."</title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/on-dirait-que.html"/><id>http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/on-dirait-que.html</id><published>2008-03-07T14:53:22Z</published><updated>2008-03-07T14:53:22Z</updated><summary>
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Bienvenue chez les ch'tis de Danny Boon.
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On le sait d&#xE9;j&#xE0;, Bienvenue chez les ch&#x2019;tis est...</summary><author><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></author><contributor><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></contributor><content type="xhtml" xml:lang="fr"><div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p xmlns=""><img border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2008/3/mob382_1204901819.jpg"/></p>
<p xmlns="">&#xA0;</p>
<p xmlns=""><em><strong>Bienvenue chez les ch'tis</strong></em> de Danny Boon.</p>
<p xmlns="">&#xA0;</p>
<p xmlns="">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; line-height: 150%" class="MsoNormal">On le sait d&#xE9;j&#xE0;, <em>Bienvenue chez les ch&#x2019;tis</em> est en passe de devenir le plus gros succ&#xE8;s fran&#xE7;ais de tous les temps&#xA0;: prenons le pari qu&#x2019;il va d&#xE9;passer, en d&#xE9;finitive, l&#x2019;ind&#xE9;tr&#xF4;nable <em>Grande Vadrouille</em>. Il convient de s&#x2019;y int&#xE9;resser de pr&#xE8;s&#xA0;: un succ&#xE8;s de cette ampleur n&#x2019;est pas seulement dans l&#x2019;ordre d&#x2019;un sympt&#xF4;me soci&#xE9;tal, il dit avant tout quelque chose du cin&#xE9;ma. Si l&#x2019;on veut donc faire le pari d&#x2019;un combat gagnant contre le film de G&#xE9;rard Oury, c&#x2019;est aussi parce que la &#xAB;&#xA0;francit&#xE9;&#xA0;&#xBB; qui fait l&#x2019;ordinaire victorieux du cin&#xE9;ma fran&#xE7;ais commence peut-&#xEA;tre &#xE0; en finir avec le mod&#xE8;le d&#x2019;une mythologie de la R&#xE9;sistance et du terroir. Certes, on m&#x2019;opposera le r&#xE9;gionalisme d&#x2019;un film consacr&#xE9; aux gens du nord, c&#x2019;est pourtant son beau paradoxe que de vouloir pr&#xE9;cis&#xE9;ment partir d&#x2019;une r&#xE9;gion pour en sortir, de s&#x2019;y enfoncer pour mieux lui faire perdre ses stricts contours, y trouver autre chose que les signes commun&#xE9;ment admis d&#x2019;une reconnaissance r&#xE9;gionale. Y trouver quoi&#xA0;? Un &#xE9;tat paradoxal de la France peut-&#xEA;tre, l&#x2019;expression d&#x2019;une inqui&#xE9;tude tr&#xE8;s contemporaine qui en a peut-&#xEA;tre fini avec le pass&#xE9; pour se poser la question de son identit&#xE9; changeante.</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; line-height: 150%" class="MsoNormal">Contrairement aux apparences, ce qui int&#xE9;resse Danny Boon, c&#x2019;est le territoire au sens propre, pas sa plus value culturelle et mythologique (le terroir, donc). Soit l&#x2019;inverse d&#x2019;un film comme <em>Paris</em>, qui voudrait retourner les clich&#xE9;s sans se rendre compte qu&#x2019;ils ont la m&#xEA;me apparence de l&#x2019;autre c&#xF4;t&#xE9;&#xA0;: Boon proc&#xE8;de autrement, en choisissant d&#x2019;investir le clich&#xE9; de l&#x2019;int&#xE9;rieur, pour l&#x2019;&#xE9;tendre progressivement &#xE0; la caricature. Il faut se souvenir ici de la belle formule de Daney&#xA0;: <em>un clich&#xE9;, c&#x2019;est une image qui ne bouge pas</em>, jouant ainsi sur les deux sens du mot. Faire bouger le clich&#xE9;, le remettre en mouvement et, par l&#x2019;absurde, le renforcer toujours plus, c&#x2019;est pour Danny Boon la possibilit&#xE9; d&#x2019;&#xE9;prouver pr&#xE9;cis&#xE9;ment ce clich&#xE9; au territoire qui le porte, pour en faire ressortir les failles. Car il arrive un moment o&#xF9; le clich&#xE9; ne tient plus de lui-m&#xEA;me, d&#xE9;couvert par la r&#xE9;alit&#xE9; d&#x2019;un paysage qui ne s&#x2019;y conforme plus&#xA0;: c&#x2019;est le r&#xE9;el qui prend alors sa revanche sur le langage, l&#x2019;image (en mouvement) qui prend le dessus sur l&#x2019;imaginaire (arr&#xEA;t&#xE9;). La concordance est d&#x2019;abord compl&#xE8;te&#xA0;: ainsi le gag hilarant de la pluie qui se met &#xE0; tomber sit&#xF4;t la fronti&#xE8;re avec le Nord Pas-de-Calais pass&#xE9;e, un peu comme certains fant&#xF4;mes au-del&#xE0; du pont vont &#xE0; notre rencontre, selon un carton c&#xE9;l&#xE8;bre de <em>Nosferatu</em>&#xA0;: au reste, la dimension quasi-fantastique du gag commence par d&#xE9;r&#xE9;aliser le territoire, pour mieux le faire exister par la suite &#xE0; travers les gens qui l&#x2019;habitent. Car le film a ceci de passionnant qu&#x2019;il ne s&#x2019;occupe d&#x2019;image que comme <em>r&#xE9;sultat</em>, production &#xE0; partir du <em>langage</em> et de lui seul. Ainsi le clich&#xE9; n&#x2019;est pas seulement une image d&#x2019;Epinal (comme ce premier gag, directement issu du paysage comme le sont les moulins en Hollande), il est d&#x2019;abord l&#x2019;expression d&#x2019;une id&#xE9;ologie directement inscrite dans le langage, soit une mani&#xE8;re d&#x2019;idiolecte social&#xA0;: l&#x2019;id&#xE9;e que je me fais d&#x2019;une autre r&#xE9;gion, d&#x2019;une autre culture, se doit d&#x2019;&#xEA;tre la plus stable possible afin de positionner, avec ou contre elle, l&#x2019;id&#xE9;e que j&#x2019;ai de ma propre r&#xE9;gion, de ma propre culture&#x2026; qui doit &#xEA;tre &#xE9;galement source de clich&#xE9;s pour les autres, &#xE0; la seule fin d&#x2019;avoir quelque chose <em>&#xE0; moi</em>, c&#x2019;est-&#xE0;-dire qui m&#x2019;identifie, <em>de sorte que je ne puisse pas le partager</em>.</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; line-height: 150%" class="MsoNormal">A cela, <em>Bienvenue chez les ch&#x2019;tis</em> r&#xE9;pond par une porosit&#xE9; salutaire de la langue per&#xE7;ue par Kad Mehrad comme &#xE9;trang&#xE8;re&#xA0;: c&#x2019;est l&#x2019;affrontement entre le fran&#xE7;ais et le patois chtimi qui fait l&#x2019;enjeu comique des dialogues, de fa&#xE7;on certes un peu facile, mais riche d&#x2019;&#xE9;vidence pour qui veut suivre le personnage jusqu&#x2019;au bout&#xA0;: c&#x2019;est-&#xE0;-dire dans le jeu d&#x2019;un changement identitaire complet, par o&#xF9; la dimension de <em>jeu</em>, pr&#xE9;cis&#xE9;ment, importe plus que tout. <em>On dirait que</em>&#x2026; Soit&#xA0;: &#xAB;&#xA0;jouons &#xE0; &#xEA;tre ceux-l&#xE0; m&#xEA;me que l&#x2019;on veut &#xE9;loigner de nous&#xA0;&#xBB;, il s&#x2019;agit l&#xE0; d&#x2019;une vraie dimension de mise en sc&#xE8;ne&#xA0;: s&#x2019;approprier une langue &#xE9;trang&#xE8;re (mieux&#xA0;: parler sa propre langue comme &#xE9;trang&#xE8;re), r&#xE9;investir un territoire, en y portant le clich&#xE9; &#xE0; chaud. En dernier lieu, Kad devra tout faire, avec le concours des habitants, pour conformer le Nord &#xE0; l&#x2019;id&#xE9;e que sa femme en a, enti&#xE8;rement conform&#xE9;e par son <em>discours</em>&#xA0;: c&#x2019;est un Nord qui n&#x2019;existe plus, que Danny Boon a choisi de d&#xE9;placer dans un ancien site minier aujourd&#x2019;hui abandonn&#xE9;. Et c&#x2019;est peut-&#xEA;tre la plus belle id&#xE9;e du film que cette reconstitution <em>historique</em>, seul raccordement possible au clich&#xE9;, devenu pr&#xE9;cis&#xE9;ment clich&#xE9; parce que pass&#xE9; dans l&#x2019;Histoire. Il s&#x2019;agit d&#x2019;une simple translation, le village n&#x2019;a &#xE9;t&#xE9; d&#xE9;plac&#xE9; que de quelques kilom&#xE8;tres, &#xE0; l&#x2019;endroit de l&#x2019;ancien qui en porte toujours le nom. C&#x2019;est dans cet interstice entre les deux villages (l&#x2019;ancien et le nouveau), que se tient le film, dans un rapport de juste <em>distance</em> que la mise en sc&#xE8;ne va faire varier selon le langage employ&#xE9; par chacun. Voil&#xE0; ce qui &#xE9;meut vraiment, en dernier lieu&#xA0;: cette mani&#xE8;re qu&#x2019;&#xE0; le film de souhaiter la <em>Bienvenue</em> &#xE0; ses spectateurs, sans leur m&#xE2;cher le travail, les laissant faire le chemin n&#xE9;cessaire &#xE0; ce que leur <em>langue</em> trouve &#xE0; se d&#xE9;ployer dans un espace non plus reconnu comme r&#xE9;gion, mais affirmation toujours renouvel&#xE9;e d&#x2019;une France qui change.</p>
<p xmlns="">&#xA0;</p></div></content></entry><entry><title>L'H&#xF4;pital et ses schizos</title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/t233l233vision/lhopital-et-ses-schizos.html"/><id>http://intimedia.kaywa.com/t233l233vision/lhopital-et-ses-schizos.html</id><published>2008-01-30T11:29:53Z</published><updated>2008-01-30T11:29:53Z</updated><summary>
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De toute &#xE9;vidence, un &#xE2;ge d&#x2019;or est en train de se terminer : celui des s&#xE9;ries am&#xE9;ricaines....</summary><author><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></author><contributor><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></contributor><content type="xhtml" xml:lang="fr"><div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal"><img border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2008/1/mob381_1201692703.jpg"/></p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal"><strong>De toute &#xE9;vidence, un &#xE2;ge d&#x2019;or est en train de se terminer : celui des s&#xE9;ries am&#xE9;ricaines. Laquelle choisir alors, pour finir en beaut&#xE9; ? La seule qui se sait derni&#xE8;re, pr&#xE9;cis&#xE9;ment : <em>Dr. House</em>.</strong></p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt" class="MsoNormal">Rarement, une s&#xE9;rie aura &#xE9;t&#xE9; &#xE0; ce point synchrone avec son histoire. C&#x2019;est toute une m&#xE9;moire, hier r&#xE9;serv&#xE9;e au <em>geeks</em>, aujourd&#x2019;hui tr&#xE8;s largement transversale, qui est convoqu&#xE9;e par le Dr. House et son &#xE9;quipe : <em>L World</em>, <em>24</em>, <em>Big Love</em>, <em>Les Sopranos</em>, on ne compte d&#xE9;j&#xE0; plus les r&#xE9;f&#xE9;rences amus&#xE9;es qui pars&#xE8;ment ici les dialogues, et l&#x2019;on constate que les sc&#xE9;naristes ont fait feu de tout bois, jusqu&#x2019;aux s&#xE9;ries les plus r&#xE9;centes ; c&#x2019;est que le temps presse, il faut trouver sa place dans un flux toujours plus important<a name="_ftnref1"/><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 12pt">[1]</span></span><!--[endif]--></span>. C&#x2019;est aussi qu&#x2019;il faut attraper quelque chose de ce langage r&#xE9;f&#xE9;rentiel qui a contamin&#xE9; de nombreuses conversations depuis quelques ann&#xE9;es, une mani&#xE8;re de choisir son camp, luttes acharn&#xE9;es entre pro et anti (-<em>24</em>, <em>Six Feet Under</em>, <em>Dexter</em>, <em>Desperate Housewives</em>, chacun ira de ses propres r&#xE9;f&#xE9;rences), mani&#xE8;re aussi de se dire, d&#x2019;en appeler d&#x2019;abord &#xE0; un cercle d&#x2019;initi&#xE9;s qui va peu &#xE0; peu s&#x2019;&#xE9;largissant, selon le rapport que chacun a aux s&#xE9;ries (et &#xE0; Internet) ; enfin, de faire la course, d&#x2019;&#xEA;tre dans une sorte de vitesse qui ferait aux yeux des autres ce que je suis, un nouveau snobisme qui consiste &#xE0; (sa)voir avant les autres, &#xE0; &#xEA;tre toujours en avance. De l&#xE0; que <em>Dr. House</em> &#xE9;pouse cette m&#xEA;me vitesse, et se sachant arriv&#xE9;e &#xE0; la fin de quelque chose, pique un sprint narratif unique en son genre : ici les s&#xE9;ries qui imm&#xE9;diatement pr&#xE9;c&#xE8;dent sont d&#xE9;j&#xE0; entr&#xE9;es dans les conversations, osons m&#xEA;me dire le langage courant.</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt" class="MsoNormal"><br/></p>
<p xmlns="" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt" class="MsoNormal">Car c&#x2019;est le <em>langage</em>, le vrai sujet de <em>Dr. House</em>, et non pas le corps, qui de toute fa&#xE7;on, n&#x2019;a jamais vraiment &#xE9;t&#xE9; un motif tr&#xE8;s viable pour la t&#xE9;l&#xE9; ; non, &#xE0; la t&#xE9;l&#xE9; (celle des plateaux), c&#x2019;est le langage qui se donne &#xE0; voir, circule, anime ces hommes et ces femmes troncs qui tiennent tout juste dans le cadre, et dont ils ne sont, somme toute, que l&#x2019;arri&#xE8;re-fond d&#x2019;o&#xF9; la soci&#xE9;t&#xE9; parle sans tr&#xEA;ve, trouvant moins dans les corps (la soci&#xE9;t&#xE9; n&#x2019;est pas un corps, justement parce qu&#x2019;elle est une machine) que dans l&#x2019;<em>anima</em> d&#x2019;une parole promise &#xE0; la r&#xE9;p&#xE9;tition, le lieu de son r&#xE9;el accomplissement. A la t&#xE9;l&#xE9;, ce qui est dit souvent se r&#xE9;p&#xE8;te, comme dans une perp&#xE9;tuelle chambre d&#x2019;&#xE9;cho. C&#x2019;est repris ailleurs, &#xE7;a peut devenir slogan, banni&#xE8;re, au reste, <em>&#xE7;a se discute</em> rarement. Voil&#xE0; de quoi se sait contemporaine une s&#xE9;rie comme <em>Dr. House</em>. Le bon docteur, ne sort d&#x2019;ailleurs jamais sans son poste de t&#xE9;l&#xE9; miniature, sur laquelle il regarde avec passion une antique s&#xE9;rie hospitali&#xE8;re, qui ne doit rien &#xE0; <em>Urgences</em> : c&#x2019;est pr&#xE9;cis&#xE9;ment au croisement du <em>soap</em> de jadis et d&#x2019;<em>Urgences</em>, que pourtant se tient une s&#xE9;rie comme <em>Grey&#x2019;s Anatomy</em>, la voisine de celle qui nous occupe, sur les grilles de nos programmes. Et cela, pr&#xE9;cis&#xE9;ment, <em>Dr. House</em> le sait encore, qui d&#xE9;place subtilement les enjeux de sa rivale, pour inventer son propre territoire : il ne s&#x2019;agit plus seulement d&#x2019;op&#xE9;rer la greffe de diff&#xE9;rentes vitesses (lenteur programm&#xE9;e des histoires amoureuses conjugu&#xE9;e &#xE0; la vitesse d&#x2019;ex&#xE9;cution d&#x2019;une s&#xE9;rie r&#xE9;aliste comme <em>Urgences</em>), mais d&#x2019;aller plus loin, en partant du langage comme objet et v&#xE9;hicule du d&#xE9;sir.</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt" class="MsoNormal">Il s&#x2019;agit d&#x2019;abord du langage pour ce qu&#x2019;il est : un lieu de pouvoir. Pouvoir de d&#xE9;cision, sans cesse remis en cause, de mani&#xE8;re &#xE0; &#xE9;largir le champ des possibles : celui qu&#x2019;exerce House &#xE0; l&#x2019;endroit de sa sup&#xE9;rieure directe, le Dr. Cuddy, qui dirige le service hospitalier. A ce premier langage, il faut joindre un second, qui a valeur d&#x2019;adjuvant : celui de la s&#xE9;duction, qui ne vaut pas en lui-m&#xEA;me, mais comme outil de persuasion, de construction de l&#x2019;hypoth&#xE8;se. C&#x2019;est pourquoi House ne cesse d&#x2019;avoir recours &#xE0; l&#x2019;auditoire que constitue son &#xE9;quipe. S&#x2019;il joue &#xE0; l&#x2019;occasion la carte f&#xE9;minine (avec Cuddy bien s&#xFB;r, mais aussi Cameron, la seule femme de sa garde rapproch&#xE9;e), c&#x2019;est d&#x2019;abord parce qu&#x2019;il veux jouer sur les diff&#xE9;rences de sexe. Pr&#xE9;c&#xE8;de ainsi toute prise de parole, une connaissance pr&#xE9;cise des forces en jeu. House a besoin de la contradiction, il joue collectif : en ce sens, il ne s&#x2019;agit pas d&#x2019;un personnage &#xE9;gocentrique, bien au contraire. C&#x2019;est pourquoi le premier r&#xE9;flexe qui cueille le spectateur n&#x2019;est pas le bon ; il ne s&#x2019;agit pas d&#x2019;attendre le moment o&#xF9; House va se tromper, puisque l&#x2019;erreur fait parie du programme : elle est fr&#xE9;quente, et participe de fait &#xE0; la construction progressive d&#x2019;une solution au probl&#xE8;me pos&#xE9; par tel ou tel sympt&#xF4;me ; la contradiction permet &#xE0; House de mettre &#xE0; jour ses erreurs ou celles des autres, indiff&#xE9;remment.</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt" class="MsoNormal">Au reste, rarement une s&#xE9;rie aura &#xE0; ce point saisi tous les enjeux du langage, &#xE0; partir d&#x2019;un microcosme donn&#xE9;. Il s&#x2019;agit donc de mettre un nom sur ce qui fait sympt&#xF4;me, d&#x2019;appeler par son nom une maladie qui se cache, sous les aspects d&#x2019;une ou de plusieurs autres. A partir de l&#xE0;, le corps devient le lieu o&#xF9; <em>l&#x2019;hypoth&#xE8;se</em> formul&#xE9;e est mise &#xE0; l&#x2019;&#xE9;preuve, un lieu qui doit recueillir la v&#xE9;rit&#xE9; du langage, en ce que les mots correspondent en effet &#xE0; ce qu&#x2019;ils sont cens&#xE9;s recouvrir. On se rend tr&#xE8;s vite compte que le corps n&#x2019;a pas de langage propre : ce qu&#x2019;il &#xAB; dit &#xBB; de lui n&#x2019;a bien souvent que peu &#xE0; voir avec la v&#xE9;rit&#xE9;. Comme l&#x2019;&#xE9;nonce r&#xE9;guli&#xE8;rement le Dr. House, &#xAB; tout le monde ment &#xBB; ; d&#x2019;abord parce que le langage n&#x2019;est pas un lieu, contrairement au corps, mais la strat&#xE9;gie pr&#xE9;cise qui r&#xE9;pond &#xE0; un enjeu donn&#xE9;. C&#x2019;est cet enjeu, ind&#xE9;pendamment de l&#x2019;arbitraire li&#xE9; &#xE0; la maladie, que cherche &#xE0; d&#xE9;busquer House, autrement dit ce qui pr&#xE9;side, pour parler comme Deleuze, &#xE0; une <em>n&#xE9;cessit&#xE9;</em>. Ici, la maladie est aussi une <em>cr&#xE9;ation</em>, au sens o&#xF9; il faut moins la d&#xE9;couvrir qu&#x2019;en passer, pour l&#x2019;atteindre, par une s&#xE9;rie d&#x2019;hypoth&#xE8;ses, et la faire exister, un fine, toujours par le langage. Si dans le corps quelque chose s'organise en syst&#xE8;me, alors il faut trouver ce qui a n&#xE9;cessit&#xE9; ce syst&#xE8;me. C&#x2019;est le langage, d&#xE8;s lors, qui en permet l&#x2019;&#xE9;laboration, en tant que leurre le plus souvent. C&#x2019;est lui qui d&#xE9;lire le corps : il d&#xE9;lire ainsi une <strong><em>machine</em></strong>, et voudrait la r&#xE9;inventer comme <em>th&#xE9;&#xE2;tre</em> : &#xE0; House, d&#xE8;s lors, de remonter &#xE0; la source pour d&#xE9;terminer la profonde n&#xE9;cessit&#xE9; de ce qui n&#x2019;est jamais qu&#x2019;une <em>mise en sc&#xE8;ne</em>. Il en va alors des corps malades comme des corps sains. Ici le mensonge contamine tout ; chacun a ses raisons, il appartient &#xE0; House de les d&#xE9;couvrir, &#xE0; l&#x2019;image de Sherlock Holmes, son pendant litt&#xE9;raire<a name="_ftnref2"/><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 12pt">[2]</span></span><!--[endif]--></span>.</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt" class="MsoNormal">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">En revenant &#xE0; un pur principe s&#xE9;riel, <em>Dr. House</em> pourrait donner l&#x2019;impression de ne faire que se r&#xE9;p&#xE9;ter, ind&#xE9;finiment. Mais la s&#xE9;rie proc&#xE8;de moins par r&#xE9;p&#xE9;tition du m&#xEA;me (le sch&#xE9;ma narratif, en apparence, est immuable, recommenc&#xE9; &#xE9;pisode apr&#xE8;s &#xE9;pisode) que par d&#xE9;calages progressifs : les choses cependant &#xE9;voluent, creusent discr&#xE8;tement l&#x2019;&#xE9;cart qui fait ainsi avancer la narration et r&#xE9;v&#xE8;le progressivement les personnages pour ce qu&#x2019;il ne sont pas toujours en apparence. C&#x2019;est peut-&#xEA;tre l&#xE0; le g&#xE9;nie propre de la s&#xE9;rie que de se r&#xE9;v&#xE9;ler dans sa structure d&#x2019;ensemble (au point de pouvoir &#xEA;tre compar&#xE9;e, finalement, &#xE0; une s&#xE9;rie "feuilletonnante", dont il ne faudrait presque rater aucun &#xE9;pisode) : de la r&#xE9;p&#xE9;tition &#xE0; la diff&#xE9;rence, rien n&#x2019;est immuable quand tout semble l&#x2019;&#xEA;tre, tout peut &#xEA;tre <em>remplac&#xE9;</em>. En r&#xE9;alit&#xE9;, le Dr. House est bien le seul personnage r&#xE9;ellement ind&#xE9;boulonnable, le seul qui s&#x2019;appuie sur un pur syst&#xE8;me de pens&#xE9;e et d&#x2019;appr&#xE9;hension de son entourage qui, s&#x2019;il varie, n&#x2019;engage en rien sa remise en cause. C&#x2019;est un espace mental avant tout, la mise en place d&#x2019;une &#xAB; s&#xE9;rie cerveau &#xBB; &#xE0; la fois machine, donc (<strong><em>r&#xE9;p&#xE9;tition</em></strong>, agencements programm&#xE9;s), et (coups de) th&#xE9;&#xE2;tre (<strong><em>diff&#xE9;rence</em></strong> embusqu&#xE9;e) : tout ici &#xE9;pouse en dernier recours le point de vue du g&#xE9;nial et irascible docteur, tout est d&#xE9;termin&#xE9; par son bon vouloir, plus capricieux qu&#x2019;il n&#x2019;y para&#xEE;t au premier abord<a name="_ftnref3"/><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 12pt">[3]</span></span><!--[endif]--></span>. Car la s&#xE9;rie est beaucoup plus ample qu&#x2019;elle n&#x2019;y para&#xEE;t : en r&#xE9;alit&#xE9;, sa structure prend le <strong><em>rhizome</em></strong> des vaisseaux sanguins pour mod&#xE8;le. A partir d&#x2019;un &#xAB; lieu cortex &#xBB; (l&#x2019;h&#xF4;pital, th&#xE9;&#xE2;tre du cerveau du Dr. House), la narration se d&#xE9;ploie lentement, tr&#xE8;s progressivement, <strong><em>par le milieu</em></strong>. Elle repart comme autant de boutures sur la base de ce qui arrive aux personnages adventices. A tel point que derri&#xE8;re sa forme calibr&#xE9;e, la s&#xE9;rie fait preuve d&#x2019;une fragilit&#xE9; permanente. Ainsi, le trio qui officie aux c&#xF4;t&#xE9;s du Dr. House devra bient&#xF4;t se recomposer ailleurs (&#xE9;norme d&#xE9;but de la saison 4), et les choses se r&#xE9;p&#xE9;ter, mais toujours <em>diff&#xE9;remment</em>. Il importe peu &#xE0; House d&#x2019;avoir m&#xEA;me un autre m&#xE9;decin comme interlocuteur : n&#x2019;importe qui peut faire l&#x2019;affaire (par exemple, un balayeur qui passe dans le couloir) s&#x2019;il est capable, non d&#x2019;apporter n&#xE9;cessairement la contradiction, mais au moins un point de vue qui &#xE9;tendrait son champ d&#x2019;investigation. Tous les personnages vont bient&#xF4;t &#xEA;tre pris dans un jeu de chaises musicales pour occuper tour &#xE0; tour le devant de la sc&#xE8;ne ; une sc&#xE8;ne, au reste, qui n&#x2019;est jamais stable et peut ais&#xE9;ment exc&#xE9;der l&#x2019;h&#xF4;pital (hilarante s&#xE9;quence de l&#x2019;avion), voire exp&#xE9;dier ses occupants hors l&#x2019;enqu&#xEA;te en cours sur telle maladie d&#xE9;clar&#xE9;e, pour les retrouver ailleurs. Ainsi, le spectateur s&#x2019;habitue peu &#xE0; peu &#xE0; la r&#xE9;p&#xE9;tition, d&#x2019;abord parce qu&#x2019;elle lui est un confort quand il s&#x2019;appr&#xEA;te &#xE0; voir ses habitudes violemment boulevers&#xE9;es (&#xE9;norme d&#xE9;but de la saison 4, je l&#x2019;ai d&#xE9;j&#xE0; dit non ?...). C&#x2019;est que chacun n&#x2019;existe pas sans House (exemplairement le Dr. Forman, qui a beau faire, ne peut s&#x2019;emp&#xEA;cher de ressembler &#xE0; son mentor, au point de chercher &#xE0; fuir co&#xFB;te que co&#xFB;te cette ressemblance, qui chaque fois le rattrape). Tous pourtant ont le droit d&#x2019;occuper le centre, lequel ne cesse de se d&#xE9;placer : chaque m&#xE9;decin peut &#xE0; son tour devenir patient (House lui-m&#xEA;me), chaque patient, aux yeux de House, s&#x2019;improviser m&#xE9;decin. Cette mani&#xE8;re qu&#x2019;&#xE0; la s&#xE9;rie de d&#xE9;ployer ainsi ses variantes en prenant tout son temps, d&#x2019;engager ses personnage sur la voie d&#x2019;une instabilit&#xE9; permanente, en fait un mod&#xE8;le de fiction totalement <strong><em>schizo</em></strong> : la com&#xE9;die du langage distribue &#xE0; chacun des r&#xF4;les d&#xE9;finis pour mieux les en d&#xE9;faire sit&#xF4;t qu&#x2019;une nouvelle situation peut les emmener ailleurs. Et c&#x2019;est en cela que <em>Dr. House</em> surpasse toutes les autres s&#xE9;ries : &#xE0; la suite d&#x2019;un &#xE2;ge d&#x2019;or d&#xE9;sormais r&#xE9;volu, elle seule sait &#xE0; ce point fonctionner <em>malgr&#xE9; tout</em> au d&#xE9;sir, en sachant tr&#xE8;s bien que le <strong><em>d&#xE9;sir est d&#x2019;abord une affaire d&#x2019;agencements</em></strong> toujours r&#xE9;invent&#xE9;s, d&#x2019;emp&#xEA;chements et de relances. Pas de doute : c&#x2019;est encore en Am&#xE9;rique que Deleuze a &#xE9;t&#xE9; le mieux lu.</p>
<div xmlns=""><!--[if !supportFootnotes]--><br/>
<hr/>
<!--[endif]-->
<div id="ftn1">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn1"/><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 10pt">[1]</span></span><!--[endif]--></span> L&#x2019;heure n&#x2019;est pas au deuil, m&#xEA;me si quelque chose, tr&#xE8;s certainement, vient aujourd&#x2019;hui se terminer ; apr&#xE8;s tout, le flot grandissant des s&#xE9;ries ne peut que laisser de la place &#xE0; des contre-pouvoirs, et le conflit qui oppose actuellement les sc&#xE9;naristes aux networks ne laisse pas d&#x2019;indiquer l&#x2019;atout consid&#xE9;rable que constituent les premiers. Toutefois, il est &#xE0; craindre que ces contre-pouvoirs ne soient que des niches, plus ou moins spacieuses, o&#xF9; se dira une r&#xE9;sistance &#xE0; l&#x2019;ext&#xE9;rieur de l&#x2019;industrie et non plus dedans, loin du progressif et formidable consensus qui a repr&#xE9;sent&#xE9;, &#xE0; partir des ann&#xE9;es 90, un &#xE2;ge d&#x2019;or d&#xE9;sormais r&#xE9;volu.</p>
</div>
<div id="ftn2">
<p style="text-align: justify" class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn2"/><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 10pt">[2]</span></span><!--[endif]--></span> La s&#xE9;rie ne fait pas du tout myst&#xE8;re de cette influence : House et son coll&#xE8;gue Wilson renvoient par quasi-homophonie au couple Holmes et Watson ; House habite au 221 B comme son mod&#xE8;le et se voit affubl&#xE9; d&#x2019;un chien de m&#xEA;me race ; l&#x2019;un est coca&#xEF;nomane, l&#x2019;autre d&#xE9;pendant d&#x2019;un anti-douleur appel&#xE9; &#xAB; Vicodin &#xBB; ; au reste, tous deux ob&#xE9;issent au m&#xEA;me principe de d&#xE9;duction qui passe par l&#x2019;observation avis&#xE9;e.</p>
</div>
<div id="ftn3">
<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn3"/><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 10pt">[3]</span></span><!--[endif]--></span> Dans certains &#xE9;pisodes, House va m&#xEA;me jusqu&#x2019;&#xE0; mettre directement en sc&#xE8;ne ce que nous voyons (d&#xE9;cidant par exemple d&#x2019;inclure Carmen Electra dans la distribution, histoire de rendre son cours plus attrayant).</p>
</div>
</div></div></content></entry><entry><title>Le Retour du mort-vivant</title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/le-retour-du-mort-vivant.html"/><id>http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/le-retour-du-mort-vivant.html</id><published>2008-01-23T20:35:35Z</published><updated>2008-01-23T20:35:35Z</updated><summary>
Sweeney Todd, de Tim Burton.
&#xA0;
Tim Burton a ceci de passionnant aujourd&#x2019;hui qu&#x2019;il nous importe nettement...</summary><author><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></author><contributor><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></contributor><content type="xhtml" xml:lang="fr"><div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p xmlns=""><img border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2008/1/mob380_1201120648.jpg"/></p>
<p xmlns=""><strong><em>Sweeney Todd</em>, de Tim Burton.</strong></p>
<p xmlns="">&#xA0;</p>
<p xmlns="" class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; line-height: 150%">Tim Burton a ceci de passionnant aujourd&#x2019;hui qu&#x2019;il nous importe nettement moins qu&#x2019;avant. On le laisse depuis quelques ann&#xE9;es g&#xE9;rer comme il peut son imaginaire, entre imagerie certifi&#xE9;e et ressassement, avec pourtant la possibilit&#xE9;, pour certains films, d&#x2019;emporter <em>in fine</em> le morceau. De quoi toujours nous surprendre en somme, d&#x2019;autant plus facilement que l&#x2019;attente n&#x2019;est jamais vraiment f&#xE9;brile. <em>Sweeney Todd</em> est quand m&#xEA;me plus qu&#x2019;une bonne surprise. Il r&#xE9;ussit ce qu&#x2019;avaient rat&#xE9; <em>Sleepy Hollow</em> ou <em>Les Noces fun&#xE8;bres</em>, en faisant retour &#xE0; la case d&#xE9;part d&#x2019;un univers gothique tr&#xE8;s strictement codifi&#xE9;. Il faut laisser de c&#xF4;t&#xE9; le score musical m&#xE9;diocre et s&#x2019;avancer plus avant dans le film pour y voir qu&#x2019;&#xE0; force de ressasser, Burton a peut-&#xEA;tre fini par devenir &#xE0; son tour un v&#xE9;ritable obsessionnel.</p>
<p xmlns="" class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; line-height: 150%">Cette fois, nulle place n&#x2019;est laiss&#xE9;e &#xE0; l&#x2019;humour jusqu&#x2019;alors omnipr&#xE9;sent, et telle beaut&#xE9; na&#xEF;ve qui faisait tout le charme d&#x2019;un film comme <em>Edward Scissorhands</em> a disparu dans une image &#xE9;tale, moins sombre en elle-m&#xEA;me que tristement d&#xE9;lav&#xE9;e dans un bain num&#xE9;rique de gris et de fum&#xE9;es. C&#x2019;est d&#x2019;ailleurs bien Edward qui d&#x2019;une certaine mani&#xE8;re fait retour ici, les mains nouvellement affubl&#xE9;es de lames, meurtri&#xE8;res cette fois : celles du Barbier fou de Fleet Street, envoy&#xE9; quinze ans au bagne par un juge d&#xE9;cadent qui entre temps lui aura ravi sa femme (viol&#xE9;e, elle finit par s&#x2019;empoisonner) et sa fille (qu&#x2019;il &#xE9;l&#xE8;ve et garde pr&#xEA;te pour un futur mariage en lieu et place de celle qui s&#x2019;est refus&#xE9;e &#xE0; lui). Ce travestissement de l&#x2019;innocence d&#x2019;un personnage &#xE0; l&#x2019;autre, dit assez tout le prix du film. <em>Sweeney Todd</em> fait ainsi avancer la filmographie de Burton vers des contr&#xE9;es plus arides, o&#xF9; une diffuse et profonde tristesse emp&#xEA;che la noirceur habituelle du cin&#xE9;aste de tenir dans le seul d&#xE9;corum. Burton semble avoir trouv&#xE9; dans le num&#xE9;rique, ici utilis&#xE9; dans toute sa v&#xE9;locit&#xE9; et sa laideur, le support id&#xE9;al pour porter ce d&#xE9;corum jusqu&#x2019;aux derni&#xE8;res extr&#xE9;mit&#xE9;s de l&#x2019;artifice. Comme &#xE0; chaque fois, le d&#xE9;cor revient dans sa toute puissance castratrice de l&#x2019;image, d&#xE8;s lors enti&#xE8;rement model&#xE9;e par lui. Mais au c&#xF4;t&#xE9; &#xAB; lourd &#xBB;, profond&#xE9;ment pesant, des d&#xE9;cors de ses pr&#xE9;c&#xE9;dents films (on pense surtout au premier <em>Batman</em>), Burton oppose ici la vitesse d&#x2019;encha&#xEE;nement du num&#xE9;rique (jusqu&#x2019;au triste mauvais go&#xFB;t finalement assum&#xE9; de certains plans), qui fait du d&#xE9;cors un pur d&#xE9;corum justement, une sorte de plan en transparence, d&#x2019;o&#xF9; se d&#xE9;tachent absolument tous les personnages.</p>
<p xmlns="" class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; line-height: 150%">Cet empire du faux donne r&#xE9;trospectivement raison &#xE0; Burton d&#x2019;avoir pers&#xE9;v&#xE9;r&#xE9; dans la voie finalement payante (le concernant) et toujours plus pouss&#xE9;e de l&#x2019;<em>illustration</em> (apr&#xE8;s tout, on se souvient que Tim Burton a commenc&#xE9; comme illustrateur chez Disney : on lui doit une grande partie de l&#x2019;atmosph&#xE8;re visuelle de <em>Taram et Le Chaudron Magique</em>, seule incursion de Disney dans l&#x2019;univers sombre de l&#x2019;heroic-fantasy, o&#xF9; jamais la mort n&#x2019;aura &#xE9;t&#xE9; aussi clairement repr&#xE9;sent&#xE9;e dans un film d&#x2019;animation pour enfants, d&#xE9;laissant tout recours &#xE0; la m&#xE9;taphore). Il ne faut pas s&#x2019;&#xE9;tonner, alors, que le cin&#xE9;aste en passe par la com&#xE9;die musicale (pour la troisi&#xE8;me fois avec <em>Nightmare Before Christmas</em> et <em>Les Noces fun&#xE8;bres</em>) comme il aura par trois fois recours &#xE0; l&#x2019;animation, en rajoutant chaque fois plus dans l&#x2019;artifice ainsi favoris&#xE9;. C&#x2019;est que certains (on le sait quand m&#xEA;me depuis au moins Minnelli &#x2013; revoir <em>Tous en sc&#xE8;ne/The Bandwagon</em>, <em>Brigadoon</em> ou <em>Un Am&#xE9;ricain &#xE0; Paris</em>) ont su faire du faux, de l&#x2019;artifice, la propri&#xE9;t&#xE9; de l&#x2019;<em>&#xE2;me</em> hollywoodienne, cette mani&#xE8;re dont l&#x2019;industrie a pu (souvent), rencontrer l&#x2019;art et inventer de la sorte un r&#xE9;alisme particulier, propre &#xE0; cette Am&#xE9;rique industrialis&#xE9;e qui de M&#xE9;li&#xE8;s a d&#x2019;abord retenu les possibilit&#xE9;s du montage comme pure dialectique, invention de pens&#xE9;e qui se constitue en <em>vision</em> (c&#x2019;est par l&#xE0; &#x2013; et par les russes, &#xE0; m&#xEA;me &#xE9;chelle sur l&#x2019;exact oppos&#xE9; id&#xE9;ologique &#x2013; que les Etats-Unis ont pu quand m&#xEA;me rencontrer Godard).</p>
<p xmlns="" class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; line-height: 150%">Fermons les parenth&#xE8;ses pour tenter d&#x2019;entrer dans ce dr&#xF4;le de film, en d&#xE9;finitive assez peu s&#xE9;duisant. Par le faux revendiqu&#xE9;, le grand guignol, Burton entend, lui, vider ses figures de toute substance vivante qui ne serait pas pur clich&#xE9;, pure imagerie (ce qu&#x2019;il y avait, au fond, d&#x2019;assez d&#xE9;plaisant dans un film comme <em>Mars Attacks!</em> et, trouvant une r&#xE9;sonance plus contemporaine, r&#xE9;jouissait au contraire dans <em>Charlie et la Chocolaterie</em>), soit une tentative de faire <em>grimacer</em> le r&#xE9;el, d&#x2019;en faire parler le fant&#xF4;me. C&#x2019;est en quoi le film reprend les choses l&#xE0; o&#xF9; le pr&#xE9;c&#xE9;dent (<em>Les Noces fun&#xE8;bres</em>) les avaient laiss&#xE9;es : chacun ici est une mani&#xE8;re de pantin promis &#xE0; la d&#xE9;sarticulation, lorsque tout semble au contraire devoir faire lien (d&#x2019;amour, de haine et de sang), liens qui peinent &#xE0; se reformer tant la douleur accable chacun &#xE0; des degr&#xE9;s divers. Johnny Depp, comme &#xE0; son habitude chez Burton, est tout &#xE0; fait &#xE0; son aise dans le r&#xF4;le furieux et d&#xE9;gingand&#xE9; du Barbier fou, mani&#xE8;re de ressasser ce r&#xF4;le (depuis <em>Edward</em> en passant par <em>Ed Wood</em>) jusqu&#x2019;&#xE0; sa plus extr&#xEA;me usure, qui est aussi sa plus extr&#xEA;me concision : il semble aussi raide que pr&#xEA;t &#xE0; tomber en morceaux, &#xE0; l&#x2019;image d&#x2019;une marionnette qui ne va bient&#xF4;t plus &#xEA;tre retenue par les invisibles filins qui la font vivante aux yeux des autres. Son jeu, de plus en plus proche du muet m&#xEA;me si sa voix, qui est autant son instrument, s&#x2019;aventure chaque fois dans de nouvelles tonalit&#xE9;s, Depp le d&#xE9;nude ici &#xE0; la mani&#xE8;re d&#x2019;une squelettique pantomime, et laisse, par un pli permanent au milieu du front, son visage se crisper et comme rentrer en lui-m&#xEA;me pour se refuser toute &#xE9;motion qui ne serait pas l&#x2019;expression de la haine.</p>
<p xmlns="" class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; line-height: 150%">De l&#xE0; que le voici &#xE0; la fois terrifiant et grotesque, mais surtout &#xE0; l&#x2019;oppos&#xE9; de nombreux r&#xF4;les pr&#xE9;c&#xE9;dents : lui qui joue habituellement de la transparence, soit comme une page blanche qui pourrait accueillir toutes les significations (tous les signes : maquillage indien dans <em>Dead Man</em>, cicatrices diverses dans <em>Edward</em>, moustache ridicules dans <em>Ed Wood</em>, look total folle dans <em>Pirates</em>), soit avec l&#x2019;air d&#x2019;&#xEA;tre ailleurs, en perp&#xE9;tuel transformation, toujours entre deux images (<em>Pirates</em> encore, <em>Sleepy Hollow</em>) comme une &#xE9;vanescence de lui-m&#xEA;me, une &#xAB; vell&#xE9;it&#xE9; d&#x2019;&#xEA;tre &#xBB; (disait Bazin &#xE0; propos de Mr. Hulot). En quelque sorte, Depp a toujours &#xE9;t&#xE9; la continuation lunaire, tr&#xE8;s &#xAB; clown blanc &#xBB;, de Pee-Wee, le premier personnage burtonien. Mais ici, pas de transparence : au contraire, voici un corps qui s&#x2019;attire tous les autres, une force de haine rentr&#xE9;e qui bout d&#x2019;exister, et pourtant ne tient plus &#xE0; la vie que par le fil d&#x2019;une insondable col&#xE8;re. Depp est d&#x2019;un bloc, il est une image proprement aveugle &#xE0; celles qui l&#x2019;entourent. Une image : &#xE0; la limite, il ne peut exister que par le fond sur lequel il se d&#xE9;tache : lorsque celle qui l&#x2019;aime et l&#x2019;aide &#xE0; se venger (Helena Bonham Carter), voudrait bien l&#x2019;emmener &#xE0; la mer et se transporte avec lui dans quelque station baln&#xE9;aire, il n&#x2019;est <em>visiblement</em> pas &#xE0; sa place, dans ces r&#xEA;ves trop lointains pour &#xEA;tre partag&#xE9;s. C&#x2019;est qu&#x2019;il reste d&#xE9;sesp&#xE9;r&#xE9;ment riv&#xE9; au sol tandis qu&#x2019;elle lui vole son image pour l&#x2019;emmener dans ses songes ; au reste, elle n&#x2019;y peut rien : son image lui appartient, elle garde la m&#xEA;me apparence de mort-vivant qui ne tient plus qu&#x2019;&#xE0; satisfaire sa vengeance, imperm&#xE9;able &#xE0; ce qui l&#x2019;entoure d&#x2019;un r&#xEA;ve enchanteur, dans le regard &#xE9;namour&#xE9; de la jeune femme.</p>
<p xmlns="" class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; line-height: 150%">&#xAB; Je subit la r&#xE9;alit&#xE9; comme un syst&#xE8;me de pouvoir [&#x2026;] Tant que je per&#xE7;ois le monde comme hostile, je lui reste li&#xE9; : <em>je ne suis pas fou</em>. Mais, parfois, la mauvaise humeur &#xE9;puis&#xE9;e, je n&#x2019;ai plus aucun langage : le monde n&#x2019;est pas irr&#xE9;el [&#x2026;] mais d&#xE9;r&#xE9;el : le r&#xE9;el en a fui, nulle part, en sorte que je n&#x2019;ai plus aucun sens &#xE0; ma disposition &#xBB;. (&#xAB; D&#xE9;r&#xE9;alit&#xE9; &#xBB; <em>: sentiment d&#x2019;absence, retrait de r&#xE9;alit&#xE9; &#xE9;prouv&#xE9; par le sujet amoureux, face au monde</em>. Barthes, in <u>Fragments d&#x2019;un discours amoureux</u>) : ici, l&#x2019;&#xE9;tat qui tient le Barbier &#xE0; l&#x2019;&#xE9;cart du monde, dans sa contemplation inqui&#xE8;te, n&#x2019;est pas l&#x2019;&#xE9;tat amoureux lui-m&#xEA;me, mais son &#xE9;videmment par la douleur du deuil impossible. Le r&#xE9;sultat est cependant le m&#xEA;me, le monde se d&#xE9;robe, s&#x2019;alt&#xE8;re dans une figure de l&#x2019;horreur qui prend chacun dans ses plis, ainsi que l&#x2019;indique le barbier lorsqu&#x2019;il forme le projet d&#x2019;exercer ses lames sur chacun de ceux qui seront assez inconscients pour s&#x2019;asseoir dans son fauteuil (&#xAB; nous m&#xE9;ritons tous de mourir &#xBB;, soit l&#x2019;id&#xE9;e que le monde est d&#xE9;j&#xE0; un grand cimeti&#xE8;re). Sweeney Todd le regarde moins qu&#x2019;il n&#x2019;en souffre ; son existence toute enti&#xE8;re est vou&#xE9;e &#xE0; ne plus vivre mais &#xE0; <em>souffrir le monde</em>. De l&#xE0; que sa folie est aussi <em>innocence</em>. Il tue en somnambule, rien ne peut retenir sa main qui officie dans une sorte de rituel impos&#xE9;, un m&#xE9;canisme interne qui meut le personnage dans une seule direction. Depuis <em>Edward</em>, le prototype du h&#xE9;ros burtonien a chang&#xE9; : le cin&#xE9;aste s&#x2019;approprie une nouvelle fois le personnage, en lui jetant cette fois l&#x2019;horreur &#xE0; la figure ; Burton ne se contente plus d&#x2019;en faire un incompris, dont la solitude restera &#xE0; jamais imperm&#xE9;able &#xE0; l&#x2019;idiotie du monde, il le salit cette fois, en fait <em>&#xE0; la fois</em> un monstre et un innocent, opposant et partie du monde, dont le visage blanc appelle a lui seul la souillure du sang.</p>
<p xmlns="" class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; line-height: 150%">Autre mani&#xE8;re de d&#xE9;tachement du corps, autre versant de la d&#xE9;r&#xE9;alisation : le chant. La voix de Depp, douce et grave, peut subitement grimacer d&#x2019;un roulement de &#xAB; r &#xBB; port&#xE9; par un rictus, et semble parfois manquer de tomber dans l&#x2019;aigu. Elle est comme l&#x2019;expression d&#x2019;une hyst&#xE9;rie rentr&#xE9;e, qui des traits f&#xE9;minins de l&#x2019;acteur fait un th&#xE9;&#xE2;tre &#xE9;trange et monomaniaque. L&#xE0;-dessus, si la convention emp&#xEA;che le personnage de chanter tout seul, c&#x2019;est toujours pour lui-m&#xEA;me que Depp chante, jamais en direction de l&#x2019;autre. En cette mani&#xE8;re, le chant est aussi un absence (ce n&#x2019;est plus, comme &#xE0; son habitude, un &#xAB; sur-langage &#xBB;), par quoi le personnage du barbier jette pour lui-m&#xEA;me l&#x2019;expression de son d&#xE9;sarroi dans une conversation qui n&#x2019;a jamais vraiment lieu entre lui et les autres. Comme l&#x2019;&#xE9;tat amoureux qui &#xE9;teint le langage d&#xE8;s lors qu&#x2019;il ne s&#x2019;applique plus &#xE0; l&#x2019;&#xEA;tre aim&#xE9;, la haine enferme Sweeney Todd dans un ressentiment qui seul lui permet de faire le lien avec sa femme disparue. D&#xE8;s lors, c&#x2019;est le chant qui seul prend en charge l&#x2019;expression de ce ressentiment, laissant le tout venant de la conversation, le rapport au monde <em>social</em> se perdre dans un laconisme permanent, le risque constant d&#x2019;une aphasie. Entre sa sur-pr&#xE9;sence figurative, (par m&#xE9;tonymie : les lames et la m&#xE8;che blanche suffisent pour dire tout ce qui fait le personnage), et son statut de mort-vivant, Todd est un peu l&#x2019;&#xE9;quivalent du <em>Penguin</em>, le plus beau personnage dans ce qui reste &#xE0; ce jour le meilleur film de Burton (<em>Batman returns</em>) : il est celui que l&#x2019;innocence a perdu, il est un monstre <em>par hasard</em>, qui ne semble l&#xE0; que pour s&#x2019;incarner dans la derni&#xE8;re image du film, sa sc&#xE8;ne finale, la plus belle, d&#x2019;une na&#xEF;vet&#xE9; retrouv&#xE9;e par le truchement de la violence, qui ach&#xE8;ve d&#x2019;ouvrir ce conte infiniment cruel sur un ab&#xEE;me de v&#xE9;rit&#xE9;.</p></div></content></entry><entry><title>Top Ten 2007</title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/top-ten-2007.html"/><id>http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/top-ten-2007.html</id><published>2007-12-28T12:51:00Z</published><updated>2007-12-28T12:51:00Z</updated><summary>
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Honor de cavalleria (Serra)
Boulevard de la mort (Tarantino)
Zodiac (Fincher)
Astr&#xE9;e et C&#xE9;ladon (Rohmer)...</summary><author><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></author><contributor><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></contributor><content type="xhtml" xml:lang="fr"><div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p xmlns=""><img border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2007/12/mob367_1198846929.jpg"/><img border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2007/12/mob368_1198846939.jpg"/><img border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2007/12/mob369_1198846952.jpg"/><img border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2007/12/mob370_1198846962.jpg"/><img border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2007/12/mob371_1198846973.jpg"/><img border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2007/12/mob372_1198846987.jpg"/><img border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2007/12/mob373_1198846999.jpg"/><img border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2007/12/mob374_1198847010.jpg"/><img border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2007/12/mob375_1198847028.jpg"/><img border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2007/12/mob376_1198847041.jpg"/><img border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2007/12/mob377_1198847053.jpg"/><br/></p>
<p xmlns="">&#xA0;</p>
<ol xmlns="" style="margin-top: 0cm">
<li class="MsoNormal"><em>Honor de cavalleria</em> (Serra)</li>
<li class="MsoNormal"><em>Boulevard de la mort</em> (Tarantino)</li>
<li class="MsoNormal"><em>Zodiac</em> (Fincher)</li>
<li class="MsoNormal"><em>Astr&#xE9;e et C&#xE9;ladon</em> (Rohmer)</li>
<li class="MsoNormal"><em>Les Promesses de l&#x2019;ombre</em> (Cronenberg)</li>
<li class="MsoNormal"><em>Bug</em> (Friedkin)</li>
<li class="MsoNormal"><em>La Fille</em> <em>coup&#xE9;e en deux</em> (Chabrol)</li>
<li class="MsoNormal"><em>En cloque, mode d&#x2019;emploi</em> (Appatow)</li>
<li class="MsoNormal"><em>Transformers</em> (Bay)</li>
<li class="MsoNormal">ex &#xE6;quo&#xA0;: <em>Les Chansons d&#x2019;amour</em> (Honor&#xE9;) / <em>La France</em> (Bozon)</li>
</ol>
<p xmlns="" style="margin-left: 18pt" class="MsoNormal">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="margin-left: 18pt" class="MsoNormal">+ S&#xE9;rie&#xA0;: <em>Dr. House</em> (saisons 1 &#xE0; 4)</p>
<p xmlns="" style="margin-left: 18pt" class="MsoNormal">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="margin-left: 18pt" class="MsoNormal"><img border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2007/12/mob378_1198847116.jpg"/>&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="margin-left: 18pt" class="MsoNormal">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="margin-left: 18pt; text-align: justify" class="MsoNormal">Sinon, mille excuses &#xE0; l&#x2019;ami Gus (<em>Parano&#xEF;d Park</em> est un passionnant film de transition), au gourou Lynch (<em>INLAND EMPIRE</em>, un beau parcours du combattant), au camarade Kechiche (<em>La Graine</em> <em>et le Mulet</em>, se sera pour 2008).</p>
<p xmlns="" style="margin-left: 18pt; text-align: justify" class="MsoNormal">&#xA0;</p></div></content></entry><entry><title>Paris lib&#xE9;r&#xE9; </title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/paris-libere.html"/><id>http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/paris-libere.html</id><published>2007-05-24T18:09:36Z</published><updated>2007-05-24T18:09:36Z</updated><summary>
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Les Chansons d'amour de Christophe Honor&#xE9;

Il y aurait quelque injustice &#xE0; ne consid&#xE9;rer Les Chansons...</summary><author><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></author><contributor><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></contributor><content type="xhtml" xml:lang="fr"><div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p xmlns=""><img width="361" height="240" border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2007/5/mob358_1180030480.jpg"/></p>
<p xmlns="">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify"><strong><em>Les Chansons d'amour</em></strong> de Christophe Honor&#xE9;</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify"/>
<p xmlns="" style="text-align: justify">Il y aurait quelque injustice &#xE0; ne consid&#xE9;rer <em>Les Chansons d'amour</em> que sous l'angle d'une all&#xE9;geance &#xE0; la nouvelle vague. Si le spectre de Jacques Demy plane bien sur le film, il s'agit justement d'un fant&#xF4;me, soit quelque chose d'irr&#xE9;m&#xE9;diablement enfui et qu'il faut, vaille que vaille, faire revenir, non sans tristesse et bonheur m&#xEA;l&#xE9;s. Au reste, le film d'Honor&#xE9; se mesure &#xE0; la distance qui le s&#xE9;pare de la NV, dans l'&#xE9;cart produit entre un r&#xE9;f&#xE9;rentiel clairement balis&#xE9; et la contemporan&#xE9;it&#xE9; d'une oeuvre qui veut &#xEA;tre ici et maintenant. Et &#xE7;a tient &#xE0; quoi ? A pas grand chose, &#xE0; la d&#xE9;ambulation peut-&#xEA;tre, qui laisse voir au gr&#xE9; d'une promenade pensive telle affiche &#xE9;lectorale d&#xE9;chir&#xE9;e, telle autre qui promet un inqui&#xE9;tant "tout devient possible", &#xE0; ces gens film&#xE9;s qui cependant n'appartiennent pas au film, enrob&#xE9;s dans leurs &#xE9;charpes et l'air du temps qui se donne ainsi de lui-m&#xEA;me, avec d'autant plus de force que ce r&#xE9;alisme-l&#xE0; vient sans cesse buter sur l'artificiel des passages chant&#xE9;s. Alors on peut r&#xE2;ler, comme toujours, se dire que passer d'une chambre en ville (Paris : toujours la m&#xEA;me) &#xE0; une autre, d'un corps &#xE0; l'autre, le cin&#xE9;ma fran&#xE7;ais passe son temps &#xE0; &#xE7;a. Mais c'est oublier qu'il y a des cin&#xE9;astes qui filment tr&#xE8;s bien cela ; tant l'ont film&#xE9; et d'autres le filmeront encore. Pourquoi ne pas interroger plut&#xF4;t cette permanence, y voir ce qui constitue au demeurant une r&#xE9;elle mythologie, quelque chose qui a pass&#xE9; par la nouvelle vague, a signifi&#xE9; une lib&#xE9;ration artistique qui co&#xEF;ncidait, dans l'imm&#xE9;diat apr&#xE8;s-guerre, avec celle de Paris : Paris encore et toujours, qui reste aujourd'hui le foyer concret de cette mythologie. Ce qui importe alors, c'est de quelle mani&#xE8;re Paris a pu changer et le cin&#xE9;ma avec. C'est, comme ici, surprendre chez Honor&#xE9; une mani&#xE8;re bien &#xE0; lui de filmer ce qui l'a d&#xE9;j&#xE0; &#xE9;t&#xE9; avec un m&#xE9;lange tr&#xE8;s diffus de profonde m&#xE9;lancolie et d'infinie douceur, &#xE9;chappant in fine au mani&#xE9;risme finalement dat&#xE9; qui enlevait beaucoup de son prix au pr&#xE9;c&#xE9;dent film (le pourtant ambitieux et bien nomm&#xE9; <em>Dans Paris</em>) : en t&#xE9;moigne la sc&#xE8;ne du repas de famille, par un dimanche pluvieux qui rend triste en apparence, quand tout appelle pourtant &#xE0; se lover dans un sofa, &#xE0; s'aimer doucement parmi les heures grises ; l'envie qui vous prend d&#xE9;j&#xE0; d'aller serrer dans vos bras chacun des personnages, cette envie de pleurer, peut-&#xEA;tre, mais <em>ensemble</em>, voil&#xE0; ce qui fait tout le prix des <em>Chansons d'amour</em>, quand le ciel bas et lourd fait sauter son couvercle pour qu'une chanson, c'est sa premi&#xE8;re beaut&#xE9;, puisse relier chacun d'entre nous : nous voil&#xE0; concern&#xE9;s et les voici, eux, dont la seule &#xE9;chappatoire est de pouvoir partager un peu de leur douleur avec les autres, la rendre moins pesante, peut-&#xEA;tre plus fraternelle. Sur le canevas du deuil, Christophe Honor&#xE9; se sert des chansons pour ce qu'elles sont : un lieu de consensus et de commune consolation, qui change le gris du ciel en promesse de lits &#xE0; partager.</p></div></content></entry><entry><title>La tristesse durera toujours</title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/prozac.html"/><id>http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/prozac.html</id><published>2007-05-17T19:22:21Z</published><updated>2007-05-17T19:22:21Z</updated><summary>
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Zodiac de David Fincher.
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Imaginez un long, tr&#xE8;s long &#xE9;pisode de Cold Case qui n&#x2019;aboutirait...</summary><author><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></author><contributor><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></contributor><content type="xhtml" xml:lang="fr"><div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p xmlns=""><img width="375" height="250" border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2007/5/mob357_1179429833.jpg"/></p>
<p xmlns="">&#xA0;</p>
<p xmlns=""><em><strong>Zodiac</strong></em> de David Fincher.</p>
<p xmlns="">&#xA0;</p>
<p xmlns="" align="justify"><span style="font-size: 12pt">Imaginez un long, tr&#xE8;s long &#xE9;pisode de <em>Cold Case</em> qui n&#x2019;aboutirait &#xE0; rien, qui d&#x2019;une heure habituellement ramass&#xE9;e ferait le double, installerait contre ses spectateurs un ennui tel que son sujet m&#xEA;me, le fameux Zodiac qui a d&#xE9;j&#xE0; inspir&#xE9; le premier <em>Inspecteur Harry</em>, serait au final un pur pr&#xE9;texte, un &#xAB; mcguffin &#xBB; &#xE9;tendu &#xE0; la totalit&#xE9; du film. &#xC7;a donne <em>Zodiac</em>, le dernier film de David Fincher, qui prend ainsi le contre-pied absolu des pr&#xE9;c&#xE9;dents. <em>Zodiac</em>, c&#x2019;est l&#x2019;anti-<em>Seven</em> : une mani&#xE8;re de se d&#xE9;barrasser progressivement du serial-killer, pour ne garder que la hantise, celle que vont incarner tour &#xE0; tour diff&#xE9;rents personnages au cours d&#x2019;une enqu&#xEA;te en sur-place. Magnifiques, ces personnages : qu&#x2019;ils soient journalistes ou flics, ils voudraient bien, tous autant qu&#x2019;ils sont, &#xEA;tre celui qui fera tomber le masque du tueur ; mais voil&#xE0;, Fincher leur oppose moins des faits r&#xE9;els (le film est &#xAB; tir&#xE9; d&#x2019;une histoire vraie &#xBB; comme on dit) qu&#x2019;un principe de r&#xE9;alit&#xE9; qui contamine tout, interdit au film d&#x2019;avancer sinon dans le temps, aux personnages d&#x2019;esp&#xE9;rer quoi que ce soit. Ici, on imprime des proc&#xE8;s-verbaux, surtout pas la l&#xE9;gende. Un mani&#xE8;re, donc, de tourner absolument le dos au mythe, de faire valoir le r&#xE9;alisme comme temps-glu, dur&#xE9;e toutefois travaill&#xE9;e &#xE0; coup d&#x2019;ellipses qui ne font qu&#x2019;&#xE9;loigner les personnages de leurs objectifs. Ce sens assez impressionnant de la dur&#xE9;e permet justement de laisser progressivement dans l&#x2019;ombre les temps forts pour ne s&#x2019;int&#xE9;resser qu&#x2019;au quotidien, au r&#xE9;el poisseux d&#x2019;une existence promise &#xE0; la seule paperasse, au point de faire de <em>Zodiac</em> une fresque sur l&#x2019;administration am&#xE9;ricaine autant que sur le temps qui passe : un film sur l&#x2019;&#xE9;chec aussi, bien plus noir dans son obsession sans r&#xE9;sultat que ne l&#x2019;&#xE9;tait finalement <em>Seven</em>, si b&#xEA;tement d&#xE9;monstratif dans ses effets, quand il suffit de prendre le spectateur &#xE0; revers, de lui promettre un film qu&#x2019;il ne verra jamais, lui qui attend une synth&#xE8;se et se retrouve avec cet objet sans r&#xE9;elle asp&#xE9;rit&#xE9; apparente, parfois tr&#xE8;s ennuyeux, et finalement d&#x2019;une tristesse incroyable : position tr&#xE8;s courageuse au demeurant, qui pourrait ressembler &#xE0; un suicide commercial, n&#x2019;&#xE9;tait la popularit&#xE9; de l&#x2019;histoire aupr&#xE8;s du seul public am&#xE9;ricain. Faut-il &#xEA;tre pervers alors, pour aimer cela sans r&#xE9;serve ? Sans doute un peu. Mais il est suffisamment rare qu&#x2019;un film hollywoodien s&#x2019;attelle &#xE0; ce degr&#xE9; de r&#xE9;alisme, tourne ainsi le dos &#xE0; toute volont&#xE9; spectaculaire pour ne pas, d&#xE9;cid&#xE9;ment, saluer en Fincher autre chose qu&#x2019;un petit malin.<br/></span></p></div></content></entry><entry><title>Au pieu les p'tits vieux...</title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/contemporain/au-pieu-les-ptits-vieux.html"/><id>http://intimedia.kaywa.com/contemporain/au-pieu-les-ptits-vieux.html</id><published>2007-04-30T14:56:17Z</published><updated>2007-04-30T14:56:17Z</updated><summary>&#xA0;
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La France vieillit. L&#x2019;allongement de la dur&#xE9;e de vie, coupl&#xE9; &#xE0; la baisse...</summary><author><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></author><contributor><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></contributor><content type="xhtml" xml:lang="fr"><div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p xmlns="" class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><img style="width: 260px; height: 185px" height="185" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2007/4/mob356_1177945755.jpg" width="260" border="0"/>&#xA0;</font></font></p>
<p xmlns="" class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify">&#xA0;</p>
<p xmlns="" class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify">&#xA0;</p>
<p xmlns="" class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify">&#xA0;</p>
<p xmlns="" class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman">La France vieillit. L&#x2019;allongement de la dur&#xE9;e de vie, coupl&#xE9; &#xE0; la baisse significative de la natalit&#xE9;, ne saura permettre de renouveler, d&#x2019;ici 20 ans, la situation de l&#x2019;emploi en France comme en Europe. Seule une immigration massive, concert&#xE9;e &#xE0; l&#x2019;&#xE9;chelle europ&#xE9;enne, pourra &#xE9;viter l&#x2019;effondrement programm&#xE9; de la croissance dans des pays trop &#xE2;g&#xE9;s pour rester comp&#xE9;titifs &#xE0; l&#x2019;&#xE9;chelle mondiale. Le &#xAB;&#xA0;probl&#xE8;me&#xA0;&#xBB; de l&#x2019;immigration, ainsi &#xE9;voqu&#xE9; pour la premi&#xE8;re fois selon ces termes par Jean-Marie Le Pen, est devenu l&#x2019;embl&#xE8;me de cette France vieille et capricieuse, port&#xE9;e par une vague d&#x2019;hyst&#xE9;rie douce, quand il pourrait, au contraire, &#xEA;tre une chance et la seule, qui plus est. Le maintient droitier de l&#x2019;Europe ne permettra malheureusement pas cette politique d&#x2019;immigration massive avant longtemps, avant, peut-&#xEA;tre, que le &#xAB;&#xA0;probl&#xE8;me&#xA0;&#xBB; s&#x2019;impose de lui-m&#xEA;me, et oblige les &#xE9;tats membres &#xE0; reconsid&#xE9;rer la question. A travers l&#x2019;aveuglement national, qui pr&#xE9;side &#xE0; ce que je pr&#xE9;f&#xE8;re appeler la &#xAB;&#xA0;question&#xA0;&#xBB; de l&#x2019;immigration, c&#x2019;est aussi le devenir de l&#x2019;Europe qui est promis &#xE0; l&#x2019;&#xE9;chec. Premier &#xE9;cueil, donc, de la politique de Sarkozy, qui sait admirablement surfer sur l&#x2019;opinion publique, pr&#xF4;ne une France qui n&#x2019;existe de toute fa&#xE7;on d&#xE9;j&#xE0; plus, et s&#x2019;engage d&#xE8;s &#xE0; pr&#xE9;sent dans le mensonge.</font></font></p>
<p xmlns="" class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify">&#xA0;</p>
<p xmlns="" class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify">&#xA0;</p>
<p xmlns="" class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify"><font face="Times New Roman" size="3">Qu&#x2019;elle est-elle, cette France, qui aujourd&#x2019;hui pl&#xE9;biscite Monsieur Sarkozy&#xA0;? C&#x2019;est la France de nos petits vieux et de nos malades, moins la France des retrait&#xE9;s que celle des maisons de retraite. Entendons-nous bien&#xA0;: je ne veux pas parler n&#xE9;cessairement de l&#x2019;&#xE2;ge des &#xE9;lecteurs, certains jeunes sont plus vieux que ma grand-m&#xE8;re&#x2026; A ce point de paresse intellectuelle g&#xE9;n&#xE9;ralis&#xE9;e, y compris chez nos intellectuels fan&#xE9;s par un r&#xEA;ve sartrien mort et enterr&#xE9; (voyez Finkielkraut, le pauvre homme n&#x2019;est m&#xEA;me plus cr&#xE9;dible tellement il n&#x2019;a rien &#xE0; dire, tellement sa m&#xE9;connaissance du contemporain, &#xE0; d&#xE9;faut de le rendre intemporel, en fait l&#x2019;&#xE9;pigone du temps perdu), &#xE0; ce point, disais-je, o&#xF9; la pens&#xE9;e s&#x2019;effondre dans la reconsid&#xE9;ration h&#xE2;tive d&#x2019;une droite sans masque autre que les discours si puissamment creux de Monsieur Sarkozy, je me dis qu&#x2019;il n&#x2019;y a plus grand-chose &#xE0; esp&#xE9;rer.</font></p>
<p xmlns="" class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify">&#xA0;</p>
<p xmlns="" class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify"><font face="Times New Roman" size="3">Ah, si un dernier truc, peut-&#xEA;tre&#xA0;: qu&#x2019;un vote intelligent et r&#xE9;aliste pour Mme Royal soit plus suivi qu&#x2019;on ne le pense. Personnellement, &#xE0; votre place, je me m&#xE9;fierais beaucoup de l&#x2019;abstention&#x2026;</font></p><img width="80" height="60" border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2007/4/80/mob354_1177945734.jpg"/></div></content></entry><entry><title>A corps perdus</title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/a-corps-perdus.html"/><id>http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/a-corps-perdus.html</id><published>2007-03-16T16:36:04Z</published><updated>2007-03-16T16:36:04Z</updated><summary>C&#x153;urs. Resnais &#xE0; l&#x2019;imparfait.
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Vague souvenir d&#x2019;un texte de Bazin sur La Symphonie pastorale, de...</summary><author><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></author><contributor><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></contributor><content type="xhtml" xml:lang="fr"><div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p xmlns="" class="MsoNormal"><strong><em>C&#x153;urs</em>. Resnais &#xE0; l&#x2019;imparfait.</strong></p>
<p xmlns="" class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]-->&#xA0;<img width="405" height="287" border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2007/3/mob351_1174063121.jpg"/><!--[endif]--></p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">Vague souvenir d&#x2019;un texte de Bazin sur <em>La Symphonie pastorale</em>, de Jean Delannoy. Int&#xE9;ress&#xE9; par l&#x2019;adaptation proprement dite du roman de Gide, Bazin voyait dans les arri&#xE8;re-fonds enneig&#xE9;s du film un &#xE9;quivalent tout &#xE0; fait valable des imparfaits de la narration. L&#x2019;id&#xE9;e est s&#xE9;duisante, mais fausse&#xA0;; elle dit bien &#xE0; quel point Delannoy &#xE9;tait un mauvais cin&#xE9;aste. L&#x2019;imparfait, soit&#xA0;: quelque chose a eu lieu, quelque chose, aussi, <em>a pris son temps</em>, retrouv&#xE9; dans son d&#xE9;roulement par le biais du r&#xE9;cit, bien qu&#x2019;aujourd&#x2019;hui tout &#xE0; fait r&#xE9;volu. A faire ainsi tomber la neige, Resnais colle au mieux &#xE0; cette id&#xE9;e, qui trouve cette fois son plein accomplissement&#xA0;: la neige tombe sans discontinuer, elle dit que quelque chose est en train de finir, la neige meurt de tomber, et son agonie semble ne plus pouvoir s&#x2019;arr&#xEA;ter, parfaite &#xE9;quivalence de l&#x2019;imparfait, ce temps pr&#xE9;sent enferm&#xE9; dans le pass&#xE9;, comme ces figurines dans leur globe de verre o&#xF9; tombe la neige sit&#xF4;t qu&#x2019;on les retourne. Chez Resnais, les plans ont la transparence du verre justement, ils semblent infranchissables &#xE0; toute intrusion autre que le regard, &#xE0; l&#x2019;image de ces corps s&#xE9;par&#xE9;s par autant de parois transparentes elles aussi&#xA0;; il n&#x2019;y a de place que pour le regard, pas pour les corps. Les corps n&#x2019;existent que du dehors, dans le regard des autres. Eux-m&#xEA;mes se sont d&#xE9;j&#xE0; vid&#xE9;s de leur substance, promis &#xE0; dispara&#xEE;tre d&#xE8;s qu&#x2019;on aura cess&#xE9; de les regarder. Au sens propre, <em>ce sont des corps &#xE0; l&#x2019;imparfait</em>, fix&#xE9;s dans le pr&#xE9;sent d&#x2019;une existence enfuie. Bien s&#xFB;r, alors, ce sont des corps d&#xE9;j&#xE0; vieux. Depuis longtemps, il manquait au cin&#xE9;ma fran&#xE7;ais quelqu&#x2019;un qui saurait dire quelque chose des petits vieux, ou des malades, ce &#xAB;&#xA0;poids mort de la soci&#xE9;t&#xE9;&#xA0;&#xBB; &#xE9;voqu&#xE9; par Daney pour parler du gros des t&#xE9;l&#xE9;spectateurs. On se dit, &#xE0; les voir, que jeunes ou vieux, de toute fa&#xE7;on us&#xE9;s, les personnages de <em>C&#x153;urs</em> font preuve d&#x2019;une vacance terrible&#xA0;; aussi bien, ils pourraient, comme les autres, regarder la t&#xE9;l&#xE9; <em>dans la journ&#xE9;e</em>, quand les images sont l&#xE0; sans rien dire d&#x2019;autre qu&#x2019;elles-m&#xEA;mes, l&#xE0; pour remplir un trou d&#x2019;ennui, sans quoi il n&#x2019;y aurait vraiment rien &#xE0; faire&#xA0;: c&#x2019;est ce <em>rien</em>-l&#xE0; que filme Resnais, ce rien qu&#x2019;il s&#x2019;&#xE9;vertue pourtant &#xE0; faire exister dans toute sa terreur d&#x2019;ennui, d&#x2019;ennui ou de finitude (on meurt, on se s&#xE9;pare, on rate) tandis que la neige tombe toujours, dans sa triste et belle indiff&#xE9;rence. Alors <em>C&#x153;urs</em>, film de vieux&#xA0;? Assur&#xE9;ment.</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]-->&#xA0;<!--[endif]--></p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal"><strong><em>Bug</em>. L&#x2019;exorciste, la suite.</strong></p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]-->&#xA0;<img width="392" height="260" border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2007/3/mob352_1174063172.jpg"/><!--[endif]--></p>
<p xmlns="">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">Chez Friedkin, les corps sont plut&#xF4;t jeunes et beaux. Inqui&#xE9;tants aussi. Quelque chose les habite, que l&#x2019;on s&#x2019;&#xE9;vertue &#xE0; expulser. C&#x2019;est que Friedkin n&#x2019;en sort jamais, de son truc de l&#x2019;exorcisme. Sortir le Diable d&#x2019;une petite fille (c&#x2019;est la part la plus spectaculaire du cin&#xE9;ma de F.), ou d&#x2019;un flic sur le point de passer de l&#x2019;autre c&#xF4;t&#xE9; de la loi (<em>Police f&#xE9;d&#xE9;rale L.A.)</em>, ou du sexe (<em>Cruising</em>), traquer ce m&#xEA;me Diable, parfois surentra&#xEE;n&#xE9; (<em>Traqu&#xE9;</em>) dans le corps d&#x2019;un ex-marine, expulser, enfin, le <em>bug</em> cher &#xE0;&#xA0; Cronenberg (lui, c&#x2019;est le grand fr&#xE8;re de F. en moins sale, moins dissip&#xE9;)&#xA0;: bien entendu, le bug existe, d&#xE8;s le d&#xE9;but, insecte pour la forme seulement, mais bien l&#xE0;, dans la d&#xE9;pendance de deux corps qui pour la premi&#xE8;re fois chez F. ne font que <em>jouer</em> l&#x2019;exorcisme. A s&#x2019;exorciser l&#x2019;un l&#x2019;autre (et &#xE0; s&#x2019;exciser, inlassablement), les deux amoureux de <em>Bug</em> ne font qu&#x2019;implanter, toujours plus profond sous l&#x2019;&#xE9;piderme, le mal d&#xE9;licieux qui les ronge et les porte aux derni&#xE8;res extr&#xE9;mit&#xE9;s d&#x2019;une existence recluse. La fille montre bien que son homme, &#xAB;&#xA0;elle l&#x2019;a dans la peau&#xA0;&#xBB;, au sens propre&#xA0;: elle s&#x2019;&#xE9;vertue &#xE0; r&#xE9;cup&#xE9;rer sa peur, et son d&#xE9;sir avec, jusque dans sa peau &#xE0; elle, et c&#x2019;est l&#xE0; que le film est tr&#xE8;s fort, dans sa mani&#xE8;re de vouloir toucher le fantasme de l&#x2019;autre, de le toucher vraiment, de devenir cet autre, et de sentir pour soi son d&#xE9;sir. Si elle pouvait, elle se masturberait devant la glace en voyant son reflet &#xE0; lui. Mais F. ne veut en aucun cas rentrer dans le d&#xE9;lire de ses personnages. Il n&#x2019;en montre que le r&#xE9;sultat. C&#x2019;est l&#xE0; que le film, deuxi&#xE8;mement, est toujours aussi fort&#xA0;: dans cette mani&#xE8;re qu&#x2019;il a de rester &#xE0; distance quand les personnages eux, essaient de la r&#xE9;duire au point que leurs deux corps n&#x2019;en peuvent plus d&#x2019;&#xEA;tre s&#xE9;par&#xE9;s.</p></div></content></entry><entry><title>Top Albums 2006</title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/musique/top-albums-2006-1.html"/><id>http://intimedia.kaywa.com/musique/top-albums-2006-1.html</id><published>2007-01-20T17:52:51Z</published><updated>2007-01-20T17:52:51Z</updated><summary>











1. Future sex / Love sounds (JustinTimberlake)
2. The Eraser (Thom Yorke)
3. Gare au jaguarr (JoeyStarr)
4. Meds...</summary><author><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></author><contributor><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></contributor><content type="xhtml" xml:lang="en"><div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><img xmlns="" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2007/1/mob338_1169316343.jpg" alt="" title=""/><br xmlns=""/>
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1. <i xmlns="">Future sex / Love sounds</i> (JustinTimberlake)<br xmlns=""/>
2. <i xmlns="">The Eraser</i> (Thom Yorke)<br xmlns=""/>
3. <i xmlns="">Gare au jaguarr</i> (JoeyStarr)<br xmlns=""/>
4. <i xmlns="">Meds</i> (Placebo)<br xmlns=""/>
5. <i xmlns="">First Impressions On Earth</i> (The Strokes)<br xmlns=""/>
6. <i xmlns="">Rather Ripped</i> (Sonic Youth)<br xmlns=""/>
7. <i xmlns="">Empire</i> (Kasabian)<br xmlns=""/>
8. <i xmlns="">The Greatest</i> (Cat Power)<br xmlns=""/>
9. <i xmlns="">La For&#xEA;t des mal-aim&#xE9;s</i> (Pierre Lapointe)<br xmlns=""/>
10. <i xmlns="">Black Holes And Revelations</i> (Muse)<br xmlns=""/><img width="80" height="60" border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2007/1/80/mob349_1169317147.jpg"/></div></content></entry><entry><title>L'art et la mani&#xE8;re</title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/t233l233vision/les-belles-histoires-de-loncle-sam-1.html"/><id>http://intimedia.kaywa.com/t233l233vision/les-belles-histoires-de-loncle-sam-1.html</id><published>2007-01-12T18:20:09Z</published><updated>2007-01-12T18:20:09Z</updated><summary>

Deer Woman de John Landis. S&#xE9;rie Masters Of Horror.

Shyamalan, &#xE7;a marche justement pour le c&#xF4;t&#xE9;...</summary><author><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></author><contributor><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></contributor><content type="xhtml" xml:lang="en"><div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><img xmlns="" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2007/1/mob326_1168626166.jpg" alt="" title=""/><br xmlns=""/>
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<i xmlns=""><b>Deer Woman</b></i> <b xmlns="">de John Landis. S&#xE9;rie <i>Masters Of Horror</i>.</b><br xmlns=""/>
<br xmlns=""/>
Shyamalan, &#xE7;a marche justement pour le c&#xF4;t&#xE9; mystique, <i xmlns="">r&#xE9;ellement</i> mystique, c&#x2019;est-&#xE0;-dire &#xE0; prendre tr&#xE8;s au s&#xE9;rieux : &#xE8;re du soup&#xE7;on certes, mais in fine, &#xEA;tre &#xE0; jamais du c&#xF4;t&#xE9; de ceux qui savent raconter une histoire parce qu&#x2019;au fond, <i xmlns="">ils y croient</i> (Spielberg et les E.T., Tourneur et le surnaturel, Brisseau et le mal, Godard et l&#x2019;Histoire, etc).<br xmlns=""/>
<br xmlns=""/>
D&#x2019;o&#xF9; que les am&#xE9;ricains, encore et toujours, etc. etc. (soient les plus forts malgr&#xE9; tout) : une histoire, &#xE7;a doit &#xEA;tre <i xmlns="">sexy</i> (soit Rod Steiger dans <i xmlns="">Twilight Zone</i> plut&#xF4;t que Pierre Bellemarre), m&#xEA;me et surtout si le mal absolu s&#x2019;y cache derri&#xE8;re. Refrain connu, mais qui chaque fois se fait r&#xE9;entendre dans les veill&#xE9;es au coin du feu, qui ont trouv&#xE9; dans le poste de t&#xE9;l&#xE9; leur lieu id&#xE9;al, la continuation logique d&#x2019;une tradition orale renouvel&#xE9;e ; c&#x2019;est par son caract&#xE8;re fondamentalement <i xmlns="">domestique</i>, que la t&#xE9;l&#xE9; s&#x2019;est appropri&#xE9; ainsi le pouvoir de persuasion propre au conte, elle qui depuis <i xmlns="">La 4&#xE8;me dimension</i> ou autres <i xmlns="">Amazing Stories</i>, s&#x2019;emploie rituellement &#xE0; vous faire peur avant le sommeil du juste.<br xmlns=""/>
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Rien de bien r&#xE9;volutionnaire alors, dans la s&#xE9;rie <i xmlns=""><b>Masters of Horror</b></i> : surtout pas. Voyez le film de John Landis, une merveille de concision toute enti&#xE8;re tenue par la <i xmlns="">croyance</i> dans ce qu&#x2019;il raconte. Le flic qui enqu&#xEA;te peut s&#x2019;amuser dans son lit &#xE0; lancer plusieurs pistes narratives, Landis les mettre en image l&#x2019;une apr&#xE8;s l&#x2019;autre, et le flic de terminer chacune de ces propositions par un &#xAB; c&#x2019;est stupide &#xBB;, &#xAB; c&#x2019;est idiot &#xBB; : il n&#x2019;en demeure pas moins qu&#x2019;il va bien lui falloir, et nous avec, croire en ce qu&#x2019;il va vivre, au risque de flirter au plus pr&#xE8;s avec le sc&#xE9;nario de s&#xE9;rie Z, cette fra&#xEE;cheur du n&#x2019;importe quoi invent&#xE9; sur un bout de table qui ne tiendra que par les images. L&#x2019;anti-sc&#xE9;nario au fond : c&#x2019;est ce qui pla&#xEE;t sans doute &#xE0; Landis ou &#xE0; son copain Joe Dante : sur l&#x2019;air du "plus c&#x2019;est con plus &#xE7;a passe" (on est surtout pas des intellectuels, nous les &#xAB; movie brats &#xBB;), &#xE7;a veut quand m&#xEA;me dire : le cin&#xE9;ma (ou la t&#xE9;l&#xE9; dans le cas pr&#xE9;sent), se fiche bien de d&#xE9;livrer un message, ou de bien <i xmlns="">&#xE9;crire</i> son histoire (sc&#xE9;nario). Ce qu&#x2019;il veut, c&#x2019;est d&#x2019;abord la <i xmlns="">montrer</i> : l&#x2019;histoire importe moins que les moyens que nous allons mettre en &#x153;uvre pour que vous y rentriez, sans faire de mani&#xE8;res.<br xmlns=""/>
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Savoir qu&#x2019;un enfant, en pareil cas, demande souvent la <i xmlns="">m&#xEA;me</i> histoire &#xE0; ses parents au point de la conna&#xEE;tre par c&#x153;ur dit bien de quoi il s&#x2019;agit : c&#x2019;est chaque fois la mani&#xE8;re qui emporte le morceau, qui <i xmlns="">fait</i> le morceau. Et &#xE0; se r&#xE9;p&#xE9;ter ainsi, Hollywood (aujourd&#x2019;hui les networks) fait valoir le seul conservatisme qui vaille, celui-l&#xE0; m&#xEA;me qui saura fonder, &#xE0; la longue, une mythologie, c&#x2019;est-&#xE0;-dire un imaginaire.<br xmlns=""/>
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Pour qu&#x2019;il y ait des <i xmlns="">images</i>, il faut toujours qu&#x2019;il y ait un <i xmlns="">imaginaire</i>.<br xmlns=""/>
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Landis, donc, soit <i xmlns="">Deer Woman</i> : une histoire de cr&#xE9;ature moiti&#xE9; femme(en haut), moiti&#xE9;-biche (en bas), qui pi&#xE9;tine les hommes qu&#x2019;elles rencontre et s&#xE9;duit. Pas plus con ni plus nouveau du reste, que la femme-panth&#xE8;re de <i xmlns="">Cat People</i>, auquel il est ici rendu hommage. Mais c&#x2019;est cette permanence, d&#x2019;aucuns diront cette <i xmlns="">pers&#xE9;v&#xE9;rance</i>, qui fait le prix de ce petit film, son prix moral du reste : le flic, prend soin d&#x2019;interroger un serveur indien avant de passer &#xE0; l&#x2019;action. Il lui faut valider la l&#xE9;gende indienne par sa source, l&#x2019;installer dans l&#x2019;Histoire en somme, pour lui donner ainsi tous les gages de son s&#xE9;rieux.<br xmlns=""/>
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&#xAB; Jadis, une femme tr&#xE8;s belle s&#x2019;invitait aux f&#xEA;tes donn&#xE9;es par la tribu, ses jambes cach&#xE9;es par une robe qui laissait pourtant voir tous les autres app&#xE2;ts ; des jambes puissantes aux sabots meurtriers &#xBB;. Le film ne fait que &#xE7;a, raconter cette histoire, mais il veut le faire du mieux possible, &#xEA;tre bien s&#xFB;r de ne pas faire fausse route avant de tout d&#xE9;voiler &#xE0; son tour, m&#xEA;me si le spectateur a tr&#xE8;s bien compris depuis longtemps (en fait, il a d&#xE9;j&#xE0; lu le titre). &#xAB; Il faut &#xEA;tre pr&#xE9;cis &#xBB;, ainsi le flic somme-t-il l&#x2019;indien de donner plus de d&#xE9;tails : &#xAB; quatre ou deux pattes ? &#xBB;, &#xAB; deux &#xBB; r&#xE9;pond l&#x2019;indien.<br xmlns=""/>
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Ce qui me plait peut-&#xEA;tre le plus dans ce film, c&#x2019;est &#xE7;a : cette mani&#xE8;re de s&#x2019;assurer que ce qu&#x2019;on va nous montrer est bien conforme &#xE0; la lettre, cette m&#xEA;me lettre qui est pourtant totalement arbitraire. Ce souci, en somme, de <i xmlns="">r&#xE9;alisme</i> pourtant invent&#xE9; autour d&#x2019;une histoire improbable, laquelle, on vient de le voir, tient en deux lignes. C&#x2019;est par l&#xE0; que Landis r&#xE9;investit un s&#xE9;rieux qui fait tous le sens de son histoire, et celle de sa mise en sc&#xE8;ne. Ce s&#xE9;rieux, il ne le perd jamais de vue, m&#xEA;me lorsqu&#x2019;il se montre potache, de l&#xE0; un talent assez rare, qu&#x2019;il partage avec Dante : &#xEA;tre capable de passer du rire &#xE0; la peur le temps d&#x2019;un travelling comme d&#x2019;un changement de plan, alors m&#xEA;me que son spectateur sait qu&#x2019;il a affaire &#xE0; un <i xmlns="">programme</i>, une histoire mille fois racont&#xE9;e.<br xmlns=""/></div></content></entry></feed>
