<?xml version="1.0"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" xml:lang="fr"><title>Ce qui nous regarde ...</title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/"/><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://intimedia.kaywa.com/atom/"/><updated>2010-01-11T20:46:12Z</updated><id>http://intimedia.kaywa.com/</id><subtitle>intimedia news and stuff that matters</subtitle><generator>http://www.kaywa.com/?v=1.0</generator><rights>Copyright by KAYWA AG - Services for the mobile Internet</rights><entry><title>Naissance de l'amour </title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/naissance-de-lamour-2.html"/><id>http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/naissance-de-lamour-2.html</id><published>2010-01-11T20:46:12Z</published><updated>2010-01-11T20:46:12Z</updated><summary>
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Maurice Sch&#xE9;rer est mort aujourd'hui. Il avait 89 ans. On peut voir en cela l'ordre des choses. Le probl&#xE8;me,...</summary><author><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></author><contributor><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></contributor><content type="xhtml" xml:lang="fr"><div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p xmlns=""><img src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2010/1/mob419_1263241906.jpg" border="0"/><img src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2010/1/mob420_1263241930.jpg" border="0"/></p>
<p xmlns="">&#xA0;</p>
<p xmlns=""><strong>Maurice Sch&#xE9;rer est mort aujourd'hui. Il avait 89 ans. On peut voir en cela l'ordre des choses. Le probl&#xE8;me, c'est qu'avec lui Eric Rohmer dispara&#xEE;t aussi.</strong></p>
<p xmlns="">&#xA0;Son dernier film s'appelle <em>Les Amours d'Astr&#xE9;e et de C&#xE9;ladon</em>. Un romance tr&#xE8;s ancienne, un sous-bois humide parmi les bruissements du monde, un baiser, une naissance. A l'amour. Etrange et inqui&#xE8;te conjonction : il y a quelques semaines, un autre baiser, une autre naissance, une autre origine pour un nouveau monde&#xA0;accompagnaient la mort du XX&#xE8;me si&#xE8;cle au cin&#xE9;ma. Le film s'appelle <em>Avatar</em>.</p>
<p xmlns="">La mort d'un grand cin&#xE9;aste, c'est toujours et d'abord la mort d'une image.</p></div></content></entry><entry><title>L'invention de Morel</title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/linvention-de-morel.html"/><id>http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/linvention-de-morel.html</id><published>2009-12-01T20:23:24Z</published><updated>2009-12-01T20:23:24Z</updated><summary>
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De tous les r&#xE9;cits qui m&#x2019;aient &#xE9;t&#xE9; donn&#xE9;s &#xE0; lire, L&#x2019;invention de Morel est...</summary><author><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></author><contributor><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></contributor><content type="xhtml" xml:lang="fr"><div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p xmlns=""><img style="width: 414px; height: 338px" height="338" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2009/12/mob415_1259699101.jpg" width="414" border="0"/><img style="width: 415px; height: 327px" height="327" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2009/12/mob416_1259699158.jpg" width="415" border="0"/><img style="width: 415px; height: 285px" height="285" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2009/12/mob417_1259699210.jpg" width="415" border="0"/></p>
<p xmlns="">&#xA0;</p>
<p xmlns=""><font face="Times New Roman" size="3">De tous les r&#xE9;cits qui m&#x2019;aient &#xE9;t&#xE9; donn&#xE9;s &#xE0; lire, <em>L&#x2019;invention de Morel</em> est l&#x2019;un des plus fascinants. Dans ce court roman, Adolfo Bioy Casares met en sc&#xE8;ne un jeune homme en fuite, r&#xE9;fugi&#xE9; sur une &#xEE;le o&#xF9; se r&#xE9;p&#xE8;tent, chaque jour, les m&#xEA;mes sc&#xE8;nes &#xE9;tranges. Des gens apparaissent qui forment les personnages d&#x2019;une myst&#xE9;rieuse intrigue avant que tomb&#xE9; amoureux, le narrateur n&#x2019;en vienne &#xE0; d&#xE9;couvrir le secret de l&#x2019;&#xEE;le&#xA0;: ces gens ont &#xE9;t&#xE9; l&#xE0; autrefois, ils ne sont plus que des ombres, les images enregistr&#xE9;es de leur pr&#xE9;sence pass&#xE9;e et projet&#xE9;e ind&#xE9;finiment par un savant dispositif attribu&#xE9; au dit Morel&#xA0;; parmi ces images qui entourent le narrateur, parmi ces fant&#xF4;mes qu&#x2019;il pourrait <em>presque</em> toucher, se tient Faustine. A lui de se conformer au sc&#xE9;nario infiniment r&#xE9;p&#xE9;t&#xE9;, d&#x2019;int&#xE9;grer son corps au r&#xE9;cit des ombres, de devenir une part de ces images, par conformit&#xE9; absolue &#xE0; son d&#xE9;sir&#xA0;: Faustine est l&#x2019;arch&#xE9;type de toutes les actrices ador&#xE9;es dans leur embaumement. Elle n&#x2019;existe d&#xE9;j&#xE0; plus alors m&#xEA;me que son corps est &#xE0; port&#xE9;e, intouchable reflet qui voue les sentiments du narrateur &#xE0; leur dimension fatalement platonique.</font></p>
<p xmlns=""><font face="Times New Roman" size="3">De ce r&#xE9;cit, le cin&#xE9;ma am&#xE9;ricain a fait l&#x2019;arch&#xE9;type sur lequel appuyer l&#x2019;invention d&#x2019;un nouveau rapport aux images. Pour changer ce rapport, il fut convenu d&#xE8;s le d&#xE9;part (avec M&#xE9;li&#xE8;s), qu&#x2019;il fallait d&#x2019;abord changer les images elles-m&#xEA;mes. Autrement dit rendre leur capacit&#xE9; de repr&#xE9;sentation la plus &#xE9;tendue possible&#xA0;: jusqu&#x2019;&#xE0; y int&#xE9;grer l&#x2019;imagination et partant &#xE0; fonder un imaginaire. D&#x2019;autres (avec les Lumi&#xE8;re), ont pr&#xE9;f&#xE9;r&#xE9; construire un regard plut&#xF4;t qu&#x2019;une visibilit&#xE9;, sur la base de ce que seul l&#x2019;&#x153;il humain pouvait voir. Qu&#x2019;en est-il aujourd&#x2019;hui du c&#xF4;t&#xE9; des grands imaginatifs&#xA0;?</font></p>
<p xmlns=""><font face="Times New Roman" size="3">Ils ont port&#xE9; l&#x2019;image jusqu&#x2019;au point o&#xF9; elle pouvait repr&#xE9;senter l&#x2019;autre dans toute son irr&#xE9;ductibilit&#xE9;&#xA0;: Cameron en premier lieu, cherche &#xE0; produire de la sid&#xE9;ration sur la base d&#x2019;une image qui s&#x2019;est affranchie de l&#x2019;humain (les morphings d&#x2019;<em>Abyss</em> et <em>Terminator 2</em>) mais cherche &#xE0; lui ressembler sans que ses intentions ne soient toujours affich&#xE9;es. Cette vieille crainte platonicienne de l&#x2019;illusion, dont il va pourtant falloir &#xE9;prouver l&#x2019;incarnation (en la touchant du doigt&#xA0;: le pseudopode d&#x2019;<em>Abyss</em>&#xA0;; en succombant par elle : le T 1000 dans <em>Terminator</em> <em>2</em>&#xA0;; en y faisant litt&#xE9;ralement naufrage&#xA0;: la catastrophe num&#xE9;ris&#xE9;e du <em>Titanic</em>), n&#x2019;a jamais &#xE9;t&#xE9; le fait du cin&#xE9;aste. Aussi bien, les apocalypses emp&#xEA;ch&#xE9;es que sont chaque fois les sc&#xE9;narios de Cameron, n&#x2019;ont jamais cess&#xE9; d&#x2019;&#xEA;tre autant de gen&#xE8;ses, r&#xE9;inventions par un retour &#xE0; l&#x2019;origine, d&#xE8;s lors que l&#x2019;humain accepte de faire corps avec une repr&#xE9;sentation qui le d&#xE9;passe. Ce qui finit laisse autre chose commencer, c&#x2019;est bien le sens originel du mot &#xAB;&#xA0;apocalypse&#xA0;&#xBB;, soit&#xA0;: r&#xE9;v&#xE9;lation. L&#x2019;apocalypse a donc chaque fois bien lieu, et doit en passer par de nouvelles images pour proposer &#xE0; la fin d&#x2019;un monde son alternative, en retournant, &#xE0; proprement parler, aux sources&#xA0;: oc&#xE9;an (<em>Abyss</em>&#xA0;; <em>Titanic</em>), barbarie originelle retrouv&#xE9;e via le futur (<em>Aliens&#xA0;</em>; <em>Terminator</em>). M&#xEA;l&#xE9;es de crainte, les noces du r&#xE9;el et du num&#xE9;rique, de l&#x2019;acteur et de l&#x2019;effet sp&#xE9;cial, sont chez Cameron, depuis le d&#xE9;but, le seul sujet, th&#xE9;&#xE2;tre d&#x2019;une constante &#xE9;piphanie. Il arrive toujours un moment o&#xF9; il faut faire corps avec l&#x2019;autre image. Faire corps dans la bataille ou dans l&#x2019;acceptation importe peu &#xE0; Cameron&#xA0;: ce qui &#xE9;meut chez lui, c&#x2019;est le point de contact. De cette &#xE9;motion il faut bien partir pour tracer le parcours du cin&#xE9;aste&#xA0;: ce point reconduit de films en films, aura fini par s&#x2019;incarner dans le relief, qui s&#x2019;appr&#xEA;te aujourd&#x2019;hui &#xE0; faire du cin&#xE9;ma ce que Bioy Casares avait proph&#xE9;tis&#xE9;&#xA0;: Cameron, avec d&#x2019;autres, sont les nouveaux Morel.</font></p>
<p xmlns=""><font face="Times New Roman" size="3">Il fallait le num&#xE9;rique, il fallait que l&#x2019;immat&#xE9;rialit&#xE9; soit souveraine pour qu&#x2019;une nouvelle image finisse par na&#xEE;tre. Une image qui r&#xE9;invente assez le cin&#xE9;ma pour reposer la question&#xA0;de sa d&#xE9;finition. Il n&#x2019;est plus question d&#x2019;enregistrement, le monde ne s&#x2019;est jamais autant conform&#xE9; &#xE0; ses d&#xE9;sirs, au point de les reconduire par une nouvelle approche du plan, d&#xE9;sormais pourvu d&#x2019;une troisi&#xE8;me dimension qui depuis quelques films a d&#xE9;j&#xE0; int&#xE9;gr&#xE9; le fameux quatri&#xE8;me c&#xF4;t&#xE9;. Entre l&#x2019;&#x153;il et ce qu&#x2019;il voit, la distance s&#x2019;est amoindrie&#xA0;: elle demeure une fronti&#xE8;re, mais annule la profondeur de champ pour lui pr&#xE9;f&#xE9;rer un th&#xE9;&#xE2;tre d&#x2019;ombres qui entourent le spectateur, et font de lui le Tantale de sa propre condition, condamn&#xE9; &#xE0; ne toucher que des yeux&#xA0;: autrefois le cin&#xE9;ma pouvait &#xEA;tre dit &#xAB;&#xA0;cosa mentale&#xA0;&#xBB;, et pouvait s&#x2019;il le souhaitait s&#x2019;&#xE9;loigner du th&#xE9;&#xE2;tre dans la distance de la projection. Mais voici que l&#x2019;image s&#x2019;appr&#xEA;te &#xE0; nous faire entrer en elle, &#xE0; r&#xE9;activer le d&#xE9;sir du spectateur dans l&#x2019;obsc&#xE9;nit&#xE9; d&#x2019;une nouvelle cohabitation avec ces corps qu&#x2019;il regarde et pourtant se mat&#xE9;rialisent&#xA0;: en sont-ils plus vrais&#xA0;? Qu&#x2019;en est-il du cin&#xE9;ma comme art du r&#xE9;el oppos&#xE9; semble-t-il &#xE0; ce qu&#x2019;il est en train, pour une part, de devenir&#xA0;?</font></p>
<font xmlns="" size="3"><font face="Times New Roman">Chez Pixar (<em>Up</em>), cela tient &#xE0; faire saigner un playmobil&#xA0;: les d&#xE9;sirs sont aussi des blessures, et les illusions se blessent aussi s&#xFB;rement. Elles peuvent faire tourner le r&#xEA;ve en cauchemar ou prendre conscience qu&#x2019;il veut mieux quitter un r&#xEA;ve sans retour pour accepter de vivre. Chez Zemeckis, l&#x2019;invention de Morel tourne &#xE0; plein&#xA0;: les corps y sont &#xE0; la fois r&#xE9;v&#xE9;l&#xE9;s dans leur chair et r&#xE9;duits &#xE0; l&#x2019;&#xE9;tat de marionnettes, l&#x2019;image num&#xE9;rique ne ment pas sur sa vraie nature&#xA0;: elle berce d&#x2019;illusions autant qu&#x2019;elle les r&#xE9;v&#xE8;le, s&#x2019;affirme sans cesse comme projection (la beaut&#xE9; de <em>Scrooge</em> tient &#xE0; cela&#xA0;: plut&#xF4;t que de faire oublier la 2D, la troisi&#xE8;me dimension induite par le relief ne cesse d&#x2019;en r&#xE9;f&#xE9;rer &#xE0; l&#x2019;image projet&#xE9;e). Pour en revenir &#xE0; Cameron, il n&#x2019;est qu&#x2019;&#xE0; tenir compte du titre de son dernier film: <em>Avatar</em>. L&#x2019;illusion est donc, pour tous ceux-l&#xE0;, consomm&#xE9;e&#xA0;: reste qu&#x2019;elle pose toujours la question du d&#xE9;sir et que de celui-ci d&#xE9;pend ce qui nous retient &#xE0; la r&#xE9;alit&#xE9;. Quelle part du r&#xE9;el les avatars &#xE0; venir vont-ils prendre en charge &#xE0; travers l&#x2019;illusion de leur mat&#xE9;rialit&#xE9;&#xA0;?&#xA0; Je n&#x2019;en vois qu&#x2019;une&#xA0;: s&#x2019;ils sont l&#xE0;, c&#x2019;est pour fabriquer des sentiments. De quoi se souvenir de l&#x2019;humain lorsque sa repr&#xE9;sentation l&#x2019;a devanc&#xE9; (<em>Scrooge</em>), de quoi le renvoyer &#xE0; sa propre humanit&#xE9; (<em>Avatar</em>&#xA0;?).<br/></font></font><font xmlns="" size="3"><font face="Times New Roman">&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0; &#xA0;</font></font><br xmlns=""/>
<p xmlns="">&#xA0;</p></div></content></entry><entry><title>La cerise sur le ghetto</title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/la-cerise-sur-le-ghetto.html"/><id>http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/la-cerise-sur-le-ghetto.html</id><published>2009-10-04T20:39:54Z</published><updated>2009-10-04T20:39:54Z</updated><summary>
L&#x2019;un s&#x2019;appelle Wikus, l&#x2019;autre Chrisopher. L&#x2019;un est humain, l&#x2019;autre alien. Qu&#x2019;un alien se...</summary><author><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></author><contributor><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></contributor><content type="xhtml" xml:lang="fr"><div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p xmlns=""><em><font size="3"><img src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2009/10/mob412_1254689094.jpg" border="0"/></font></em></p>
<em xmlns=""><font size="3">L&#x2019;un s&#x2019;appelle Wikus, l&#x2019;autre Chrisopher. L&#x2019;un est humain, l&#x2019;autre alien. Qu&#x2019;un alien se pr&#xE9;nomme Christopher tandis qu&#x2019;un humain s&#x2019;appelle Wikus n&#x2019;est pas ce qu&#x2019;il y a de plus &#xE9;tonnant dans <strong>District</strong> <strong>9</strong>.<br/></font></em><font xmlns="" size="3">&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0; C&#x2019;est donc par un transfert de noms que le film de Neil Blomkamp d&#xE9;passe de loin son intelligence synth&#xE9;tique de petit br&#xFB;lot politique violent et bien vu qui recycle &#xE0; l&#x2019;envi des probl&#xE9;matiques d&#xE9;j&#xE0; trait&#xE9;es par le pass&#xE9;&#xA0;: le c&#xF4;t&#xE9; pile de la d&#xE9;mocratie va-t-en guerre (Verhoeven&#xA0;: <em>Starship Troopers</em>), la m&#xE9;taphysique du &#xAB;&#xA0;qui suis-je&#xA0;?&#xA0;&#xBB; transform&#xE9;e en &#xAB;&#xA0;mais qu&#x2019;est-ce que je vais devenir&#xA0;?&#xA0;&#xBB; (Cronenberg&#xA0;: <em>La Mouche</em>) , l&#x2019;humanit&#xE9; face &#xE0; son fant&#xF4;me aper&#xE7;u dans l&#x2019;alt&#xE9;rit&#xE9; (chez les zombies de Romero&#xA0;: <em>Dawn Of The Dead</em>). Mais si l&#x2019;humanit&#xE9; en fuite ne r&#xE9;side plus qu&#x2019;&#xE0; l&#x2019;&#xE9;tat de trace chez les cin&#xE9;astes susmentionn&#xE9;s (les Barbie et Ken de Verhoeven ne sont d&#xE9;j&#xE0; plus que des images, le fly-man n&#x2019;a droit qu&#x2019;&#xE0; un ultime sursaut de lucidit&#xE9;, et les zombies de Romero ne savent plus faire les courses), elle se retrouve ici dans un devenir-alien. Wikus, agent (pistonn&#xE9;) du gouvernement est en charge d&#x2019;&#xE9;vacuer le &#xAB;&#xA0;district 9&#xA0;&#xBB;, sorte de Sangatte pour aliens bas&#xE9; &#xE0; Johannesburg, o&#xF9; tr&#xF4;ne dans le ciel sud-africain un gigantesque vaisseau qui depuis vingt ans n&#x2019;est jamais reparti. Sont parqu&#xE9;es l&#xE0; les &#xAB;&#xA0;crevettes&#xA0;&#xBB;, surnom donn&#xE9; aux aliens qui partagent leurs taudis en compagnie de bandes arm&#xE9;es venues du Niger. Ils se nourrissent de p&#xE2;t&#xE9; pour chat mais parlent l&#x2019;anglais avec aisance eut &#xE9;gard aux mandibules qui produisent un bruit de gorge d&#xE9;plaisant chaque fois qu&#x2019;ils parlent. <em>District 9</em> recycle l&#xE0;-dessus le film de Cronenberg en faisant de Wikus la victime d&#x2019;une m&#xE9;tamorphose progressive&#xA0;: le devenir-alien passe par lui, et bien &#xE9;videmment c&#x2019;est &#xE0; mesure qu&#x2019;il devient l&#x2019;autre que son humanit&#xE9; se fait jour. La chose est claire, n&#xE9;anmoins, le film va plus loin que ce que le pitch avance. C&#x2019;est moins l&#x2019;humanit&#xE9; retrouv&#xE9;e par le biais de l&#x2019;autre (d&#xE9;j&#xE0; vu) qui int&#xE9;resse ici&#xA0;: c&#x2019;est la mise &#xE0; jour d&#x2019;un plus petit d&#xE9;nominateur commun entre l&#x2019;humain et son autre, quelque chose que l&#x2019;on appelle humanit&#xE9; alors qu&#x2019;elle s&#x2019;incarne aussi bien dans l&#x2019;alien (Christopher, donc&#xA0;: celui-ci&#xA0;a un fils, auquel il voue l&#x2019;amour d&#x2019;un p&#xE8;re, il est vraisemblablement ing&#xE9;nieur, et ne veut pas autre chose que ce que tout E.T. demande depuis au moins 1982&#xA0;: rentrer chez lui, de pr&#xE9;f&#xE9;rence apr&#xE8;s avoir pass&#xE9; un coup de fil, pour pr&#xE9;venir, sans doute, de ne pas l&#x2019;attendre pour manger &#x2013; on se souvient qu&#x2019;E.T. mangeait du p&#xE2;t&#xE9; pour chien -, et que si le p&#xE9;riph&#xE9;rique en arrivant sur Alpha du Centaure n&#x2019;est pas trop bouch&#xE9;, il sera l&#xE0; avant l&#x2019;ann&#xE9;e prochaine). On l&#x2019;appelle humanit&#xE9; par d&#xE9;faut, pourquoi pas &#xAB;&#xA0;martianit&#xE9;&#xA0;&#xBB; en ce cas, quelque chose au reste qui se dit &#xE9;galement chez l&#x2019;un et l&#x2019;autre et que figure le transfert de noms&#xA0;: homme et alien se ressemblent &#xE0; ce point dans leur &#xE9;motivit&#xE9; qu&#x2019;une r&#xE9;elle foi dans l&#x2019;autre s&#x2019;affirme ici. Au reste, on ne peut faire reproche au film de ne pas arriver &#xE0; produire de l&#x2019;autre pour n&#x2019;offrir que du m&#xEA;me&#xA0;: ce n&#x2019;est pas un manque d&#x2019;imagination, ni ne rel&#xE8;ve d&#x2019;un in&#xE9;vitable ethnocentrisme, c&#x2019;est d&#x2019;abord parce que l&#x2019;homme n&#x2019;exp&#xE9;rimente ici qu&#x2019;une chose&#xA0;: accepter que ses &#xE9;motions ne le d&#xE9;finissent pas en tant qu&#x2019;humain, et seulement alors accepter un devenir autre. Soit trouver dans l&#x2019;autre assez de reconnaissable pour d&#xE9;nier &#xE0; l&#x2019;humanit&#xE9; ses pr&#xE9;rogatives. La transformation de Wikus en alien le fait passer de la col&#xE8;re &#xE0; l&#x2019;acceptation lorsqu&#x2019;il reconna&#xEE;t chez Christopher des motivations qui sont aussi bien les siennes (retrouver son lieu comme son corps d&#x2019;origine) et finit en voulant se retrouver par atteindre &#xE0; l&#x2019;alt&#xE9;rit&#xE9; absolue. Le message est clair&#xA0;: lorsque l&#x2019;on &#xAB;&#xA0;int&#xE8;gre&#xA0;&#xBB; un &#xE9;tranger dans un espace social donn&#xE9;, l&#x2019;int&#xE9;gration n&#x2019;est jamais unilat&#xE9;rale (ce que croient nos gouvernements majoritaires et la totalit&#xE9; des autres personnages). La logique commune voudrait que chacun d&#xE9;cide de s&#x2019;int&#xE9;grer &#xE0; l&#x2019;autre s&#x2019;il veut retrouver un peu de lui-m&#xEA;me. Et si la partouze plan&#xE9;taire n&#x2019;est qu&#x2019;&#xE9;voqu&#xE9;e au cours d&#x2019;un sujet sur la prostitution interraciale, c&#x2019;est bien l&#xE0; une joyeuse orgie d&#xE9;mocratique que promet l&#x2019;horizon du film.<br/></font><img width="80" height="60" border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2009/10/80/mob412_1254689094.jpg"/></div></content></entry><entry><title>Up : le futur, c'est maintenant</title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/p201.html"/><id>http://intimedia.kaywa.com/p201.html</id><published>2009-08-03T01:07:20Z</published><updated>2009-08-03T01:07:20Z</updated><summary>Si l&#x2019;animation a souvent fait probl&#xE8;me aux tenants d&#x2019;un cin&#xE9;ma du r&#xE9;el (d&#xE9;cid&#xE9;ment, quel...</summary><author><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></author><contributor><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></contributor><content type="xhtml" xml:lang="fr"><div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p xmlns="" align="justify"><font face="Times New Roman" size="3"><em>Si l&#x2019;animation a souvent fait probl&#xE8;me aux tenants d&#x2019;un cin&#xE9;ma du r&#xE9;el (d&#xE9;cid&#xE9;ment, quel beau paradoxe), une bonne nouvelle vient juste de tomber&#xA0;: il y a quelque chose d&#x2019;humain au royaume des playmobils.</em></font></p>
&#xA0;
<p xmlns=""><font face="Times New Roman" size="3"><img style="width: 384px; height: 236px" height="236" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2009/8/mob411_1249261767.jpg" width="384" border="0"/></font></p>
<p xmlns="" align="justify">&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0; <font size="3"><font face="Times New Roman">Il s&#x2019;agit du dernier chef-d&#x2019;&#x153;uvre de la firme Pixar. Il s&#x2019;agit d&#x2019;une tache de sang. Un vieil homme amoureux qui tient sa maison pour la somme de ses souvenirs en vient &#xE0; frapper de sa canne un ouvrier charg&#xE9; de travailler sur le chantier voisin. On sait que Pixar a toujours eu du mal avec la repr&#xE9;sentation des visages humains. On sait aussi que cela n&#x2019;a jamais &#xE9;t&#xE9; le probl&#xE8;me&#xA0;: l&#x2019;humain ne tient pas seulement dans sa repr&#xE9;sentation, c&#x2019;est d&#x2019;abord, pour chaque spectateur, une question de reconnaissance, cela tient au c&#x153;ur, aux sentiments. Et voir ainsi, sur un visage que l&#x2019;on dirait fondu dans le plastique, une tache de sang appara&#xEE;tre, c&#x2019;est subir d&#x2019;un coup un violent retour de r&#xE9;el dans la figure, pour nous comme pour l&#x2019;ouvrier malencontreux. Une audace qui tient en une image, soit quelques secondes, une mani&#xE8;re pour la firme d&#x2019;en revenir &#xE0; l&#x2019;essentiel de son rapport au monde, qu&#x2019;elle veut d&#x2019;abord sentimental. Faire saigner un visage de plastique, le rendre &#xE0; sa r&#xE9;alit&#xE9; ainsi reconstruite, et affirmer le tout par le moyen de la 3D&#xA0;: je n&#x2019;irai pas plus loin dans la critique de <em>L&#xE0;-Haut</em>, nouvelle merveille sign&#xE9;e Pete Docter. Juste pour dire&#xA0;: le futur du cin&#xE9;ma est dans la 3D, prochaine &#xE9;tape d&#x2019;un art qui pour la premi&#xE8;re fois exprime aussi clairement sa direction &#xE0; venir. L&#x2019;image de cin&#xE9;ma va d&#xE9;sormais trouver dans le relief de nouvelles probl&#xE9;matiques, reformuler la question du r&#xE9;el, du d&#xE9;sir, bref, changer du tout au tout. Au temps va s&#x2019;ajouter la <em>distance</em>,&#xA0;la dur&#xE9;e de ce qu&#x2019;il faut parcourir pour esp&#xE9;rer, sans jamais y parvenir, toucher du regard ces corps nouveaux qui ne s&#x2019;incarneront plus que dans leur fuite, immat&#xE9;rialit&#xE9; souveraine qui du r&#xE9;el r&#xE9;activera la conqu&#xEA;te. Le film s&#x2019;appelle <em>L&#xE0;-Haut</em>&#xA0;: il faut bien cela pour que les t&#xEA;tes se l&#xE8;vent devant l&#x2019;avenir d&#x2019;un art qui a d&#x2019;ores et d&#xE9;j&#xE0; mis son fleuron en t&#xEA;tes des top-listes &#xE0; venir&#xA0;: <em>Up</em> (en 3D), soit le meilleur film de l&#x2019;ann&#xE9;e.<br/></font></font></p></div></content></entry><entry><title>Dear MJ</title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/musique/dear-mj.html"/><id>http://intimedia.kaywa.com/musique/dear-mj.html</id><published>2009-06-26T17:39:24Z</published><updated>2009-06-26T17:39:24Z</updated><summary>
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En 1982 sortait Thriller, l'album qui allait changer le monde, par quoi l'industrie de la grande consommation et le...</summary><author><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></author><contributor><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></contributor><content type="xhtml" xml:lang="fr"><div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p xmlns=""><img width="226" height="226" border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2009/6/mob409_1246038181.jpg"/></p>
<p xmlns="">&#xA0;</p>
<p xmlns="">En 1982 sortait <strong><em>Thriller</em>,</strong> l'album qui allait changer le monde, par quoi l'industrie de la grande consommation et le Pop Art ne feraient plus qu'un, deux revers d'une m&#xEA;me m&#xE9;daille, infiniment retourn&#xE9;e. En 1982, Quincy Jones lan&#xE7;ait une bombe musicale, un point de non-retour &#xE0; la suite de ton premier album solo, <strong><em>Off The Wall</em></strong>. En 1982, ce n'est pourtant pas seulement l'industrie du disque qui allait s'en trouver chang&#xE9;e. Devant la cam&#xE9;ra de John Landis, tu entrais pour la premi&#xE8;re fois dans l'image, la grande, celle du cin&#xE9;ma. Tu y entrais par la petite porte et dans tous les foyers, par la t&#xE9;l&#xE9;vision. D&#xE9;j&#xE0; et pour toujours, te voici &#xE0; la crois&#xE9;e des mondes. L&#xE0;-haut sur l'&#xE9;cran, tu effraies ta petite amie. Plus tard, dans la rue, tu voudras rejouer ce que tu viens de voir au cin&#xE9;ma. Qui n'a pas voulu &#xEA;tre John Wayne ou James Stewart, Vincent Price ou Christopher Lee &#xE0; la sortie d'une salle ne pourrait pas comprendre : dans le clip <strong><em>Thriller</em>,</strong> le cin&#xE9;ma s'invite &#xE0; la table des familles pour un petit frisson du samedi soir et toi, tu voudrais d&#xE9;j&#xE0; &#xEA;tre &#xE0; la fois la star et son spectateur, l&#xE0;-haut sur l'&#xE9;cran et ici avec nous. "Thriller" : frisson, tremblement ; l'image tremble et se scinde, elle quitte son support pour aller partout, dans un carnaval schizophr&#xE8;ne o&#xF9; d&#xE9;j&#xE0; se jouait la premi&#xE8;re f&#xEA;lure.<br/>
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Grand ordonnateur du cirque des images &#xE0; tout faire, entre cin&#xE9;, t&#xE9;l&#xE9;, clip, pub, concert film&#xE9;, tu en es aussi la premi&#xE8;re victime. Partout et nulle part, dans un <em>Neverland</em> vol&#xE9; &#xE0; Peter Pan, corps d'enfant mais ultra-performant, image et son, homme et femme, tu es l'entre-deux qui te perd et te rend au monde, &#xE0; sa propre schizophr&#xE9;nie, dans le m&#xEA;me mouvement. Peu importe ce visage que tu n'as plus, que peut-&#xEA;tre tu n'as jamais eu. Tu est un <em>toon</em>, un corps qui voudrait incarner ton imaginaire dans une r&#xE9;alit&#xE9; qui se d&#xE9;robe, une r&#xE9;alit&#xE9; qui par cons&#xE9;quent ne pourrait avoir d'autre nom que celui de <em>sc&#xE8;ne</em>, de Disneyland ou de Las Vegas. Tu accordes peut-&#xEA;tre le monde &#xE0; tes d&#xE9;sirs, mais aussi &#xE0; tes peurs, loin de la pesanteur que ton corps voudrait fuir pour tenter un pas de danse sur la Lune. Corps sans visage, chapeau pench&#xE9; et mocassins plant&#xE9;s dans la lumi&#xE8;re, te voici d&#xE9;j&#xE0; statufi&#xE9; de ton vivant, toi qui t'es autoproclam&#xE9; "Roi de la pop" : effigie de marbre que ne saurait cacher plus longtemps la v&#xE9;locit&#xE9; de tes pas, trade-marque tayloris&#xE9;e, comme tes initiales entrelac&#xE9;es sur la pochette de l'album r&#xE9;tro <strong><em>History</em></strong>. Mais au del&#xE0; du taylorisme de la posture infiniment reconduite et modifi&#xE9;e, tu as sans doute voulu conna&#xEE;tre comme tant d'autres une gloire telle, qu'&#xE0; ce degr&#xE9; elle ne pouvait &#xEA;tre que posthume.<br/>
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En 1982, <strong><em>Thriller</em></strong> l'annon&#xE7;ait d&#xE9;j&#xE0;, au sens propre. D&#xE9;j&#xE0; dans l'entre-deux, entre deux masques, deux visages, tu &#xE9;tais mort. Mort d'une enfance expatri&#xE9;e sous le feu des projecteurs t&#xE9;l&#xE9;, cr&#xE9;ature terrifi&#xE9;e sous ses airs de d&#xE9;fi ; un mort-vivant avant l'heure, accompagn&#xE9; par la cohorte des monstres, vampires de l'image, de ces images envoy&#xE9;es depuis la nuit. Ton visage toujours changeant, toujours plus d&#xE9;fait, peut aussi se voir comme la chronique de cette mort annonc&#xE9;e mais toujours d&#xE9;j&#xE0; l&#xE0;. Roi de la Pop ? &#xE7;a ne fait aucun doute : tu es ta propre conscience pop, tu sais depuis longtemps que d&#xE9;j&#xE0; mort, tu ne peux plus mourir. Tragique grandeur du roi d&#xE9;chu, mais grandeur quand m&#xEA;me. A ce point, on est star pour toujours, on tra&#xEE;ne &#xE0; jamais son propre tombeau derri&#xE8;re soi. Tu as r&#xE9;ussi le grand &#xE9;cart ultime, celui que le clip de <strong><em>Thriller</em></strong> mettait en sc&#xE8;ne &#xE0; l'or&#xE9;e des ann&#xE9;es 80 : comme je te disais tout &#xE0; l'heure, &#xEA;tre v&#xE9;ritablement toi et ton propre spectateur. Tu n'appartiens pas plus au pass&#xE9;, &#xE0; ces ann&#xE9;es 80 qui t'ont vu na&#xEE;tre au monde de la grande distribution des images, qu'au pr&#xE9;sent qui voulait te d&#xE9;truire. Tu es d&#xE9;j&#xE0; dans l'ordre de l'Histoire du monde, ici et ailleurs, toi dont le tragique et la force, tout ensemble, te permettent n'&#xE9;tant plus ici de contempler ce que tu es par-dessus l'&#xE9;paule de tes fans, comme si tu assistais, dans la boucle infinie du temps, &#xE0; l'&#xE9;clat permanent de ta gloire. C'est enviable et terrible &#xE0; la fois.<br/>
<br/>
En 1982, sortait <strong><em>Videodrome</em></strong> de David Cronenberg. Le film disait : "longue vie &#xE0; la nouvelle chair". Il disait que l'&#xE2;ge &#xE9;tait r&#xE9;volu, o&#xF9; les images et les corps &#xE9;taient s&#xE9;par&#xE9;s par la repr&#xE9;sentation. Que d&#xE9;sormais, ils ne feraient plus qu'un. En 1982, Cronenberg &#xE9;tait ton proph&#xE8;te. Sans doute, <strong><em>Videodrome</em></strong> et <strong><em>Thriller</em></strong> furent deux balises importantes de cette ann&#xE9;e-l&#xE0;, quand le pop-corn et le Pop Art se donnaient la main pour un accouchement &#xE0; nul autre pareil : Fred Astaire tomb&#xE9; des &#xE9;toiles, ton corps &#xE9;lastique est venu au jour pour incarner cette nouvelle chair, promesse d'un monde terrifiant et beau. Comme toi.</p></div></content></entry><entry><title>House, ou le ma&#xEE;tre ignorant</title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/t233l233vision/docteur-schizo.html"/><id>http://intimedia.kaywa.com/t233l233vision/docteur-schizo.html</id><published>2009-04-24T12:29:13Z</published><updated>2009-04-24T12:29:13Z</updated><summary>&#xA0;
Il s&#x2019;agit de l&#x2019;&#xE9;pisode 19. Il s&#x2019;intitule &#xAB;&#xA0;Locked In&#xA0;&#xBB;, et se trouve dans la...</summary><author><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></author><contributor><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></contributor><content type="xhtml" xml:lang="fr"><div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p xmlns=""><font size="3"><font face="Times New Roman"><img src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2009/4/mob408_1240576447.jpg" border="0"/>&#xA0;</font></font></p>
<p xmlns=""><font size="3"><font face="Times New Roman">Il s&#x2019;agit de l&#x2019;&#xE9;pisode 19. Il s&#x2019;intitule &#xAB;&#xA0;Locked In&#xA0;&#xBB;, et se trouve dans la saison 5. Un homme appelle. L&#x2019;image est voil&#xE9;e, aux aguets, elle cherche &#xE0; faire le point et, n&#x2019;y parvenant pas, s&#x2019;affole de ne rien pouvoir fixer. Panique. L&#x2019;homme appelle, il ne fait que &#xE7;a. Personne ne lui r&#xE9;pond. Et puis quelqu&#x2019;un s&#x2019;approche et d&#x2019;un air d&#xE9;tach&#xE9; lui annonce que son c&#x153;ur sera parfait pour une transplantation. L&#x2019;homme ne comprends pas, il hurle qu&#x2019;il est vivant&#xA0;; alors une voix retentit pour lui donner raison. C&#x2019;est House qui a parl&#xE9;. Il traite le docteur en place d&#x2019;idiot, lui fait remarquer que le patient le suit des yeux, &#xAB;&#xA0;c&#x2019;est involontaire&#xA0;&#xBB;, r&#xE9;pond l&#x2019;autre avant de s&#x2019;en aller. &#xA0;House s&#x2019;approche</font></font><font size="3"><font face="Times New Roman">, il plante ses yeux dans le flou et c&#x2019;est comme si l&#x2019;image arrivait enfin &#xE0; faire le point&#xA0;: &#xAB;&#xA0;il y a un cas o&#xF9; le mouvement oculaire est volontaire, c&#x2019;est celui du <em>locked- in&#xA0;syndrome</em>. Clignez des yeux si vous pouvez m&#x2019;entendre&#xA0;&#xBB;. &#xAB;&#xA0;Oui&#xA0;&#xBB;, dit la voix tandis que l&#x2019;image se ferme pour se r&#xE9;v&#xE9;ler &#xE0; nouveau en son flou d&#xE9;sesp&#xE9;r&#xE9;. &#xAB;&#xA0;&#xC7;a va &#xEA;tre fun&#xA0;&#xBB;, annonce l&#x2019;homme aux yeux plant&#xE9;s en vous. G&#xE9;n&#xE9;rique.</font></font></p>
<p xmlns=""><font size="3"><font face="Times New Roman">C&#x2019;est pas beau comme d&#xE9;but &#xE7;a&#xA0;?&#xA0; Accident&#xE9; en moto, House se trouvait sur le lit d&#x2019;&#xE0; c&#xF4;t&#xE9;&#xA0;avec le coude s&#xE9;rieusement amoch&#xE9;. Le bon docteur assume depuis le d&#xE9;but cette position&#xA0;: c&#x2019;est son chemin de croix &#xE0; lui, qui est aussi pour lui un chemin de v&#xE9;rit&#xE9;. Il sait que pour &#xEA;tre le meilleur m&#xE9;decin <em>possible</em>, il doit aussi &#xEA;tre le meilleur patient <em>possible</em>&#xA0;: c&#x2019;est en quelque sorte la le&#xE7;on du <em>Ma&#xEE;tre ignorant</em> rapport&#xE9;e par Jacques Ranci&#xE8;re et qui postule la parfaite &#xE9;galit&#xE9; de toutes les intelligences. House est ignorant, et pourtant il enseigne &#xE0; ses patients comment lui donner la cl&#xE9;. Il fait confiance au corps pour &#xEA;tre le th&#xE9;&#xE2;tre de la v&#xE9;rit&#xE9;, hypoth&#xE8;se int&#xE9;ressante puisque le corps est aussi bien ici th&#xE9;&#xE2;tre de tous les artifices. C&#x2019;est pourquoi House a besoin de p&#xE9;n&#xE9;trer le corps du malade avec son raisonnement, d&#x2019;en r&#xE9;cup&#xE9;rer intimement les stigmates, de le comprendre, c&#x2019;est-&#xE0;-dire de parler la m&#xEA;me langue que lui. Qu&#x2019;est-ce donc que <em>parler la m&#xEA;me langue qu&#x2019;un corps</em>&#xA0;?</font></font></p>
<p xmlns=""><font size="3"><font face="Times New Roman">C&#x2019;est parler la langue de la douleur. Ce que dit le malade, postule House, n&#x2019;est jamais aussi vrai que lorsque la douleur commande. C&#x2019;est elle qui fait parler le corps, par elle le langage ne r&#xE9;pond qu&#x2019;&#xE0; l&#x2019;urgence, &#xE0; la n&#xE9;cessit&#xE9; de survivre. Il se donne &#xE0; nu, dans sa pure n&#xE9;cessit&#xE9;. Parfois simul&#xE9;e (on appelle cela un <em>Munchausen</em>), la douleur n&#x2019;est tenue pour vraie qu&#x2019;&#xE0; la condition du son ad&#xE9;quat au bout du st&#xE9;thoscope&#xA0;; il faut &#xEA;tre attentif &#xE0; ce qui, dans le th&#xE9;&#xE2;tre du corps, continue de jouer sa partition sans rencontrer l&#x2019;obstacle d&#x2019;une contradiction. Le langage &#xE0; nu du patient rencontre alors le langage d&#xE9;muni du m&#xE9;decin, ainsi renseign&#xE9; par une langue semblable &#xE0; la sienne, capable de parler &#xE0; un savoir que House ne cesse jamais de remettre en question en multipliant les hypoth&#xE8;ses. C&#x2019;est ce qui fait de House un magnifique personnage schizophr&#xE8;ne, litt&#xE9;ralement scind&#xE9; en deux par son positionnement&#xA0;: &#xE0; la fois m&#xE9;decin et patient, toujours attentif au plus petit d&#xE9;nominateur commun qui permette &#xE0; la communication de passer, malgr&#xE9; tout. &#xAB;&#xA0;&#xC7;a va &#xEA;tre fun&#xA0;&#xBB;&#xA0;: tu m&#x2019;&#xE9;tonnes.</font></font></p>
<p xmlns=""><font size="3"><font face="Times New Roman">Avec ce cas de <em>locked- in syndrome</em>, il obtient ce qu&#x2019;il voulait depuis le d&#xE9;but&#xA0;: un corps &#xE0; qui il ne reste que &#xE7;a, le plus petit d&#xE9;nominateur commun&#xA0;: d&#x2019;&#x153;il &#xE0; &#x153;il, ainsi va d&#xE9;marrer le dialogue entre le patient admiratif et son ma&#xEE;tre impos&#xE9;, jugeant que la gu&#xE9;rison n&#x2019;est pas impossible tant que rien n&#x2019;a &#xE9;t&#xE9; tent&#xE9; pour remonter &#xE0; la source du probl&#xE8;me. L&#x2019;&#xE9;pisode suit alors son cours sid&#xE9;rant, doubl&#xE9; d&#x2019;une histoire en apparence secondaire&#xA0;: et comment ne pas l&#x2019;&#xEA;tre, compar&#xE9;e &#xE0; pareil point de d&#xE9;part&#x2026; L&#x2019;&#xE9;pisode n&#x2019;est d&#x2019;abord vu que par les yeux du malade, qui interpr&#xE8;te comme nous les diff&#xE9;rentiels de l&#x2019;&#xE9;quipe de House, apprenant &#xE0; conna&#xEE;tre chacun d&#x2019;entre eux. Puis lorsque le syst&#xE8;me se bloque, que la communication est rompue, c&#x2019;est de nouveau le point de vue de House et des autres qui prend le dessus, dans un contrechamp qui r&#xE9;active le personnage du malade sans que nous n&#x2019;ayons plus acc&#xE8;s &#xE0; lui. Sentiment de violence apr&#xE8;s une plong&#xE9;e intime dans ce corps, dont nous voici expuls&#xE9;s sans m&#xE9;nagement. Difficile dans ce cas de s&#x2019;int&#xE9;resser aux chamailleries de House et de Wilson (il est question de savoir pourquoi House a eu son accident dans le Maryland et non pas dans les environs de Boston). Seule compte la possibilit&#xE9; de se reconnecter &#xE0; cet homme dont le corps nous a &#xE9;t&#xE9; offert, dans la plus pure tradition du m&#xE9;lodrame empathique (on pense surtout au terrifiant <em>Johnny Got His Gun</em> de Dalton Trumbo, plong&#xE9;e dans l&#x2019;univers mental d&#x2019;un soldat de la guerre de 14 transform&#xE9; en homme-tronc par un obus). L&#x2019;histoire arrive &#xE0; son terme lorsque de cette affaire secondaire nous est donn&#xE9;e la conclusion&#xA0;: House va voir un psy. Lorsqu&#x2019;il apprend que Wilson l&#x2019;a d&#xE9;couvert, il lui annonce qu&#x2019;il arr&#xEA;te de toute fa&#xE7;on. &#xAB;&#xA0;Parce que &#xE7;a ne marche pas&#xA0;&#xBB;. Wilson le regarde, contrechamp en vue subjective de House&#xA0;: l&#x2019;image devient floue, pareille &#xE0; celle qui signait le point de vue du malade, et la voix de Wilson retentit&#xA0;: &#xAB;&#xA0;tu finiras seul&#xA0;&#xBB; ass&#xE8;ne-t-il.</font></font></p>
<font xmlns="" size="3"><font face="Times New Roman"><em>Out of focus</em>, cette mani&#xE8;re qu&#x2019;&#xE0; le plan de renvoyer House &#xE0; sa schizophr&#xE9;nie, seul et inatteignable dans la nuit floue de son propre syndrome, enferm&#xE9; dans la carapace de son personnage, permet au m&#xE9;decin de faire corps avec le malade, de le rejoindre dans sa solitude, sous sa carapace de douleur. Par une absolue (car involontaire) empathie, un corps qui faisait barri&#xE8;re s&#x2019;ouvre &#xE0; pr&#xE9;sent pour le spectateur. Ou comment en un seul plan, par cette id&#xE9;e g&#xE9;niale et simple, la s&#xE9;rie de David Shore et Brian Singer arrive enfin au c&#x153;ur de House&#xA0;: s&#x2019;il souffre, ce n&#x2019;est pas seulement dans son corps. Il semblerait que son <em>&#xE2;me</em> aussi soit damn&#xE9;e.<br/></font></font><img width="80" height="60" border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2009/4/80/mob408_1240576447.jpg"/></div></content></entry><entry><title>And the best of the year is...</title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/and-the-best-of-the-year-is.html"/><id>http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/and-the-best-of-the-year-is.html</id><published>2008-12-31T16:52:37Z</published><updated>2008-12-31T16:52:37Z</updated><summary>
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1. Speed Racer (Andy et Larry Wachowski)
2. Two Lovers (James Gray)
3. Les Bureaux de dieu (Claire Simon)
4. Les...</summary><author><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></author><contributor><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></contributor><content type="xhtml" xml:lang="fr"><div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p xmlns=""><img src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2008/12/mob396_1230742847.jpg" border="0"/><img src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2008/12/mob400_1230743075.jpg" border="0"/><img src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2008/12/mob398_1230742945.jpg" border="0"/><img src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2008/12/mob401_1230743096.jpg" border="0"/><img src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2008/12/mob402_1230743114.jpg" border="0"/><img height="146" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2008/12/mob403_1230743131.jpg" width="217" border="0"/><img src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2008/12/mob404_1230743155.jpg" border="0"/><img src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2008/12/mob405_1230743171.jpg" border="0"/><img style="width: 231px; height: 174px" height="174" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2008/12/mob406_1230743185.jpg" width="231" border="0"/><img style="width: 203px; height: 173px" height="173" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2008/12/mob407_1230743221.jpg" width="203" border="0"/></p>
<p xmlns="">&#xA0;</p>
<p xmlns=""><strong>1. Speed Racer (Andy et Larry Wachowski)</strong></p>
<p xmlns=""><strong>2. Two Lovers (James Gray)</strong></p>
<p xmlns=""><strong>3. Les Bureaux de dieu (Claire Simon)</strong></p>
<p xmlns=""><strong>4. Les Plages d'Agn&#xE8;s (Agn&#xE8;s Varda)</strong></p>
<p xmlns=""><strong>5. Step Brothers (Adam Mc Kay)</strong></p>
<p xmlns=""><strong>6. Dernier Maquis (Rabah Ameur Zame&#xEF;che)</strong></p>
<p xmlns=""><strong>7. Walk Hard : The Dewey Cox Story (Jake Kasdan)</strong></p>
<p xmlns=""><strong>8. La Fronti&#xE8;re de l'aube (Philippe Garrel)</strong></p>
<p xmlns=""><strong>9. Quantum Of Solace (Marc Forster)</strong></p>
<p xmlns=""><strong>10. Valse avec Bashir (Ari Folman)</strong></p>
<p xmlns="">&#xA0;</p></div></content></entry><entry><title>L'Homme sans (vis)age</title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/lhomme-sans-visage.html"/><id>http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/lhomme-sans-visage.html</id><published>2008-11-11T11:20:07Z</published><updated>2008-11-11T11:20:07Z</updated><summary>
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Walk Hard : The Dewey Cox Story
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Dans le plus beau film produit par Judd Apatow, Walk Hard : The Dewey...</summary><author><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></author><contributor><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></contributor><content type="xhtml" xml:lang="fr"><div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal"><strong><em><span style="font-family: Garamond"><img width="440" height="242" border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2008/11/mob394_1226402732.jpg"/></span></em></strong></p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal"><strong><em>Walk Hard : The Dewey Cox Story</em></strong></p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">Dans le plus beau film produit par Judd Apatow<em>, Walk Hard : The Dewey Cox Story</em>, un genre bien particulier de comique semble s&#xE9;rieusement mis &#xE0; mal : la <strong>parodie</strong>, que Mike Myers avait d&#xE9;j&#xE0; brillamment invers&#xE9;e dans le g&#xE9;n&#xE9;rique d&#x2019;<em>Austin Powers in Goldmember</em>, o&#xF9; ce n&#x2019;&#xE9;tait plus Myers qui parodiait Tom Cruise, mais l&#x2019;inverse. C&#x2019;&#xE9;tait alors un v&#xE9;ritable bouleversement dans la repr&#xE9;sentation, une mani&#xE8;re de faire &#xE9;clater la parodie sous le poids du faux. Mais alors, on ne demandait pas de croire, le doute n&#x2019;&#xE9;tait pas encore permis par une crise qui allait entre temps faire resurgir l&#x2019;&#xE9;ternelle question de l&#x2019;identit&#xE9; dans le cin&#xE9;ma am&#xE9;ricain. Ici, le film choisit de suivre la trame narrative de <em>Walk The Line,</em> &#xE0; charge pour le film d&#x2019;inventer un Johnny Cash plus vrai que nature : John C. Reilly interpr&#xE8;te le r&#xF4;le sachant tr&#xE8;s bien qu&#x2019;il ne lui ressemble pas du tout, et for&#xE7;ant cette dissemblance jusqu&#x2019;&#xE0; l&#x2019;absurde : l&#x2019;acteur (43 ans) est Cash (sans l&#x2019;&#xEA;tre vraiment : il s&#x2019;appelle Dewey Cox) de sa fuite du domicile familial &#xE0; l&#x2019;&#xE2;ge de 14 ans jusqu&#x2019;&#xE0; l&#x2019;ultime infarctus, offert ici sur la sc&#xE8;ne d&#x2019;un retour. M&#xEA;me si peu &#xE0; peu, le maquillage fait son apparition, le film demande d&#x2019;abord &#xE0; ses spectateurs de croire &#xAB; pour de rire &#xBB;, c&#x2019;est-&#xE0;-dire de croire vraiment. Reilly sera donc Cash/Cox &#xE0; 14 ans un peu comme Robin Williams pouvait jouer un enfant de 10 ans vieilli pr&#xE9;matur&#xE9;ment dans le beau <em>Jack</em> de Coppola. C&#x2019;est ici qu&#x2019;il faut le dire : John C. Reilly est grand.</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">Le visage poupin de l&#x2019;acteur lui sert &#xE9;videmment de b&#xE9;quille pour pareil r&#xF4;le, mani&#xE8;re d&#x2019;y faire jouer plus facilement les mimiques de l&#x2019;enfance. Mais c&#x2019;est un visage qui dispara&#xEE;t peu &#xE0; peu au gr&#xE9; des transformations que le film impose : car Reilly n&#x2019;est pas seulement Cash, c&#x2019;est le biopic contemporain dans son entier qui est parodi&#xE9; ici. Une fois la mutation op&#xE9;r&#xE9;e en Johnny Cash, c&#x2019;est au tour de Dylan de faire son apparition sous les traits de l&#x2019;acteur. Qui a soin de pr&#xE9;ciser au journaliste qui l&#x2019;interroge : &#xAB; personne n&#x2019;imagine une seule seconde que c&#x2019;est Dylan qui ait pu me copier ? &#xBB; Et voici que sans &#xEA;tre vraiment Dylan, Dewey Cox appara&#xEE;t comme le seul vrai Dylan, voici que la copie a supplant&#xE9; l&#x2019;original, comme chez Eustache dans ces ann&#xE9;es 70 visit&#xE9;es par le film (cf. <em>Une sale histoire</em>, et le jugement sans appel de <em>La Maman</em> <em>et la putain</em> ). De la m&#xEA;me mani&#xE8;re, Blake &#xE9;tait et n&#x2019;&#xE9;tait pas Kurt Cobain dans <em>Last Days</em> de Gus Van Sant, son essence et un autre, o&#xF9; l&#x2019;on voit que <em>Walk Hard</em> fraye ici avec des territoires autrement plus contemporains que le poussi&#xE9;reux biopic de Curtis Hanson. En cela, la parodie n&#x2019;a pas tant pour objet <em>Walk The Line</em> qui n&#x2019;en est que l&#x2019;habillage narratif : son profond mod&#xE8;le, c&#x2019;est d&#x2019;abord <em>I&#x2019;m Not There</em>, le beau film probl&#xE9;matique de Todd Haynes. Mais le film inverse et sans doute d&#xE9;passe la proposition de Haynes : un seul corps pour plusieurs personnages, et chaque fois la m&#xEA;me demande de croire &#xE0; cette incarnation arbitraire. Tr&#xE8;s vite, cette mobilit&#xE9; de la croyance pour un m&#xEA;me visage le fait comme dispara&#xEE;tre sous le poids mythologique de ses diff&#xE9;rentes incarnations (Cash, Dylan, Morrison, et m&#xEA;me Charden), parfois tr&#xE8;s br&#xE8;ves.</p>
(<strong xmlns="">http://www.youtube.com/watch?v=wMPmimxDTsQ</strong>)
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">Aussi le film ne s&#x2019;en contente pas, et demande &#xE0; d&#x2019;autres corps, tout aussi improbables, d&#x2019;assumer la repr&#xE9;sentation de personnages c&#xE9;l&#xE8;bres, au hasard : les Beatles en stage chez le Maharishi (et il faut croire vraiment si l&#x2019;on veut voir en Jack Black un interpr&#xE8;te convaincant de Mac Cartney). A quoi tient cette identification permanente ? Au langage, et &#xE0; sa puissance de d&#xE9;cision tautologique : tu es Mac Cartney, parce que tu es Mac Cartney, tr&#xE8;s bien, c&#x2019;est comme &#xE7;a. Chacun insiste de fait sur l&#x2019;&#xE9;tat civil complet et le CV de chacun, moi &#xAB; John Lennon des Beatles &#xBB;, ou &#xAB; nous, les Beatles de Liverpool &#xBB;, ou encore &#xAB; salut Patrick Duffy de <em>Dallas</em> ! &#xBB; une fois advenues les ann&#xE9;es 80 (incarn&#xE9; au passage par le vrai Patrick Duffy, qui par ricochet devient sa propre doublure, enferm&#xE9; dans son personnage). Cette mani&#xE8;re que chacun a de redoubler une repr&#xE9;sentation erron&#xE9;e par un commentaire qui vient la justifier, de s&#x2019;affirmer par le seul nom que le film leur octroie au hasard, vaut mieux que les postiches elles-m&#xEA;mes. Car ils n&#x2019;ont nul besoin de masque, seul le nom suffit, qui les transforme et les r&#xE9;v&#xE8;le. Cette pens&#xE9;e magique qui fait advenir en m&#xEA;me temps l&#x2019;identit&#xE9; et sa repr&#xE9;sentation, c&#x2019;est celle qui donne la pr&#xE9;&#xE9;minence aux mots dans un monde qui n&#x2019;a pour r&#xE9;f&#xE9;rence directe que l&#x2019;image. Dire le nom d&#x2019;un personnage suffit ici &#xE0; le faire exister &#xE0; nos yeux.</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">Belle id&#xE9;e, &#xE9;galement, que de faire na&#xEE;tre un destin sur la base des seules conversations qui &#xE9;maillent le film : c&#x2019;est souvent lors de ses disputes avec sa femme que Cox, au d&#xE9;tour d&#x2019;une formule, trouve l&#x2019;inspiration. Laquelle ne passe pas par la musique mais par la parole, soit le titre d&#x2019;une chanson pos&#xE9; par hasard, parmi le langage quotidien, les d&#xE9;tours de la conversation. Ainsi, les musiciens du film sont tous visit&#xE9;s par les morceaux qu&#x2019;ils vont &#xE9;crire, non pas musicalement d&#x2019;abord, mais d&#x2019;abord par le langage, voir Lennon qui plut&#xF4;t que le naturel &#xAB; I guess &#xBB; pr&#xE9;f&#xE8;re &#xAB; I Imagine &#xBB;, ou George Harrison, qui devise tandis que son sitar weepse gentiment.</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">(<strong>http://www.youtube.com/watch?v=OALGSvv7EBM</strong>)</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">Mais revenons &#xE0; Dylan, car ici le film cristallise &#xE0; la suite de Myers une inversion parodique qui nous semble essentielle : jusqu&#x2019;alors, la parodie demandait non pas de croire, mais au contraire d&#x2019;afficher une distance bien comprise entre le mod&#xE8;le et sa transformation grotesque. Un comique d&#x2019;initi&#xE9;s, quand bien m&#xEA;me ceux-l&#xE0; seraient le plus grand nombre (cf. l&#x2019;&#xE9;puisement ad nauseam de la parodie type &#xAB; Zucker-Abraham-Zucker &#xBB; ou Scary Movie). Ici, c&#x2019;est le mod&#xE8;le qui fait retour dans la parodie, une mani&#xE8;re de le retrouver intact, comme r&#xE9;duit &#xE0; lui-m&#xEA;me, par le jeu d&#x2019;une croyance arbitraire. Ce n&#x2019;est plus la distance qui est demand&#xE9;e au spectateur, &#xE0; la limite son savoir n&#x2019;est m&#xEA;me plus r&#xE9;quisitionn&#xE9;, seule compte la reformulation comique qui est aussi un d&#xE9;nuement de la figure d&#x2019;origine. Ecoutez Dewey Cox : il sera bien temps, &#xE0; sa suite et pour ceux qui ne le conna&#xEE;traient pas, de d&#xE9;couvrir Dylan.</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt" class="MsoNormal"/></div></content></entry><entry><title>Nouveau manifeste ?</title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/t233l233vision/nouveau-manifeste-.html"/><id>http://intimedia.kaywa.com/t233l233vision/nouveau-manifeste-.html</id><published>2008-10-03T21:35:22Z</published><updated>2008-10-03T21:35:22Z</updated><summary>&#xA0;
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Gossip Girl, c&#x2019;est d&#x2019;abord l&#x2019;histoire d&#x2019;une mutation. Autrefois, la voix-off de...</summary><author><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></author><contributor><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></contributor><content type="xhtml" xml:lang="fr"><div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">&#xA0;<img border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2008/10/mob393_1223069855.jpg"/></p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal"><em>Gossip Girl</em>, c&#x2019;est d&#x2019;abord l&#x2019;histoire d&#x2019;une mutation. Autrefois, la voix-off de Carrie Bradshaw dans <em>Sex And The City</em> avait la mesure ample des voix narratives qui font les grands r&#xE9;cits&#xA0;: la s&#xE9;rie avait fait sien l&#x2019;&#xE9;tonnement proustien des &#xAB;&#xA0;intermittences du c&#x153;ur&#xA0;&#xBB;, cette mani&#xE8;re que les sentiments ont de s&#x2019;oublier dans le temps, pour rena&#xEE;tre ailleurs, plus tard, avec la m&#xEA;me intensit&#xE9; aupr&#xE8;s d&#x2019;une personne toute diff&#xE9;rente. Ce travail du deuil amoureux, cette lente progression du temps, se d&#xE9;ployait saison apr&#xE8;s saison, faisait et d&#xE9;faisait les couples pour les plonger progressivement dans l&#x2019;oubli. Un oubli que nous savions bien, concernant Carrie Bradshaw, jamais d&#xE9;finitif&#x2026; C&#x2019;est ce qu&#x2019;il y avait de tr&#xE8;s beau dans la s&#xE9;rie, ce temps laiss&#xE9; &#xE0; l&#x2019;intermittence des sentiments, et qui permettait de voir en Carrie le seul personnage v&#xE9;ritablement romanesque de cette histoire, condamn&#xE9;e &#xE0; devoir r&#xE9;activer le mythe du seul et unique amour.</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">D&#x2019;o&#xF9; vient, alors, cette &#xE9;paisseur imm&#xE9;diate que <em>Gossip Girl</em> conf&#xE8;re &#xE0; son h&#xE9;ro&#xEF;ne, la tr&#xE8;s intrigante Serena&#xA0;? Car du temps, le nouveau manifeste &#xAB;&#xA0;girly&#xA0;&#xBB; de la fin des ann&#xE9;es 2000 n&#x2019;en fait que peu de cas. Ce serait m&#xEA;me plut&#xF4;t l&#x2019;inverse&#xA0;: ici, tout se sait dans la seconde o&#xF9; les &#xE9;v&#xE8;nements se produisent, chacun est &#xE0; l&#x2019;aff&#xFB;t des nouveaux potins, portable &#xE0; la main, SMS au bout des doigts. Le r&#xE9;cit ne joue plus la longueur, il carbure d&#xE9;sormais au commentaire permanent, aux bifurcations intempestives, sans cesse relanc&#xE9; par divers t&#xE9;moins dont on sait d&#xE8;s l&#x2019;&#xE9;pisode pilote qu&#x2019;ils alimentent le blog d&#x2019;un myst&#xE9;rieuse narratrice. Les secrets s&#x2019;y d&#xE9;voilent au gr&#xE9; des jalousies et des t&#xE9;l&#xE9;phones portables, nul, parmi les gosses hupp&#xE9;s de l&#x2019;Upper East Side, ne peut rester &#xE0; couvert, &#xE0; moins de savoir se faire oublier, ce qui est &#xE9;galement impossible&#xA0;: une fois fabriqu&#xE9;e, la l&#xE9;gende porte pour toujours son fardeau, la <em>repr&#xE9;sentation</em>.</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">Les parents tiennent les ficelles d&#x2019;une main de fer en fonction de leurs int&#xE9;r&#xEA;ts financiers, tandis que leurs enfants tentent, parfois, d&#x2019;&#xE9;chapper &#xE0; leur condition&#xA0;: sc&#xE9;nario connu, en particulier celui de la &#xAB;&#xA0;pauvre petite fille riche&#xA0;&#xBB; qui pourtant se renouvelle totalement dans le personnage de Serena. Parce qu&#x2019;elle n&#x2019;existe qu&#x2019;&#xE0; peine sinon pour nous, parce qu&#x2019;elle est pour tous ses cong&#xE9;n&#xE8;res, un <em>personnage</em>, pr&#xE9;cis&#xE9;ment. Nous la savons chang&#xE9;e quand tous les autres, depuis son retour parmi eux apr&#xE8;s une longue absence forc&#xE9;e, ne cessent d&#x2019;y voir l&#x2019;intrigante qu&#x2019;elle fut. D&#xE8;s son arriv&#xE9;e &#xE0; la gare de Grand Central, la fiction a d&#xE9;j&#xE0; commenc&#xE9;, tous savent d&#xE9;j&#xE0; qu&#x2019;elle est de retour, et se demandent pourquoi. Nous avec, et c&#x2019;est d&#xE9;j&#xE0; tr&#xE8;s beau&#xA0;: Serena sort d&#x2019;une ellipse, d&#x2019;un bout de temps qui manque, au sens propre. Nul ne sait ce qu&#x2019;elle a fait en pension, ce qu&#x2019;elle a pu devenir sous sa beaut&#xE9; permanente, et c&#x2019;est bien ce <em>temps qui manque</em> qui fait l&#x2019;&#xE9;paisseur de Serena, sa pr&#xE9;sence romanesque, en fait la petite s&#x153;ur de Carrie Bradshaw. Du temps qui manque pour nous, mais aussi pour tous les autres personnages, enferm&#xE9;s dans leurs propres fictions, dans l&#x2019;instantan&#xE9; d&#x2019;une narration qui fonctionne comme du reportage, du <em>direct</em>. Si Serena nous touche tant, c&#x2019;est qu&#x2019;elle persiste &#xE0; vouloir se cacher quand tout la pousse &#xE0; se montrer pourtant, &#xE0; ne jamais &#xEA;tre l&#xE0; o&#xF9; il faut, jamais au bon moment. Personne ne l&#x2019;a oubli&#xE9;e, c&#x2019;est son probl&#xE8;me, et sa beaut&#xE9; jadis fatale, sa mal&#xE9;diction. Voici une h&#xE9;ro&#xEF;ne &#xE0; contretemps, qui porte son poids de pass&#xE9; (son absence), au milieu d&#x2019;un monde tout entier d&#xE9;vou&#xE9; &#xE0; l&#x2019;instant.</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">Impressionne d&#x2019;abord cette vitesse d&#x2019;ex&#xE9;cution, qui argue bien d&#x2019;une mutation&#xA0;: internet, portable, tous les nouveaux modes de production et de diffusion des images, cette mani&#xE8;re qu&#x2019;&#xE0; l&#x2019;opinion d&#x2019;investir l&#x2019;espace m&#xE9;diatique, cette rapidit&#xE9; exponentielle (et peu s&#xFB;re) de l&#x2019;information, tout cela vient dans <em>Gossip Girl</em> relancer la machine narrative pour lui donner des allures de nouveau manifeste teen &#xE0; l&#x2019;&#xE8;re de &#xAB;&#xA0;You Tube&#xA0;&#xBB;. Ici, le deuil des amours ou des fautes pass&#xE9;es est impossible, simplement parce que le temps manque pour le faire&#xA0;: pas de temps, pas d&#x2019;oubli. Le d&#xE9;voilement du secret, l&#x2019;instant de la r&#xE9;v&#xE9;lation, r&#xE9;activent certes les histoires pass&#xE9;es, mais &#xE0; partir du point o&#xF9; elles en &#xE9;taient rest&#xE9;es&#xA0;: parce que le temps qui passe n&#x2019;est pas pris en compte, le pass&#xE9; ne s&#x2019;oublie pas, c&#x2019;est un background permanent, un fant&#xF4;me embusqu&#xE9; pr&#xEA;t &#xE0; surgir des alc&#xF4;ves sur tous les t&#xE9;l&#xE9;phones portables. De sorte que la s&#xE9;rie organise le temps en faisant du pass&#xE9; <em>comme si c&#x2019;&#xE9;tait hier</em>.</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">&#xA0;</p>
<p xmlns="" style="text-align: justify" class="MsoNormal">Pourtant, c&#x2019;est son beau paradoxe, <em>Gossip Girl</em> r&#xE9;active le roman balzacien comme <em>Les Liaisons dangereuses</em>, le romanesque au long court et l&#x2019;&#xE9;p&#xEE;tre assassine. Comme Carrie, Serena se r&#xEA;ve seule princesse au pays des duchesses, rien n&#x2019;a chang&#xE9;, &#xE0; Guermantes comme ailleurs. Elle prend en charge une &#xE9;paisseur, une <em>dur&#xE9;e</em> qui fait d&#xE9;faut &#xE0; tous ceux dont l&#x2019;apparence s&#x2019;est fig&#xE9;e dans la pose, command&#xE9;e par leur statut social. C&#x2019;est peut-&#xEA;tre l&#xE0; que se devine une nostalgie, chez les teens des temps nouveaux&#xA0;: l&#x2019;envie de jouer aux amours litt&#xE9;raires parmi le vacarme des textos. &#xA0;</p></div></content></entry><entry><title>D'entre ces murs</title><link rel="alternate" type="text/html" href="http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/de-linterieur.html"/><id>http://intimedia.kaywa.com/cin233ma/de-linterieur.html</id><published>2008-09-24T12:48:24Z</published><updated>2008-09-24T12:48:24Z</updated><summary>
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Entre les murs, de Laurent Cantet.

C'&#xE9;tait un choix finalement assez casse-gueule, quand on y pense. Faire tenir...</summary><author><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></author><contributor><name>S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict</name></contributor><content type="xhtml" xml:lang="fr"><div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p xmlns=""><img width="193" height="291" border="0" src="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2008/9/mob392_1222269874.jpg"/></p>
<p xmlns="">&#xA0;</p>
<p xmlns=""><strong><em>Entre les murs</em></strong>, de Laurent Cantet.</p>
<p xmlns=""><br/>
C'&#xE9;tait un choix finalement assez casse-gueule, quand on y pense. Faire tenir ainsi un film entre quatre murs, pour ne pas faire mentir le titre (et le programme) du roman de B&#xE9;gaudeau, c'&#xE9;tait risqu&#xE9;. Au d&#xE9;but on se dit bon, c'est du nanan, exp&#xE9;rience r&#xE9;elle de prof qui joue r&#xE9;ellement son r&#xF4;le apr&#xE8;s en avoir d&#xE9;j&#xE0; r&#xE9;ellement pr&#xE9;lev&#xE9; la s&#xE8;ve r&#xE9;aliste depuis sa classe jusqu'aux premi&#xE8;re pages de son livre plus casting r&#xE9;ussi d'&#xE9;l&#xE8;ves r&#xE9;els et de profs r&#xE9;els itou &#xE9;gal autoroute th&#xE9;orique (le frisson de la friction de la fiction et du documentaire - j'ai entendu "<em>Loft Story</em>" au fond de la classe ! qui a dit &#xE7;a ?) et politique ("enfin un film qui va cr&#xE9;er du d&#xE9;bat sur notre &#xE9;cole", c'est une cause nationale !), bref, boulevard critique (en gros : le film que tout le monde va aimer aimer). Et puis on se dit foin d'autoroute ou de boulevard, voil&#xE0; bien un type, Cantet, qui se pose quand m&#xEA;me les bonnes questions. D&#xE9;j&#xE0;, il s'en pose, ce qui n'est pas si mal par les temps qui courent. Il se demande s&#xFB;rement, par exemple, ce qu'il faut faire de Bazin aujourd'hui : quoi faire maintenant que le montage num&#xE9;rique a rendu le plan-s&#xE9;quence &#xE0; son obsolescence, lui qui jadis faisait preuve (Godard) ou valait foi (Bazin) ? Que devient l'enregistrement dans tout &#xE7;a ? Je veux dire, lui seul ? A-t-il encore ce m&#xEA;me pouvoir de sid&#xE9;ration qu'autrefois ? Il y peut encore quelque chose, &#xE0; vouloir ainsi chopper le r&#xE9;el par la peau des regards ? Quelqu'un a vu <em>Speed Racer</em> ?</p>
<p xmlns="">Et ces questions (elles ou d'autres, c'est sa <em>pratique</em> qui questionne), Cantet leur a donn&#xE9; une r&#xE9;ponse : il s'agit pour lui de coller au plus pr&#xE8;s de ce qu'il filme, tr&#xE8;s concr&#xE8;tement, de <em>mettre ses plans en bo&#xEE;te</em>. En donnant &#xE0; chaque cadre une armature de fer. C'est &#xE7;a qui frappe tr&#xE8;s vite : &#xE0; trop coller l'objectif sur le r&#xE9;el, comme si on avait peur qu'entre le filmeur et le film&#xE9; une magie num&#xE9;rique arrive &#xE0; s'introduire, comme si l'on s'ent&#xEA;tait &#xE0; dire que le plan-s&#xE9;quence demeure la derni&#xE8;re ressource dont dispose encore le cin&#xE9;ma d'hier pour mourir en ce si&#xE8;cle (bel et triste ent&#xEA;tement), &#xE0; se rapprocher ainsi, pour plonger dans les regards de l'autre (avec l'Autre en perspective), on court un gros risque. C'est que le "A" majuscule de l'autre ne s'obtient pas facilement. Et surtout pas ainsi. L'<em>alien</em> a besoin de temps pour &#xEA;tre appr&#xE9;hend&#xE9;, il faut <em>en faire le tour</em>. En d'autres termes, il faut que, comme &#xE0; la t&#xE9;l&#xE9;, <em>&#xE7;a circule</em>. Comme &#xE0; la t&#xE9;l&#xE9; justement : appr&#xE9;hender l'&#xE9;cole (vaste programme, trop vaste pour le film qui n'en a pas fait son sujet (pas fou), mais programme tout de m&#xEA;me), celle-ci en a &#xE9;t&#xE9; seule capable jusqu'&#xE0; pr&#xE9;sent. A deux reprises, avec <em>La Loi du coll&#xE8;ge</em> puis <em>Ma terminale</em>, respectivement sur France 3 et M6, deux s&#xE9;ries se sont empar&#xE9;es, l'une par le biais du documentaire, l'autre par celui de la fiction, de cette <em>dur&#xE9;e</em> inh&#xE9;rente &#xE0; l'ann&#xE9;e scolaire, cette m&#xEA;me dur&#xE9;e que B&#xE9;gaudeau avait choisi de tenir avec son roman, d&#xE9;coup&#xE9; sur le mod&#xE8;le du temps scolaire, qui est le m&#xEA;me pour le prof comme pour l'&#xE9;l&#xE8;ve : le temps s'y distribue parmi les vacances essaim&#xE9;es dans l'ann&#xE9;e.</p>
<p xmlns="">Ce probl&#xE8;me de dur&#xE9;e &#xE9;quivaut au probl&#xE8;me d'espace cit&#xE9; plus haut, car &#xE0; trop trancher dans le champ du r&#xE9;el, par une coupure trop nette du cadre, on se contraint &#xE0; ramasser le film, qui appelle trop la contemplation pour chacun de ses plans : ainsi, ce qui vaut pour de courtes unit&#xE9;s de temps (les plan-s&#xE9;quences) ne peux s'en ressentir sur le film entier, qui autrement se nourrirait de toute cette soucieuse contemplation pour devenir lui-m&#xEA;me infiniment contemplatif (ce qui donnerait &#xE0; coup s&#xFB;r un tr&#xE8;s beau film : <em>Elephant</em>) ; bref, incompatible avec le projet d'un vrai film pour un hypoth&#xE9;tique retour des <em>Dossiers de l'&#xE9;cran</em>, projet qui est grosso modo celui de Cantet et B&#xE9;gaudeau : qu'on ne s'&#xE9;tonne pas si le film ouvre un d&#xE9;bat, il est fait pour que ce d&#xE9;bat ait lieu, et surtout qu'il ait lieu <em>hors-sujet, c'est-&#xE0;-dire hors du film.</em> Voil&#xE0; un film bien &#xE9;trange alors, que l'on peut appr&#xE9;hender de deux mani&#xE8;res.</p>
<p xmlns="">1) Comme un film humble, qui se contenterait de poser les (bonnes) questions, de montrer les choses, l&#xE0;, tout de suite, comme elles sont. Apr&#xE8;s, &#xE0; vous de voir, chers spectateurs, qui &#xEA;tes aussi des citoyens, etc. Un film qui s'efface de lui-m&#xEA;me sous les discours qu'il ne manquera pas de susciter.</p>
<p xmlns="">2) Comme un film moins sympathique qu'il n'y para&#xEE;t. Un film qui tient &#xE0; sa raideur pour ne pas manquer une miette alors m&#xEA;me que c'est de temps qu'il manque : Cantet creuse dans son r&#xE9;cit, dans cette ann&#xE9;e scolaire, de profondes ellipses qui emp&#xEA;chent le film d'&#xEA;tre aussi contemplatif que ses sc&#xE8;nes, parfois, le sont. Blocs de temps &#xE9;gar&#xE9;s dans cette ann&#xE9;e ramass&#xE9;e, rien ne vient, comme chaque fois myst&#xE9;rieusement chez Pialat, faire <em>lien</em>. Exemplairement chez Pialat, pour rester chez les r&#xE9;alistes, la sc&#xE8;ne de la dalle qui retombe sur le pied de la logeuse juste apr&#xE8;s la mort de <em>Van Gogh</em>, cette mani&#xE8;re de dire que la vie continue et de filmer <em>&#xE7;a</em>, concr&#xE8;tement, cette vie qui continue pendant que le plus grand peintre du XIX&#xE8;me si&#xE8;cle vient de nous quitter. Voil&#xE0; comment cr&#xE9;er du lien, quelque chose qui seul sait faire tenir ensemble des blocs de temps disparates : de la vie, du <em>vivant</em>. Mais d'entre ces murs rien ne sourd qui ne soit pas senti, &#xE9;crit, sc&#xE9;naris&#xE9; pour ne faire <em>que</em> poser le probl&#xE8;me, avec le ravissement de savoir que c'est d&#xE9;j&#xE0; beaucoup. Dans ce cas le film manque son objet puisqu'il n'en a plus.</p>
<p xmlns=""><br/>
En t&#xE9;moigne la sc&#xE8;ne idoine, qui est pourtant ici compl&#xE8;tement rat&#xE9;e : on vient d'annoncer que la m&#xE8;re du petit Wei, un brillant &#xE9;l&#xE8;ve de la classe de Fran&#xE7;ois Marin, notre h&#xE9;ros, a &#xE9;t&#xE9; arr&#xEA;t&#xE9;e et qu'elle va &#xEA;tre expuls&#xE9;e vers la Chine. Bon. Silence pesant, questions g&#xEA;n&#xE9;es. Et puis une prof se l&#xE8;ve, balbutie qu'elle ne devrait pas mais que bon... c'est pas le moment... l&#xE0;... Mais bon voil&#xE0;... je suis enceinte ! dit-elle avant de faire d&#xE9;boucher une bouteille de champagne : f&#xE9;licitations ! lui r&#xE9;pond-on du fond de la salle, et puis les verres trinquent, &#xE7;a n'est pas oubli&#xE9; non, c'est juste que la vie continue. Sauf que la vie coince ici, elle coince par un trop d'application, toujours cette raideur du plan en face d'un sujet raide : c'est du lourd &#xE7;a, du sacr&#xE9; sujet de soci&#xE9;t&#xE9;, au c&#x153;ur de la discorde politique, d&#xE9;j&#xE0; d&#xE9;bat national. Alors que voulez vous que la vie continue apr&#xE8;s &#xE7;a ?</p>
<p xmlns="">Le prof qui craque, les discussion sur la valeur d'une sanction, l'angoisse des emplois du temps, tout cela bien s&#xFB;r, et surtout venant des coll&#xE9;giens eux-m&#xEA;mes (tous magnifiques), toute cette <em>v&#xE9;rit&#xE9;</em> du monde de l'&#xE9;cole se donne bien ici, par touches disparates. J'ai moi-m&#xEA;me &#xE9;prouv&#xE9; cette angoisse de l'emploi de mon temps futur, la salle des profs du film est bien une vraie salle des profs et ce qu'il s'y dit, je l'ai maintes fois entendu, mais tout cela pris dans le grand bain de l'&#xE9;tablissement tout entier, sur une ann&#xE9;e scolaire. Ici, on appr&#xE9;hende la salle des profs par des visages en gros plan, des <em>cas</em> venus se pr&#xE9;senter &#xE0; nous, comme si les com&#xE9;diens annon&#xE7;aient chacun leur r&#xF4;le &#xE0; jouer. A prendre le risque de se tenir ainsi <em>Entre les murs</em>, risque qui convenait certes au roman d'origine, Cantet ne s'est pas dout&#xE9; un seul instant que la litt&#xE9;rature, ce n'est pas le cin&#xE9;ma. Choisir de restreindre son roman aux seules salles de classe et des profs, c'&#xE9;tait pour B&#xE9;gaudeau trouver une caisse de r&#xE9;sonance pour mieux faire entendre plusieurs langues, que voulait m&#xEA;ler l'&#xE9;criture. La langue du prof et celle de ses &#xE9;l&#xE8;ves, l'&#xE9;crit et le parl&#xE9;, le discours et la r&#xE9;p&#xE9;tition, tout ce qui faisait de l'&#xE9;criture le laboratoire de cette rencontre linguistique. Pour &#xEA;tre r&#xE9;aliste, un roman peut se permettre d'abstraire une partie du monde. Mais si le roman abstrait le monde, le film, lui, l'exclut &#xE0; s'enfermer dans des murs qui ne font pas entrer la soci&#xE9;t&#xE9; comme sans doute l'auraient voulu ses auteurs. Rien de la soci&#xE9;t&#xE9;, rien qui ne soit vivant, qui circule vraiment sinon sur un bout de cour qui &#xE9;voque d&#xE9;sesp&#xE9;r&#xE9;ment la prison (1). Rien pour relier ces "v&#xE9;rit&#xE9;s disparates" dans un vrai morceau (j'allais &#xE9;crire "ruban") de r&#xE9;el.</p>
<p xmlns=""><em>Entre les murs</em> pose les questions avec l'air de ne pas y toucher, on laisse le spectateur se d&#xE9;brouiller, m&#xEA;me si certaines sc&#xE8;nes, lourdes de sens ainsi ramass&#xE9;, lui font bien comprendre que "tout n'est certes pas si simple", et qu'il faut &#xEA;tre ouvert, discuter, etc. Mais &#xE0; trop pousser ces questions hors de lui, le film sort de la relation p&#xE9;dagogique qu'il a d'abord instaur&#xE9;e avec nous, spectateurs. Des questions que fatalement, il surplombe. Et &#xE7;a, ce n'est jamais bon.</p>
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<p class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn1"/><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 10pt">[1]</span></span><!--[endif]--></span> On peut d&#x2019;ailleurs s&#x2019;interroger sur le choix de l&#x2019;angle de la prise de vue, lorsque Cantet montre la cour. Cette vue surplombante, qui prend la m&#xEA;me distance neutre, en plong&#xE9;e, que celle des cam&#xE9;ras de surveillance, surprend un peu : pourquoi sp&#xE9;cifiquement choisir d&#x2019;en r&#xE9;f&#xE9;rer &#xE0; une cam&#xE9;ra par d&#xE9;finition sans regard ?</p>
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<br/></p></div></content></entry></feed>
