Eloge de la bêtise




Instituer l’oeuvre hors toute forme d’intelligence : principal souci proustien, à l’encontre de Sainte-Beuve, et manière parmi d’autres, pour l’écrivain, d’instaurer la critique moderne. Idéalement, l’image, plus encore que l’écriture, est ce qui fait bêtement signe, au plus fort de sa capacité signifiante : hypothèse haute, quand elle ne renvoie généralement qu’à elle-même, non pas d’abord langage mais réceptacle (juste une image). Si le langage s’impose dès qu’il y a communication, lien par conséquent d’une image à l’autre, il faut sans doute, comme à l’endroit de l’écriture, oblitérer sa fonction signifiante par un primat de l’instinct. Là-dessus (ne pas s’en étonner) les plus forts sont les américains, dont le cinéma hanté par le collectif et ses mythologies afférentes déploie depuis toujours une pratique instinctive. Car on sait l’instinct déterminé par des réflexes, eux-mêmes affiliés à leur fonction sociale, et c’est en cela qu’il faut considérer le ciné US comme essentiellement politique, autrement dit, dirigé par le souci du bon fonctionnement de l’ensemble, instinct de conservation au premier chef.
Puissance des images, au-delà de leur pouvoir calibré, ne veut pas dire seulement libération d’un refoulé, même si celui-ci a évidemment son importance. Plus directe, la critique devrait avoir pour objet, à un niveau immédiat de conscience, ce qui, dans l’image, fait retour, au-delà même des intentions du cinéaste. Et s’il faut garder, métaphoriquement, la psychanalyse en point de mire, ce n’est qu’à l’aune des mécanismes analysés par Jung : inconscient oui, mais d’abord collectif. Parlons alors d’histoire, sinon de mythologie. Attirail sitôt convoqué que l’on voudrait déjà s’en défaire pourtant, prôner comme les américains cette efficacité immédiate de la « bêtise », laquelle ne cesse pourtant de renvoyer à la profondeur requise, non dans l’image elle-même, mais par le biais de l’intelligence du spectateur et de lui seul. Là est ce miracle toujours recommencé de la beauté, mineure ou non, qui préside au cinéma américain, et fonde depuis toujours son rapport à l’histoire. C’est pourquoi il ne faut pas, comme tant d’autres l’ont fait, stigmatiser chez Spielberg (par exemple, dans La Guerre des mondes) cette même « bêtise » qui fait son génie instinctif, introduit dans l’image l’évocation du siècle passé et présent, sans jamais en passer par le discours, apanage d’un cinéma plutôt français, voire européen, hanté par sa culture (et, plus précisément, l’écriture qui en découle) en lieu et place de son expérience, seule catégorie que les américains ne cessent de mettre en avant. Non pas « hanté par l’écrit » mais dévoré par l’image, ce cinéma de la « bêtise » nous importe (aujourd’hui comme hier) au plus haut point dans sa manière d’aller toujours à l’essentiel. En un sens, ce cinéma-là ne change pas, et tire force de sa permanence.
Autre exemple tiré d’un film apparemment commun, Les 4 fantastiques, de l’anonyme Tim Story. De là, peut-être, la force du cinéma américain : de l’anonymat à l’auteur, les différences n’achoppent que rarement sur l’essentiel, cette même « bêtise » revendiquée, cette inestimable modestie, cette croyance enfin, dans ce que l’image est suffisamment autonome pour promouvoir seule les conditions d’un discours extérieur à elle. Aussi, Tim Story n’a de réalisateur que la fonction, fonction capitale cependant, de cohésion : œuvre collective, Les 4 fantastiques n’est pas pour rien l’histoire d’une team joyeusement complémentaire, n’en est pas moins au final un objet singulier ; singularité propre au film et non à l’artiste, primat de l’artisanat, idéologie et savoir-faire collectiviste en tout point synchrone avec les fondements mythologiques qui président à l’histoire du cinéma américain. D’où que le film, prétendument infantile, indigent et bête, assume finalement sa bêtise, s’invente infantile, et loin de toute indigence supposée se révèle intelligent. Intelligence qui a besoin du spectateur pour s’exercer, faire valoir la logique sans faille d’une narration riche et grandement maîtrisée. Modestie, encore, mais aussi effronterie, impertinence d’un savoir-faire éclatant : suffisance du moindre geste, chaque scène est l’illustration parfaite du scénario, sans roublardise aucune. Cinéma du scénario alors ? Non pas, puisqu’il s’agit de passer de l’intention à l’émotion : du scénario, il ne reste rien dans l’image ; l’image transforme l’écrit, actualise l’intention, cinéma du geste, du montré, du show, performance aussi bien. Ici, on acte la scène et on passe à la suivante, ça va très vite : le critique (un peu dédaigneux au fond) parle toujours « d’efficacité » à ce propos ; sans la dédaigner, il faut s’en réjouir, admirer ce que peut une scène dans un minimum de temps. C’est assez spectaculaire, dès lors qu’il s’agit de donner naissance à non pas un mais quatre personnages, avec leurs problèmes, leurs caractères, aussi dissemblables que possible. Christopher Nolan prend deux heures bien pesées pour raconter les débuts de Batman (Batman Begins), il faut à la team de Story autant de temps pour multiplier l’affaire, en donner quatre fois plus. Cinéma du plus court chemin, cinéma de la durée : non pas nécessairement faire durer le plan, mais lui donner le temps nécessaire, fussent quelques secondes qui, miracle, suffisent. A l’échelle d’un auteur (Spielberg), cela donne l’admirable première heure de La Guerre des mondes. C’est pourquoi beaucoup ont été gênés par la séquence de la planque, où s’installe une durée différente, plus angoissée voire contemplative. Dès lors, Spielberg se révèle cinéaste plutôt que simple entrepreneur, il sait prendre le risque d’enclencher ces différentes vitesses, ce qui sans doute, n’est pas donné à tout le monde. Voilà pourquoi Les 4 fantastiques n’est que réjouissant : lui manque une science de l’embrayage autrement plus complexe. Il n’empêche, où les américains peuvent le moins, cela constitue toujours pour nous un plus, fruit d’un instinct sans faille, d’une « bêtise » suprême, rien moins qu’une mystique de l’image, un acte de foi.
Dès lors que l’intelligence s’inscrit dans l’image, cela conduit directement à l’imagerie. Roublardise, au fond, du plan qui contient déjà le suivant, affiche chaque fois une longueur d’avance. Ce qui affaiblit considérablement le cinéma de Tim Burton, bien qu’il se laisse souvent fasciner par l’image seule, sa capacité d’évocation en propre. Si Charlie et la chocolaterie est réussi, c’est parce qu’au-delà de son intelligence, le discours entrepris est en général dépassé par l’image, si ce n’est annihilé par elle. Symptomatique, la scène « 2001 » qui nous montre un enfant propulsé parmi les programmes d’un téléviseur, du film de Kubrick à de multiples micro-séquences générées par un zapping frénétique. Le discours convenu sur la télé bêtifiante est heureusement atomisé par cette même bêtise des programmes, leur frénésie de ne rien vouloir dire : abstraction saturée, vitesse MTV, de pubs en concerts live, voyage en direct de l’enfant parmi le défilé stroboscopique d’une multitude d’images. Aussi bien, le jeu de Johnny Depp, jeu de mime halluciné, qui le conduit tout droit dans le « Neverland » de Michael Jackson après sa performance en Keith Richards queer dans son précédent film (Pirates des Caraïbes). Acteur pop, qui ne cherche en rien à signifier quoi que ce soit, seulement à ressembler. C’est le secret de l’icône pop, sa spécificité américaine : visage buvard, corps malléable à merci. Par là : non pas signifier, mais bien accueillir la signification.
Il n’en va pas autrement pour Brad Pitt et Angelina Jolie dans Mr and Mrs. Smith. Ken et Barbie ne sont rien d’autre que des jouets pour enfant, comme le sous-entend la scène finale du centre commercial, où chacun s’affuble des vêtements portés par des mannequins de plastique. Ces deux-là n’existent qu’en fonction d’un territoire donné, centrale high-tech ou chambre à coucher : peu importe à Doug Liman, le réalisateur, qui conduit les scènes conjugales et les scènes d’action sans faire aucune différence, ce qui revient à actualiser le précepte hitchcockien bien connu. On en revient toujours (on est en Amérique), à cette question du territoire, terrain de jeu, résolument. C’est le territoire, l’environnement et donc l’image elle-même, qui conditionne l’action ; à chacun de se conformer à elle, par mimétisme, par empirisme, goût de l’immédiat. Il faut s’adapter le plus vite possible, quitte à oublier de changer d’attitude : monsieur et madame restent les mêmes malgré le changement de costume ou de décor. C’est la précieuse leçon du film : aller au plus vite, coller au plus près de l’image, de sa « bêtise », d’où les rapprochements les plus incongrus, les mélanges les plus toniques. Ici, c’est le jeu qui prime, la pulsion enfantine sinon infantile, « on dirait que », etc. Coller à l’image, n’afficher, effrontément, que le paraître, jeu de dupe, de séduction, jeu tout court : ce qui revient, pour les deux acteurs, à casser leur maison de poupée pour s’y sentir plus à l’aise, continuer vaille que vaille leur guerre conjugale à coup de bazooka et de « regarde-moi ». Ils sont à l’image du cinéma américain : vouloir être aimé. C’est chose faite.
S.B.



Commentaires
"Dès lors que l’intelligence s’inscrit dans l’image, cela conduit directement à l’imagerie".
L'imagerie n'est pas précisément "ce qui fait retour" et est immédiatemment identifiable par le plus grand nombre ? En somme, ce qui couronne l'imaginaire collectif par le recours aux stéréotypes ?
En ce sens, quid de l'imagerie chez Spielberg (notamment dans Schindler's List) ? Son cinéma, selon moi, joue abondamment avec les stéréotypes. Mais peut-être s'agit-il d'un problème de définition du terme même d'"imagerie"...
c'est marrant d'ailleurs, la plupart des gens ne comprennent pas cette "bêtise", lui préférant souvent une supposée intelligence...il suffit de voir dans les forums ou ailleurs les avis sur le Batman de Nolan et le comparer à ce qui se dit sur, par exemple, La Guerre des mondes où Les 4 fantastiques...Batman sort grand gagnant, comme si il y avait là un "mieux disant intelligent" alors que le film est d'une balourdise hallucinante (et cinématographiquement nul à mon sens)...
en fait je crois que les gens ont une vision essentiellement littéraire du cinéma, on n'en sort pas, qui s'attache au thème et plus encore à la manière littéraire avec laquelle le texte est amené, alors que dans les autres films que tu cites, précisément c'est le plan qui fait idée, voire discours, mais en rien le texte, les bla bla lénifiant des personnages (ce qui est le cas du Nolan : près de deux heures de bla bla et de clichtons sur la question de la violence...presque du Cayatte!)
1 - Défense de la sottise -
La sottise est le dernier rempart efficace contre la suprématie inique des beaux esprits qui ne gagnent leur cause qu'avec la lâche, fourbe, insidieuse subtilité de leur pensée.
L'intelligence est torve, sinueuse, secrète. La sottise est franche, directe, claire. L'intelligence aime les énigmes, se complaît dans le mystère, se masque avec éclat. La sottise méprise l'obscurité, fuit l'hermétisme, se dévoile sans ambages. La sottise n'a rien à cacher, rien à prouver, rien à vendre, tout à perdre. Donc rien à gagner. L'intelligence caresse, séduit, convainc avec des fioritures de langage. La sottise cogne. Elle n'use d'aussi vains détours indignes de tout bon sot qui se respecte.
Le sot aime les carottes, les navets et les soupes chaudes. Le bel esprit ne se préoccupe que d'affaires qui ne se mangent pas. Et qui vient se plaindre de crever de faim quand vient la bise ? Le sot ne porte pas le regard plus loin que son sillon. Le bel esprit le raille. Et qui vient crier famine l'hiver venu ? Le sot n'argumente pas, il frappe. En cela les faits lui donnent toujours raison, la loi en vigueur ici-bas étant celle du plus fort.
Les sots ignorent l'alchimie étrange de la terre mais eux au moins y font pousser patates, poireaux, tomates. Les sots ne savent rien des mystères cosmiques, mais ils ont de quoi tenir l'hiver. Ils n'ont rien dans la tête mais tout dans les poings.
Les sots n'ont pas d'amis mais plein de bois pour leur feu. Ils sont seuls mais heureux de l'être. Ils sont dépourvus d'intelligence et sans malice, sans ironie, sans vanité peuvent s'en vanter.
Raphaël Zacharie de Izarra
=======
2 - Éloge de la bêtise -
Je chéris et loue la bêtise. La bêtise est une haute qualité, une authentique vertu, le rempart absolu contre la souveraine et tyrannique intelligence qui l'écrase, la méprise, la persécute. La bêtise est l'apanage de ceux qui sont totalement dépourvus d'intelligence, et qui sont par conséquent remplis de saines certitudes, d'inébranlables convictions, de salutaires illusions. La bêtise empêche de trop penser, elle pousse à l'action irréfléchie. Elle éloigne et préserve fatalement l'être de la pensée stérile, creuse, futile.
La bêtise rend toujours heureux tandis que la réflexion angoisse. La bêtise résout tous les problèmes de la pensée en éliminant tout simplement la pensée. Le penseur se crée des problèmes, l'intelligence est inconfortable parce qu'elle pose des questions embarrassantes à l'homme. Les gens intelligents se posent toujours des questions insolubles. Alors que les gens sots ne se posent tout simplement pas de questions : voilà le secret de leur bonheur.
Les gens stupides cultivent leur jardin sans plus se poser de questions. Les gens intelligents se préoccupent plutôt du temps qu'il fait au-dessus de leur tête bien faite et en oublient totalement leurs activités horticoles. Ils s'y désintéressent parfaitement, préférant se torturer l'esprit avec des choses qui, aux yeux des gens bêtes, n'en valent pas la peine.
D'où la supériorité de la bêtise sur l'intelligence qui force l'heureux élu à cultiver son jardin. Et avec coeur encore. Alors que l'intelligence ne fait rien pousser du tout sous les pieds de ses victimes bien pourvues.
Raphaël Zacharie de Izarra
=======
3 - Encore un éloge de la bêtise -
La bêtise est le privilège de ceux qui ne sont pas habités par la vaine et méprisable intelligence.
L'intelligence, ce vernis de l'esprit... Cet habit d'apparat hautain et superficiel, cet artifice cérébral indigne de l'Homme, cette pollution mentale qui dénature si bien les pensées et met plein de mollesse dans le cerveau à la manière des substances nocives que l'on nomme héroïne, cocaïne, Marie-Jeanne... L'intelligence est un poison dangereux et la bêtise est son naturel antidote.
L'intelligence empêche l'action, elle freine l'instinct et la saine pensée primaire. L'intelligence oblige les gens à penser de plus en plus et donc à faire des études, à se lancer dans la recherche. Elle excite la curiosité et génère maintes questions aussi difficiles qu'inutiles. En un mot l'intelligence pousse à la réflexion et de par ce fait empêche de vivre. Il est tellement plus agréable, plus facile de ne point penser et de se laisser guider par l'instinct, l'ignorance, l'innocence, ou par l'autorité ecclésiastique, politique, syndicale...
Obéir sans penser, n'est-ce pas l'assurance de ne jamais commettre d'erreur par soi-même ? Jamais de remords avec la bêtise, puisqu'elle excuse à peu près tout. Alors que l'intelligence est au contraire un facteur de responsabilités pénales, morale, professionnelle. Plein d'ennuis en perspective avec l'intelligence...
La bêtise heureusement empêche le développement de la pensée : c'est le confort de l'esprit par excellence. La bêtise est l'apanage des authentiques esthètes soucieux de leur qualité de vie.
Raphaël Zacharie de Izarra
1 - N'AIMEZ PAS VOS ENFANTS !
L'amour des enfants est une chose contre-nature. Les parents dignes de ce nom se doivent d'être sévères, durs, inflexibles envers leur progéniture. Trop d'enfants amollissent leurs parents. Trop de parents sont esclaves de leurs enfants.
Notre société laxiste a tendance à oublier que les enfant ne sont pas faits pour être aimés, mais éduqués. Ils doivent être de futurs défenseurs de la mère Patrie et de futures reproductrices. Pour la tendresse, la mollesse des moeurs et la faiblesse humaine, il y a les chiens, les hamsters ou les peluches.
Mauvais parents qui aimez vos enfants, au nom de l'ordre naturel des choses revenez dans le droit chemin. Retrouvez votre dignité perdue : soyez les maîtres de vos enfants, et non leurs vils serviteurs.
Raphaël Zacharie de Izarra
=======
2 - ENFANTEMENT GUINDE
Madame de la Châteloire-Labey accouche après neuf mois d'aristocratique gestation. Assistons à l'événement jusque dans les plus intimes détails.
- Cher époux, des douleurs m'avertissent que je suis sur le point de livrer au monde le fruit de mes flancs. M'aiderez-vous à accomplir le devoir que m'impose la nature ? Je sens la délivrance si proche que je pense défaillir d'un instant à l'autre...
- Madame, le fait que vous soyez mon épouse ne vous autorise pas à suggérer que je me mêle de ces affaires-là, quand même seriez-vous au bord du gouffre. Je vous trouve décidément bien indécente Madame ! Veillez à mener à bien cette formalité avec un maximum de discrétion... Vous savez bien que les trivialités de cette espèce ne siéent pas à l'esthète que je suis. Soyez forte Madame, et surtout prenez garde à ne pas vous départir de la plus élémentaire bienséance. Rendez service aux belles gens en éjectant le contenu de vos entrailles loin de leurs regards. Et puis cessez de geindre de la sorte Madame, vous me faites songer à une coche affamée et c'est particulièrement haïssable !
- Mon époux, me pardonnerez-vous d'endurer avec si peu de retenue les douleurs de l'enfantement ? C'est que les affres de la délivrance sont difficilement supportables...
- Madame, pourquoi devrais-je vous pardonner une telle faute de goût ? Que vous manifestiez oralement ou non les tourments que vous prétendez endurer, croyez-vous que cela changera quelque chose ? Même si ce que vous dites est vrai, votre douleur ne variera pas, que vous la manifestiez ou non, alors pourquoi ajouter à votre inconfort des gémissements qui incommodent tout le monde ? Même les domestiques sont irrités par vos bruits de bête femelle ! Reprenez-vous, je vous en prie ! Votre comportement est inconcevable, inouï, inqualifiable Madame ! Allez-vous cesser ces grognement incongrus et grotesques ? Vous me faites honte devant la domesticité, ce qui est un comble avouez-le... Et hâtez-vous plutôt de vider vos entrailles ailleurs que sous mes yeux Madame, car vous m'indisposez.
- Mon époux, permettez-moi en ce cas de demander l'aide de quelque domestique, car je crains de ne pouvoir accomplir seule la tâche.
- Madame, vous m'agacez avec ces affaires ménagères. Et puis voyez donc, vous êtes en train de répandre vos eaux ! Ha Madame vous êtes infâme ! Où vous croyez-vous ici ? Ha ! Disparaissez sans tarder Madame, allez plutôt rejoindre les bêtes aux écuries, seul asile digne de votre laisser-aller ! Quelle honte ! Il me semble avoir épousé quelque gueuse des bocages ! Allez, hors de ma vue, mauvaise épouse que vous êtes ! Ha et puis tenez ! Par votre faute des vapeurs me submergent. A moi Madame, à moi grand Dieu ! (L'époux agite son éventail.)
- Mon époux, vous sentez-vous mal ? Mais vous vous mourrez !
- Ha oui ma femme, je me meurs de mille morts ! Et par votre faute encore, infâme que vous êtes ! Des sels, vite ! Apportez-moi des sels !
- Mon ami, je crains que celui que je portais en mon sein ne soit venu au monde entre temps... Entendez-vous gémir ce chérubin qu'un lien de chair relie encore à ma chair ?
- Ha Madame, voulez-vous donc m'assassiner ? Croyez-vous que j'ai la tête à vos amusements ? Ne voyez-vous pas que je me meurs, morbleu ? Au lieu de m'ennuyer avec vos vétilles, secourez-moi Madame car enfin je crains le pire ! Alors et mes sels ? Vous savez bien que je ne souffre pas l'attente Madame... Ho ! Madame, méchante épouse que vous êtes ! Me laisserez-vous donc agonir de la sorte ?
- Mon époux, je vous demande grâce pour mes égarements. Mais je vois que vous allez mieux... Venez donc près de moi que je vous présente votre héritier. C'est un mâle. Comment l'appellerez-vous ?
- Théophile. Quand mangeons-nous ?
- Sonnez les domestiques, je crois que le dîner est prêt.
- Madame, je crains finalement que vos frasques m'aient hélas ! coupé l'appétit. Je ne vous félicite pas. Je me retire dans mes appartements. Bonsoir Madame.
- Bonsoir mon époux.
Raphaël Zacharie de Izarra
=======
3 - LES ENFANTS, NOS PIRES ENNEMIS
Sachez que les enfants sont des monstres par nature vicieux, insolents, bêtes et méchants. Ce sont des infirmes de l'âme : chez eux le démon a une facile, fatale et funeste emprise. Le larcin, le mensonge, l'impureté, le désordre leurs sont choses naturelles, coutumières. Il convient donc de châtier très durement les moindres écarts de la gent puérile.
Par exemple vous n'omettrez point, vous les parents sévères mais justes, de mettre au goût du jour chez vos enfants les corrections corporelles les plus austères, et ce dès leur plus jeune âge. En effet, il faut habituer très tôt les enfants à la souffrance physique. C'est une excellente méthode éducative.
Ainsi vous éviterez de laisser se développer leur goût naturel pour la mollesse, le vice, la gourmandise, la luxure. Et vous tuerez dans l'oeuf toute tentative d'extériorisation de tendresse. Faut-il vous rappeler que le désir de tendresse chez les enfants est l'expression de leur faiblesse, de leur débilité physique et psychologique ? Le désir de tendresse chez les enfants est un désir évidemment très puéril, donc stérile, imparfait. C'est avant tout l'aveu de leur grande immaturité.
Aussi, je vous le dis : méfiez-vous par-dessus tout des enfants. Si vous commencez à les choyer, ils finiront tôt ou tard par vous perdre. Apprenez-leur dès leur plus jeune âge le goût amer de la badine, et vous en ferez de parfaits citoyens, de dignes fils de Dieu, d'irréprochables chrétiens.
Raphaël Zacharie de Izarra
=======
4 - LA MONSTRUOSITE NATURELLE DES ENFANTS
Les enfants, éternels parasites de l'humanité, sont les pires ennemis des causes admirables, des esthètes et de la poésie en général. Un enfant ne saurait apprécier le génie de Kant, ni celui de Pascal, encore moins celui d'Einstein. Allez donc faire comprendre à un de ces êtres débiles, puérils et infiniment vains que E = MC2...
Les enfants n'entendent rien à la raison, ni à la technique, ni à la pensée des énarques, des politiques, des savants ou des théologiens. La philosophie les laisse absolument froids, stupides, et leurs regards imbéciles à l'évocation de Spinoza en dit long sur l'état de leur petite cervelle... Parfaitement insouciants, stériles, superficiels : ce sont des arriérés par nature.
Les enfants ne savent pas écrire. Ni lire, ni compter. Ils ne savent pas courir aussi vite ni sauter aussi haut que un adulte. Ils ne savent en fait rien faire comme les adultes... Ce sont des sortes d'infirmes, des handicapés moteurs et mentaux, des êtres irresponsables, des gens pitoyables.
Les enfants sont le fléau de l'homme, le frein des civilisations, les boulets de nos sociétés modernes où ils pullulent. Incapables de survivre par leurs propres moyens, ils réclament moult soins, maintes attentions... Et nous gaspillons un argent fou, un temps précieux à les nourrir, à les éduquer et même à les ébaudir. C'est que les enfants ne se contentent pas d'absorber les énergies vitales des sociétés qu'ils parasitent, et cela juste pour se maintenir en vie, engraisser et croître... En plus ils exigent des adultes des soins inhérents à leur nature puérile. Figurez-vous qu'il leur faut encore des activités ludiques ! Un comble. Que d'énergie, de temps, d'argent consacrés à nourrir leurs désirs stériles, leurs fantasmes ineptes, leur imaginaire insane ! Rien que des choses vouées au néant. Au service des petits oisifs, les adultes aliènent leur chère liberté, se laissant sucer le sang par ces vampires en culotte courte. Que d'énergies investies à perte qui pourraient être dépensées avec fruit !
Adultes encore libres de ce pays mes frères, faisons front contre les enfants, mettons-les hors d'état de nuire, extirpons-les de nos villes, boutons-les hors de nos terres, chassons-les de nos coeurs !
Libérons les grands de l'oppression des petits.
Raphaël Zacharie de Izarra
=======
5 - LES ENFANTS, CES VILES CREATURES
Je n'aime pas les enfants. Je ne leur trouve ni la moindre intelligence, ni aucune sensibilité, ni rien d'humain. Ce sont des êtres infirmes : des esprits bancals, des coeurs imparfaits, des âmes promptes au péché.
On a l'habitude d'entendre dire que les enfants sont intelligents, hypersensibles, gentils... Foutaises ! Il n'y a qu'à constater la façon dont ils pensent, dont ils s'expriment, dont ils se gouvernent. Ce sont des ignares incapables de prendre des initiatives, inaptes au travail de force et de précision, hermétiques à l'art, à la philosophie, à la littérature...
Ils sont tout juste bons à babiller des inepties. Désobéissants, difficiles à dompter, naturellement portés vers les futilités, la saleté, l'anarchie, les enfants sont des ânes ne comprenant que les coups de bâton.
Il n'y a guère qu'avec les coups qu'on peut faire de l'enfant quelque chose de pas trop mauvais. Hélas ! Combien d'enfants mal battus, mal éduqués, mal dirigés par la badine ont compromis des adultes ? Combien de précepteurs ont dû rendre des comptes à la justice par leur faute ? Pour n'avoir pas admis recevoir de la part de leur maître quelques corrections corporelles méritées, des enfants insoumis ont osé se plaindre ! Honte à ces petits cancres rebelles et dénaturés qui par leur faiblesse de caractère, leur déchéance morale, leur mollesse physique ont fait traîner devant les tribunaux de bons et honnêtes redresseurs de torts à la réputation exemplaire...
N'est-ce pas là la preuve, s'il en fallait une, de la nature mauvaise et malsaine des enfants ?
Raphaël Zacharie de Izarra
=======
6 - OTONS LA JOIE AUX ENFANTS
Mademoiselle,
Vous irez prier dans le plus austère silence, lors que vous sortirez enfin de l'âge puéril dans lequel vous vous tenez encore à l'heure même où vous lisez cette missive. Las ! J'aimerais vous voir ôter tous vos vains ornements de l'enfance, pour revêtir à la place les saints artifices de la piété. J'aimerais mieux vous voir troquer votre hochet habituel d'innocente créature -poupée de chiffon ou bien balle de son- contre le sceptre grave et précieux de la dévotion -crucifix ou bien chapelet- qui sied si bien aux âmes matures...
Ho ! Je vous en conjure Mademoiselle, chassez de votre âme infirme d'infante les démons de l'insouciance ! Venez donc avec moi vous humilier le front contre les dalles rudes des cloîtres désertés ! Venez ensevelir votre blanche jeunesse dans le digne caveau où périssent bien vite les joies impures et les rires futiles de l'existence humaine. Entrez, à la suite des âmes vertueuses et des coeurs éteints aux passions terrestres, dans ce couvent que je vous désigne aujourd'hui, dans l'espoir que, peut-être, vous tomberez subitement et miraculeusement sous ses charmes dépouillés avant que d'avoir atteint l'âge des menstruations.
Répondez-moi promptement, candide mais vaine enfant.
Raphaël Zacharie de Izarra
=======
7 - LES ENFANTS : L'IGNOMINIE INCARNEE
Rappelons-nous qu'un enfant endormi est un spectacle vil, obscène, dégoûtant. Un enfant, c'est une machine à excrétions, un moulin à vomissures, un robinet à urines, un puits à diarrhées, une source de puanteurs. Les enfants endormis trament dans leurs songes d'infâmes intrigues contre les adultes et leur corps couve quelque répugnante bile que ces démons, une fois réveillés, s'empresseront de vous éjecter au visage tel un fiel issu des enfers : vomissures, diarrhées, flatulences, éructations ou autres urines dont je parlais plus haut. Débarrassez-vous de vos enfants avant qu'ils ne prennent le pouvoir et vous rendent l'existence impossible.
Raphaël Zacharie de Izarra
=======
8 - L'ART DE MENER LES ENFANTS
Les enfants sont hermétiques aux beautés littéraires. Et très sensibles aux facilités commerciales sans profondeur, porteuses de messages à but délibérément lucratif. C'est le grand tort des enfants qu'il convient de redresser à coups de badine et de travaux aux champs.
Dans notre société les enfants devraient être mieux utilisés, mieux exploités, mieux rentabilisés. On devrait en faire des machines à produire, plutôt que des robots destinés à sottement consommer. On devrait les enchaîner à la charrue afin de leur inculquer dès le plus jeune âge, à ces êtres débiles, à ces infirmes, à ces demi créatures, les affres de la condition humaine.
Je serais d'avis pour traiter les enfants comme des ânes qu'ils sont. Avec la politique du bâton et non de la carotte. Ca leur apprendrait à vivre parmi les adultes, à ces petits êtres nuisibles. On devrait les atteler à la charrue et les contraindre à abattre leur quotidienne besogne comme des esclaves qu'ils sont.
La société n'en progresserait que mieux. Les adultes pourraient enfin se reposer : quand les gosses sont aux champs, plus de rires ni d'éclats de voix. Quel bonheur que de s'adonner pendant ce temps aux saintes, saines joies du repos !
Raphaël Zacharie de Izarra
Dans la ferme Marie-Gilberte s'affaire autour du pot-au-feu. Sa grand-mère dans la cuisine, sénile, gît dans un fauteuil crasseux, le regard fixé sur la marmite.
Marie-Gilberte n'a pas vingt ans et rêve d'étoiles au fond de son trou. Seule la radio meuble le vide de son existence, peuplant de rêves simples son imaginaire borné par les travaux de la ferme. Justement, un chant émis par la radio, posée sur la table entre le saladier et la boite de sucres, allume soudain en elle des feux inconnus, éveille dans son coeur des sentiments magnifiques. C'est un petit chanteur à la voix céleste interprétant un chant sacré qui vient de semer chez Marie-Gilberte cette graine de paradis.
Un ange en somme à travers le poste de radio vient d'entrer dans la vie misérable de la jeune fille, libérant son âme étouffée.
Au son de la voix cristalline le pot-au-feu disparaît, la ferme n'existe plus, la grand-mère s'évanouit : Marie-Gilberte a le regard perdu dans des sommets intérieurs. Des sensations fulgurantes l'envahissent, des rêves flamboyants illuminent son visage. Le chant est de plus en plus beau, Marie-Gilberte est en pleine extase.
La vieillarde impotente pendant ce temps est prise d'une quinte de toux, le regard toujours fixé sur la marmite où mijote le pot-au-feu, parfaitement insensible au chant séraphique qui est en train de bouleverser sa petite fille, de transformer la larve en libellule, de changer la patate en rose, ouvrant son intelligence à la vie, son coeur à la joie.
Marie-Gilberte, toujours noyée dans ses nues, s'éloigne peu à peu des lourdeurs de ce monde, sourde à la pantomime catarrheuse de sa grand-mère. Cette dernière, pitoyable dans sa chaise qui exhale l'urine rance, à demi morte d'imbécillité avec son regard radoteur, en pleine décrépitude physique et mentale n'a qu'une pensée en tête : surveiller le pot-au-feu. Sa plus grande hantise pré-mortem : voir déborder le bouillon de la marmite.
La jeune fille dans ses hauteurs éthéréennes entend de moins en moins les quintes de toux qui redoublent. Les éclats de voix de la vieille femme qui lui adresse des propos inintelligibles ne lui parviennent plus.
Marie-Gilberte est exquisément déconnectée de la réalité.
Le chant sublime à la radio se termine, des publicités criardes lui succédant aussitôt. Lorsque enfin Marie-Gilberte redescend de ses nuages dorés entre le bouillon du pot-au-feu qui déborde et le tic-tac horripilant de l'horloge en forme de cercueil, sa grand-mère fixe toujours la marmite, le corps sans vie.
Raphaël Zacharie de Izarra (raphael.de-izarra@wanadoo.fr)
J'entrai dans la quincaillerie.
J'y croisai un échantillon de la population locale. Toute la province était là. Réunies autour des cuivres et de la soude, des ménagères se concertaient avec les employés, la lèvre contrariée, l'oeil interrogateur, le front angoissé : il était question de tuyaux de douches, de seaux de zinc... Préoccupations ordinaires de la gent commune.
Mais au fond du magasin une intrigue se tramait, dans une atmosphère pesante. Une cliente monopolisait toutes les attentions, du personnel jusqu'à la direction, qui tous très courageusement regardaient de loin, du coin de l'oeil.
L'affaire était grave.
La blouse à fleurs tendue par un giron opulent aux charmes douteux, la femme du maraîcher tentait une énième fois des séductions mammaires sur un des employés du magasin, un trentenaire effacé, afin qu'il consentît à lui céder à vil prix un arrosoir en aluminium de toute beauté. Étincelant, l'objet de convoitise semblait faire de l'oeil à la corruptrice. L'employé savait l'étrange passion de sa cliente pour cet arrosoir qu'elle ne pouvait décidément pas se résoudre à acheter au prix affiché, pourtant fort abordable. C'est que cette dernière était avaricieuse. Maladivement avaricieuse. Aussi, régulièrement elle venait discuter âprement le tarif de ce trésor horticole, de plus en plus revu à la baisse pour un oui, pour un non. Elle voyait plein de défauts à cet l'arrosoir. Si bien qu'au bout de plusieurs mois de ce manège, l'arrosoir complètement dévalué par ses soins ne valait, selon elle, quasiment plus que quelques sous ! Forte de son incroyable mauvaise foi, la femme du maraîcher comptait bien acquérir à moindres frais l'objet de sa folie.
Tous les moyens étaient bons pour faire triompher une si noble cause ménagère, se persuadait-elle. Aussi le marchandage durait-il depuis presque un an, comme une ronde sans fin. Le fameux arrosoir, fort heureusement, attendait toujours dans le magasin, brillant de tous ses feux sous le néon jaune, n'ayant trouvé nul acquéreur au fil des mois qui passaient, ce qui confortait sa future acheteuse dans son idée fixe. Pour elle c'était un signe. Le Ciel des avares s'était penché sur son cas, mobilisant tous les anges de la pingrerie autour de sa cause. Il fallait dans ces conditions qu'elle continuât le combat, elle ne pouvait pas abandonner après des luttes aussi acharnées, héroïques.
La rage de l'économie la tenait en éveil en permanence, lui donnait des ailes, du courage, de la patience et même des idées. Perspicace, obstinée, parfaitement incorruptible, la cliente de la quincaillerie bravait systématiquement et sans ployer d'un cil les arguments de l'employé.
Sordide et pittoresque, ce spectacle m'enchantait. Je m'attardais souvent dans le magasin pour observer ce phénomène et me tenir au courant de l'évolution de son affaire. Lorsque je voyais rôder cette ladre mamelue autour de la quincaillerie, j'entrais avec elle discrètement sans jamais rien acheter, juste pour me délecter de ce vivant théâtre.
Et puis un beau jour, là devant mes yeux le miracle eut lieu : las, résigné, exaspéré, le patron du magasin intervint, au grand soulagement du pauvre employé. Il fit cadeau de l'arrosoir à la femme du maraîcher. Le fait était vraiment inattendu.
Immense émoi dans le magasin.
"L'acheteuse" ressortit triomphante devant les clientes sidérées. La centième tentative de l'avare avait été la bonne, dépassant d'ailleurs toutes ses espérances puisqu'elle avait obtenu gain de cause sans même débourser un seul centime. Certaines clientes, visiblement blessées, en conçurent une profonde jalousie. Deux ou trois mauvaises langues prêtèrent même au patron de la quincaillerie de malhonnêtes desseins envers sa si "fidèle" cliente...
L'affaire de l'arrosoir eut un retentissement funeste. Le bruit de ce scandale local s'étendit jusqu'aux limites de la paroisse voisine, ce qui ruina bientôt la réputation du quincaillier qui dut fermer boutique.
C'est que dans certains trous de province, on pardonne rarement ce genre de crime.
Raphaël Zacharie de Izarra
je suis Mr Marc Raymond (Directeur Général) de la boutique Modeplus2006 nous
sommes une structure base en côte d'ivoire.
je viens a travers ce mail avoir certaines informations sur votre
firme.
-Ete-vous habilite a la vente a l'export?
je suis interesse par vos articles et aimerais passer plusieurs
commandes.
- serait-il possible d'avoir les articles que vous avez en stock ?
si vous etes interesses veuillez repondre aux differentes questions.
je vous informe que pour le reglement je propose
nos cartes bancaires internationales (VISA, MASTER).-Disposez vous
d'un terminal de prelevement electronique (TPE) international?
Dans l'attente d'une reponse favorable.
Monsieur veuillez agréer mes salutations les plus distinguées.
Mr MARC RAYMOND
TEL : 00225 07 31 29 00
Fax : 00225 21 24 72 59
121, RUE DES OLIVIERS COCODY
01 BP 1981 Abidjan 01
MODEPLUS2006
La femme naît soumise. Son destin est d'être enchaînée à la virile autorité. Malheureusement la société a perverti la femme, avec la complicité du mâle dévirilisé.
Notre monde occidental obsédé d'égalité et de modernité nie bêtement ce principe naturel. Ainsi la femme dénaturée se croit libre sous prétexte qu'elle vote, conduit, boit, fume, jure, crache... Or la vraie liberté de la femme est de se contenir sous la coupe de l'homme. La femme n'est véritablement femme que lorsqu'elle ne sort pas de son rôle, qu'elle demeure sur le trône où l'a placée sa naissance : à mi hauteur entre le mâle et la casserole.
Quoi de plus détestable, de plus vulgaire qu'une femme qui ignore les préceptes les plus élémentaires du savoir-vivre et qui se rebelle contre les lois cosmiques ? Une femme de classe sait se taire, se placer dans l'ombre pour laisser la lumière éclairer son maître. La femme digne de ce nom aime faire valoir son seigneur. Je sais bien que, à l'heure où tout le monde trouve normal que la femme moderne -que j'appellerais volontiers "dégénérée"- cherche à humilier l'homme au lieu de lui faire honneur, mon propos semblera insupportable...
La société est à ce point corrompue par la dictature de la vulgarité féminine, par l'hystérie générale faite autour de l'égalité contre nature des sexes, que prétendre que la femme doit élever l'homme et non l'écraser, le célébrer et non le maudire, le servir et non l'opprimer passe pour un crime aux yeux de la plupart des gens !
La femme de par la volonté céleste, terrestre, cosmique et même atomique est soumise à l'homme de la même façon que la lune est soumise à l'attraction de la Terre.
Toutes les femmes sont soumises.
Beaucoup l'ignorent tant notre société frileuse, molle, éprise de nivellement envers les êtres (qu'elle appelle "égalité") a formaté leur cervelle dans le sens du sexuellement faux. Certaines se croient autonomes, insoumises, libres parce qu'elles gagnent leur vie seules, vivent en solitaire, ont remplacé la présence souveraine et magistrale de l'homme par un vulgaire salaire. Voire son phallus par une prothèse en plastique qu'ont réussi à leur vendre des professionnels du marketing exploitant le filon de la "femme libre". Bref, loin de l'autorité de leurs seigneurs et maîtres, les "femmes libres" mènent des existences vides qu'elles meublent avec de la vanité.
Elles ont beau arborer des apparences de liberté triomphante, dans le secret de leur âme elles restent des femmes, fondamentalement. Même si elles l'ignorent, s'en défendent, se rebellent. Le mensonge social ne résiste pas devant la force, l'éclat, l'évidence de la Nature qui dicte à la femme ses lois justes, belles, vraies.
Il suffit juste que la femme cesse d'alimenter son sot orgueil, renonce à adopter les modèles artificiels de cette société pour que la nature sur elle reprenne ses droits et que tout aille pour le mieux dans le plus ordonné des mondes.
Raphaël Zacharie de Izarra