Shyamalan Transfer

Lady In The Water de M. Night Shyamalan
Au risque de sa propre dissolution, le cinéma de Mister Night trouvait dans Le Village un point de possible non-retour : position intenable où le cinéaste, sentinelle embusquée, n’avait d’autre solution apparente que de s’enfermer dans une mise en scène qui depuis le début applique son immuable système. Nécessité finalement d’en sortir, d’en passer désormais par le « méta », la déconstruction, l’appareil théorique, et de risquer se faisant un ridicule emprunt de naïveté qu’il faut considérer comme un pari plutôt que de s’en offusquer.
Avec un incroyable orgueil, Shyamalan prend en charge pour son seul cinéma la crise du ciné hollywoodien tout entier, crise bienvenue de la fable vue comme fabrique : où l’on croise alors quelques grandes questions contemporaines, issues de la télé et des dernières avancées technologiques, qui effectivement remettent à plat les possibilités de la fiction. Celle-ci, depuis en gros Titanic de Cameron, hésite depuis les fin des années 90 entre renouvellement et refonte, reformulation narrative (TV) et lifting des vieux mythes (Hollywood). A quoi a-t-on assisté ces dernières années ? La grande fiction américaine a fini par faire corps avec la machine (comme sujet, comme industrie, comme modalité d’une nouvelle représentation : le numérique), et l’idée toujours plus prégnante qu’un récit, ça se fabrique et que la fabrique s’est peu à peu confondue avec le récit lui-même. Si bien que le méta aujourd’hui est partout, non comme second degré (type «on ne me la fait pas » : alors il n’y a plus d’histoire) mais comme trace toujours plus visible du processus de fabrication (jusqu’à la narration qui s’affiche désormais comme réseau, eut égard à l’influence narrative des séries sur Hollywood). Se pose inévitablement la question de la croyance, et l’étonnement qui nous tient lorsque malgré cela, la fiction continue de fonctionner, en dépit de tout ce qu’elle charrie d’innocence en moins, de savoir en plus : à titre d’exemple, le corps incroyablement présent de King Kong, qui vaut aussi bien comme aboutissement (création numérique), que comme entité autonome (personnage), comme point de départ (à la fiction) et comme résultat (de savants calculs). Cinéma du croisement, qui fait se rencontrer l’archaïque et le dernier cri, le très neuf et le très vieux, la croyance et le soupçon. Le bégaiement des mythes fait tourner l’usine à remakes, tandis que le cinéma se ressource à ses origines, traçant ainsi un cercle parfait : vaste prison ou vertiges de l’infini ?
C’est à cet exact entre-deux, au cœur de ce précieux questionnement, que prend place Lady In The Water, qui voudrait faire coïncider fiction et narration. Evidemment, le spectateur a ici toute sa place (plutôt : toutes les places), même si le film semble se substituer à lui. Chaque personnage est une porte d’entrée dans la fiction, tantôt ouverte, tantôt fermée, sans que chacun ait d’abord un rôle assigné : manière de reprendre au compte du film le rhizome narratif propre aux grandes séries télé, ce balancement permanent des possibles. A bien y regarder, Shyamalan refuse de faire le deuil de ces possibles (ce deuil que l’on appelle « scénario »), pour lui préférer un croisement d’hypothèses, à travers un dispositif non pas forclos mais centrifuge, narration enroulée qui doit revenir à son début, embrassant ainsi cette manière qu’a tout récit de forger au mieux un mythe, plus prosaïquement une fable. Dans les deux cas, on achoppe nécessairement sur la communauté, comme confluence culturelle (y voir alors un repli apaisé, un retour au village - même global - contre l’altérité plutôt qu’une ouverture, vaut contresens). Le choix de Shyamalan d’abandonner en cour de route certaines hypothèses formulées (dont celle de Farber qui en vaut bien une autre), pour lui préférer l’utopie aura sans doute fait grincer bien des dents, il n’empêche : il faut boucler la boucle, constitutive de la communauté, à la fois porteuse et destinataire de la fiction. Par quoi l’utopie n’implique pas (seulement) un message, mais la nécessité et la vertu de toute fable. Rien d’autre qu’une allégeance au genre, non dénuée d’humour sinon d’ironie, où compte moins la conclusion de l’histoire que son déroulement. C’est pourquoi l’hypothèse Farber n’est écartée qu’en fonction de la crise du récit qu’elle implique et qu’il faut conjurer pour mener à bien la fiction. Aussi, Shy prend acte de ce que la critique est bien une activité créatrice, une reformulation de la fiction, contre laquelle il doit évidemment s’inscrire en faux en tant que cinéaste. C’est de bonne guerre (et c’est très drôle, plus fin qu’il n’y paraît). Reste l’enfant, et surtout le gag des boîtes de céréales qui en font un consommateur averti plus qu’une pythie de fortune (encore que le prosaïsme du film ait son importance) : nul besoin de recourir à l’innocence ; il ne s’agit pas de cela, au contraire, puisque la question posée par le film demeure « que faire de la fiction lorsque je sais, lorsqu’il lui est impossible aujourd’hui de se nourrir de mon ignorance ?» C’est là que le film croise sa contemporanéité et son archaïsme, s’invente une histoire et dans le même temps prend acte de sa crise (Manny Farber encore), reformule sa fiction à l’envers sans que ne soit même entamée la croyance, irréductible au savoir. Sinon celui de raconter…



Commentaires
C’est vrai que le film reproduit dans sa construction, le caractère improvisé du conte que racontait Shyamalan à ses enfants, y ajoutant régulièrement de nouveaux éléments pour prolonger leur plaisir (et le sien, j’imagine), multipliant les rebondissements pour relancer la machine, matériau proche par sa structure de la série télé. En cela, la transposition dans un immeuble est plutôt bien venue qui permet d’ouvrir suffisamment de portes, comme autant de possibilités narratives, sans qu’on ait forcément besoin de toutes les exploiter. De là aussi toute une palette de personnages, la chinoise du dessus, l’(hémi)culturiste du dessous, le cruciverbiste d’à côté, etc., tous solidaires pour faire avancer le récit jusqu’à leur rassemblement final au bord de la piscine, dans une séquence qui n’est pas sans évoquer la “Party” de Blake Edwards, où rien ne marche comme prévu, jusqu’au “scrunt” pareil à l’éléphant. Même le personnage de Farber (clin d’œil possible à Manny Farber, et à travers lui à l’intellectuel, encore que pour Farber le rôle du critique n’était pas tant d’expliquer les films que d’en prolonger le mystère), semble par sa fonction de corps étranger (pour les autres il n’est que le 13B) un cousin lointain du personnage de Peter Sellers – d’ailleurs ses interprétations erronées ne sont pas loin de précipiter le film à la catastrophe. Il y a là une vraie dimension comique, celle de la comédie sociale, qui est la part réussie du film. Mais c’est aussi par son côté régressif que le film fonctionne, à l’image du personnage principal acceptant de “faire le bébé” pour qu’on lui raconte la suite de l’histoire. Sauf que cette histoire, celle qui s’écrit à mesure que le film avance, est une telle ineptie qu’elle désamorce en permanence le caractère jouissif que revêt l’entreprise par ailleurs. Il ne s’agit pas de simples scories qu’il suffirait de balayer d’un revers de main, mais d’un vrai problème – renforcé par la présence de Shyamalan, jouant lui-même (et très mal) le rôle d’un écrivain dont le livre est appelé à changer le monde ! – problème que le film n’arrive jamais à résoudre et qui tient peut-être au fait, c’est une hypothèse, que le comique surtout quand il est régressif est totalement réfractaire à l’univers lénifiant du conte, autrement dit qu’il y a là deux formes de croyance qui ne sont pas du tout compatibles. C’est ce qui rend le film si dérangeant, toujours en porte-à-faux, et au final plutôt raté (même si, pour ma part, il pourrait se bonifier avec le temps).
Quant à la question postmoderne par excellence : “que faire de la fiction lorsqu’on sait ?”, c’est un faux problème. Dans les grands films, on fait toujours comme si on ne savait pas, quelle que soit la fiction. C’est de là que naît le plaisir…
Shyamalan n'est évidemment pas le seul : je voulais dire, par son "seul cinéma", que cette crise qui gouverne le cinéma hollywoodien (et non US : c'est corrigé), Shy la fait sienne, et voudrait l'appliquer pour lui, à son propre cinéma. En d'autres termes, ce sont ses films passés qu'il met en crise, à la lumière des nouvelles orientations narratives proposées d'un côté par les séries, de l'autre par ce néo-classicisme permis par les nouvelles technologies (et que je date de la fin des années 90, ce qui ne date pas non plus d'hier, il est vrai).
Le problème de Shy, comme de bien d'autres, c'est de trouver une solution pour sortir de ce qu'on a longtemps appelé, faute de mieux, le "maniérisme". C'est ça, se demander "que faire de la fiction lorsque l'on sait", sortir de ce savoir triste propre au maniérisme, cette conscience de venir trop tard. Le parcours de Shy est au fond assez logique, puisqu'il se place d'emblée du côté des fantômes ("Sixième sens, que je n'aime pas bcp) avec le besoin progressif d'en sortir ("Incassable" posait dès le film suivant la question - plus urgente alors - de l'incarnation : comment la rendre possible lorsque l'image elle-même devient ce grand bain où la collure se retrouve diluée, où le plan devient mouvant, tant ses frontières deviennent poreuses). Etre du côté des fantômes, c'est être encore dans le post-mortem du cinéma, chose que "Le Village" voudra éviter, lui préférant une sorte de forme ad aeternam, absolue, une sur-présence de la mise en scène qui s'enferme sur elle-même au risque de l'asphyxie. D'où que "La Jeune fille" arrive, à mon sens, à point nommé pour en sortir, et revenir se faisant, avec bcp de naïveté il est vrai (mais ça ne me gêne aucunement, c'est même l'un des charmes du film), à la seule question de la fiction comme matière première hollywoodienne, "fiction" au sens large du terme : l'art de raconter une histoire, quand celui-ci est déjà en pleine mutation (vous citez Lynch et De Palma, qui ont effectivement à coeur, chacun à leur manière, de lier narration et invention formelle).
Je ne voit pas en Shy un grand moderne parce qu'il déconstruit son histoire, mais parce qu'il choisit de revenir à une forme première, archaïque de la fiction : le conte (tout le contraire de la pseudo-modernité, Tlön parle de "pirandellisme à la petite semaine", qui se sait évidemment dejà vieille, et qui consiste à recourir à une mise en abyme). C'est le croisement, qui est passionnant : ou plutôt, cette déflation volontaire entre l'apparente complexité de la narration, son côté éclaté, et la simplicité enfantine de l'histoire racontée. Manière pour Shy de se poster là où ça se passe aujourd'hui, c'est-à-dire dans cette oscillation entre archaïsme (retour ripoliné des vieux mythes, des belles histoires de grand-papa) et modernité elle-même sujette à caution, tant la refonte formelle du cinéma américain depuis la fin des années 60 a depuis longtemps dépassé la date de péremption (l'éternel maniérisme, donc).
C'est pourquoi, enfin, il n'y a pas : d'un côté "ça fonctionne" (fiction), de l'autre non (crise de la fiction). Tout se remet à fonctionner dans et par cette "crise" (qui n'est pas un mal en soi, bien au contraire), où la naïveté apparait alors comme une porte de sortie, une manière de postuler un retour aux sources quand tout apparaît comme déjà trop tard.
CONSIGNES:
Quand tu choisis les noms, sois sûr que ce sont des personnes que tu
connais
et fais-le d'après ton premier instinc .Descend ligne par ligne. Ne lis pas en dessous, tu gâcheras tout le fun parti
1. Ecris les chiffres de 1 a 11 dans une colone
2. A côté des chiffres 1 et 2, écris 2 nombres aux choix
3. A côté des chiffres 3 et 7,inscrit le nom d'une personne de sexe opposé (noms differents )
Ne regarde pas trop bas ou ca ne marchera pas. Avance point ,par point...
4. Ecris le nom de n'importe qui (par ex.: amis, famille) à côté des chiffres 4, 5 et 6. (noms differents)
Ne triche pas ou tu regretteras
5. Ecris quatre titres de chansons en 8, 9, 10 et 11
6. Finalement, fais un voeu Ici est la clef du jeu
RESULTAT :
1.Tu dois parler de ce jeu à un certain nombre de personnes (le nombre qui est à côté du 2).
2. La personne en place 3 est celle que tu aimes.
3. Celle en place 7 est quelqu'un que tu apprécies beaucoup mais avec qui ça ne marche pas.
4. La personne que tu as mise en 4 est qqn à qui tu tiens vraiment beaucoup .
5.La personne que tu as nommée en place 5 est celle qui te connait très bien
6. La pers. que tu as inscrite en 6 est ta personne porte-bonheur
7. La chanson en 8 est celle qui s'associe avec la personne en 3.
8. Le titre en 9 est la chanson pour la personne en 7
9. La chanson en 10 est celle qui t'en dit le plus sur ton esprit
10. La chanson en 11 est celle qui révèle tes sentiments par rapport à la vie.
Mets cela sur 10 blogs dans l'heure qui suit ta lecture de ce mot. Si tu le fais ton voeu se réalisera. Si tu ne le fais pas, ça deviendra l'inverse ! Sacrément bizarre... Mais ça à l'air de marcher... fais seuleument copier/coller
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