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<wml xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><head><meta http-equiv="Content-Type" content="text/vnd.wap.wml;charset=ISO-8859-1"/></head><card id="main" title="KAYWA"><p><big>Ce qui nous regarde ...</big><br/>Le weblog de S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict<br/></p><p><small>17.4.2005,&#xA0;18:15</small><br/><b><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cine-cuisine/devines-qui-vient-diner--1.html">Devine qui vient d&#xEE;ner ?</a></b></p><p>[<a href="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2005/4/30/mob207_1113754538.gif">image</a>]<br/>
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Inauguration d&#x2019;une nouvelle rubrique : la critique culinaire et cin&#xE9;matographique.<br/>
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Trois adolescents et un petit d&#x2019;homme, maman hors champ, sont &#xE0; la cuisine. D&#x2019;embl&#xE9;e, l&#x2019;absence de la m&#xE8;re, pourvoyeuse de nourriture, se fait remarquer. L&#x2019;espace de la cuisine est d&#x2019;abord donn&#xE9; comme social, on s&#x2019;y retrouve pour y jouer &#xE0; Donjons et Dragons, quand vient la manifestation subite de ce que la m&#xE8;re manque : il faudrait songer &#xE0; manger. Au petit d&#x2019;homme de pallier &#xE0; l&#x2019;absence de plat, donc de s&#x2019;improviser homme, et p&#xE8;re de surcro&#xEE;t (lequel manque aussi, ceci explique cela) : il lui faut sortir de la maison, du giron familial, en qu&#xEA;te d&#x2019;une cuisine pr&#xEA;te &#xE0; l&#x2019;emploi, palliative &#xE0; l&#x2019;absence de la m&#xE8;re, une cuisine orpheline en somme : son fr&#xE8;re le charge d&#x2019;aller chercher des pizzas.<br/>
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C&#x2019;est l&#xE0; que l&#x2019;expression &#xAB; self-service &#xBB; prend tout son sens. Mythologique (pour nous) et initiatique (pour l&#x2019;enfant). Le jeune gar&#xE7;on, Eliott, doit par ce rapport de soi &#xE0; soi contourner sa m&#xE8;re, se servir de la nourriture pour y trouver le champ n&#xE9;cessaire &#xE0; son autonomie. A ce &#xAB; sers-toi toi-m&#xEA;me &#xBB;, Spielberg lui r&#xE9;pond, soucieux de ce que l&#x2019;enfant ne se perde pas dans la nuit. Il invente, au bout du chemin, une figure de l&#x2019;alt&#xE9;rit&#xE9; qui est aussi une figure adoptive, extra-familiale, et m&#xEA;me extra-terrestre : E.T. A ce dernier la charge d&#x2019;incarner le reflet mythologique des pratiques culinaires am&#xE9;ricaines, expression quotidienne de l&#x2019;id&#xE9;ologie lib&#xE9;rale, sur le mode : &#xAB; on n&#x2019;est jamais mieux servi que par soi-m&#xEA;me &#xBB;. C&#x2019;est en allant chercher les pizzas qu&#x2019;Eliott va se trouver ; mieux, se retrouver dans l&#x2019;Autre. Eliott, c&#x2019;est l&#x2019;Am&#xE9;rique en marche vers l&#x2019;ingurgitation compulsive de ce qui n&#x2019;est pas elle. E.T. en retour accepte de jouer le jeu, &#xE0; la fa&#xE7;on d&#x2019;une chasse au tr&#xE9;sor qui redouble la fonction sociale du jeu de r&#xF4;le initial (Donjons et Dragons), dont il n&#x2019;est pas innocent que la cuisine, d&#xE8;s l&#x2019;ouverture, soit le th&#xE9;&#xE2;tre. S&#x2019;improvisant petit Poucet, Eliott attire &#xE0; lui la cr&#xE9;ature affam&#xE9;e en disposant sur son chemin des bonbons de couleur. Le d&#xE9;tour par le conte accro&#xEE;t le double mouvement de l&#x2019;initiation, de l&#x2019;enfant vers la cr&#xE9;ature et inversement. L&#x2019;offre de nourriture (r&#xE9;solument enfantine celle-l&#xE0;, et finalement r&#xE9;gressive puisqu&#x2019;elle conduit E.T., f&#x153;tus en marche, vers la chambre d&#x2019;Eliott, espace du repli sur soi), &#xE9;quivaut pour Spielberg &#xE0; la mise en place du canal de communication entre les deux &#xEA;tres. Elle cr&#xE9;&#xE9; du lien, et un cas de figure contraire au pr&#xE9;c&#xE9;dent : les pizzas conduisaient l&#x2019;enfant dehors, les bonbons ram&#xE8;nent vers le dedans.<br/>
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Commence alors une pratique d&#x2019;ingestion (du dehors au-dedans) bient&#xF4;t renouvel&#xE9;e tout le long du film, et dont E.T. est la repr&#xE9;sentation, au sens propre, puisque si souvent compar&#xE9;, &#xE0; juste titre, &#xE0; un &#xE9;tron vivant. Ce que E.T. accepte, &#xE0; travers les bonbons, c&#x2019;est de se conformer au mod&#xE8;le d&#x2019;existence de l&#x2019;enfant ; il apprend par l&#xE0; &#xE0; se servir. Plus tard, la rencontre comique de la cr&#xE9;ature avec le frigo affirmera sa prise de conscience. Le frigo pallie &#xE0; son tour &#xE0; l&#x2019;absence, de la m&#xE8;re pour Eliott, d&#x2019;Eliott lui-m&#xEA;me pour la cr&#xE9;ature. Lorsqu&#x2019;E.T. se sert (de la bi&#xE8;re et du p&#xE2;t&#xE9; pour chien), il engage un processus de t&#xE9;l&#xE9;pathie avec l&#x2019;enfant, lequel s&#x2019;&#xE9;croule de son c&#xF4;t&#xE9;, ivre mort, dans la salle de classe. Manger et boire, cela devient tout ensemble r&#xE9;gresser (devenir caca, s&#x2019;&#xE9;crouler) et grandir (apprendre &#xE0; n&#x2019;en plus faire la demande ; ou comme ici, s&#x2019;affronter &#xE0; l&#x2019;interdit des grands : l&#x2019;alcool).<br/>
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En un sens, si E.T. accepte cela si facilement, c&#x2019;est qu&#x2019;il a compris l&#x2019;Am&#xE9;rique d&#xE8;s l&#x2019;abord, &#xE0; travers ce refus de la cr&#xE9;ation culinaire qui pr&#xE9;f&#xE8;re le pr&#xEA;t &#xE0; l&#x2019;emploi : l&#x2019;Am&#xE9;rique, cl&#xE9; en main, se donne toute enti&#xE8;re comme d&#xE9;j&#xE0;-l&#xE0;, d&#xE9;j&#xE0; consomm&#xE9;e, &#xE0; l&#x2019;image de sa nourriture imm&#xE9;diate et spontan&#xE9;e. Exclues, la pr&#xE9;paration, la mise en place, sinon de mani&#xE8;re purement sc&#xE9;naristique, en tous les cas facilit&#xE9;e. E.T. dig&#xE8;re, ingurgite, se fond dans l&#x2019;autre, devient l&#x2019;autre, et l&#x2019;autre par lui devient le m&#xEA;me, et tout le monde finit par se reconna&#xEE;tre de partager le frigo ; E.T. lui, a toutefois de l&#x2019;avance. Etron global, il est cette digestion permanente &#xE0; lui tout seul, par o&#xF9; la communication est un canal, digestif aussi bien. Et une mani&#xE8;re de dire, entre deux bouch&#xE9;es et trois poutous, que l&#x2019;anus est la chose du monde la mieux partag&#xE9;e, et que si tout le monde chie, selon l&#x2019;expression consacr&#xE9;e, alors, cela ram&#xE8;ne tout le monde &#xE0; &#xE9;galit&#xE9;. Du frigo aux cabinets, E.T. chef-d&#x2019;&#x153;uvre trivial, r&#xE9;invente au sceau du fast-food familial l&#x2019;ordinaire fraternit&#xE9; des hommes.<br/>
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S.B.&#xA0;</p><p><small><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cine-cuisine/devines-qui-vient-diner--1.html">Commentaires</a>&#xA0;(4)
        <br/>Cat&#xE9;gorie:&#xA0;<a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cine-cuisine">cin&#xE9;-cuisine</a><br/></small></p><p><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/p117.html">&#xAB; pr&#xE9;c</a>
	   	 &#xA0;|&#xA0;
	   	 <a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/p113.html">suiv &#xBB;</a></p><p align="center"><br/>- COMMENTAIRES -</p><p><b>sandrine</b><br/>20.04.2005, 19:30<br/>Ce texte, c'est du lard ou du cochon ? De l'humour de cin&#xE9;phile sans doute... :-)<br/>
Et m&#xEA;me quand tu te prends &#xE0; divaguer, &#xE7;a reste excellent !<br/><br/><b>S&#233;bastien</b><br/>20.04.2005, 21:27<br/>Du lard ET du cochon, pour rester dans l'ordre de la m&#xE9;taphore culinaire...<br/><br/><b>sandrine</b><br/><a href="http://contrechamp.kaywa.com/mobile">http://contrechamp.kaywa.com</a><br/>28.04.2005, 08:45<br/>J'emprunte &#xE0; Ludovic de Cin&#xE9;matique, sa note du jour :<br/>
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"Berlusconi, c'est le m&#xE9;dia au pouvoir. C'est le grand consommateur profond&#xE9;ment convaincu que la vie se r&#xE9;duit au m&#xE9;tabolisme : manger et chier. En ce sens, il est le proph&#xE8;te du 'WC total' qui remplace ce que nous avons autrefois appel&#xE9; la r&#xE9;alit&#xE9;. Tel est l'aspect abyssal du post-modernisme. Nous sommes sortis de l'&#xE8;re des grandes luttes pour entrer dans le r&#xE8;gne biopolitique de la grande digestion."<br/>
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(Peter Sloterdijk, in Technikart, Avril 2005)<br/><br/><b>Malek</b><br/><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/exturl/http/Tu">Tu</a><br/>02.02.2007, 10:17<br/>Jesber que<br/><br/></p><p>1-4&#xA0;/&#xA0;
			  4<br/></p><p align="center"><br/>- LAISSER UN COMMENTAIRE -</p><p><fieldset>Nom<br/><input name="commentauthor" emptyok="true"/><br/>Email<br/><input name="commentauthoremail" emptyok="true"/><br/>Url<br/><input name="commentauthorurl" emptyok="true"/><br/>Commentaire<br/><input name="commentcontent" emptyok="true"/><br/></fieldset><br/><anchor><go href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cine-cuisine/devines-qui-vient-diner--1.html" method="post"><postfield name="ID" value="115"/><postfield name="action" value="moblog"/><postfield name="moblog[comments][comment_author]" value="&#36;commentauthor"/><postfield name="moblog[comments][comment_author_email]" value="&#36;commentauthoremail"/><postfield name="moblog[comments][comment_author_url]" value="&#36;commentauthorurl"/><postfield name="moblog[comments][comment_content]" value="&#36;commentcontent"/><postfield name="moblog[comments][comment_autobr]" value="on"/><postfield name="moblog[comments][_submit]" value="OK"/></go>OK</anchor><br/></p><p align="center">- NAVIGATION -</p><p><a href="/mobile">Accueil de Blog</a><br/><a href="/mobile/latestcomments">Derniers commentaires</a><br/><a href="/mobile/all">Cat&#xE9;gories</a><br/><a href="/mobile/galleries">Galeries</a><br/><a href="/mobile/blogroll">Liens</a><br/><a href="/mobile/archive">Archives</a><br/><a href="#top">Haut de page</a><br/><a href="#bottom">Bas de page</a><br/><a href="/mobile/about">A mon sujet</a><br/></p><p align="center">- META-NAVIGATION -</p><p><a href="http://home.kaywa.com/mobile">Accueil de Portalog</a><br/><a href="http://register.kaywa.com/mobile">Inscription</a><br/><a href="http://help.kaywa.com/mobile">Aide</a><br/><a href="http://about.kaywa.com/mobile">Impressum</a><br/><a href="http://tos.kaywa.com/mobile">Conditions</a><br/></p><p>&#xA9; 2004-2006 Kaywa AG. Tous droits r&#xE9;serv&#xE9;s.</p></card></wml>
