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<wml xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><head><meta http-equiv="Content-Type" content="text/vnd.wap.wml;charset=ISO-8859-1"/></head><card id="main" title="KAYWA"><p><big>Ce qui nous regarde ...</big><br/>Le weblog de S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict<br/></p><p><small>18.6.2005,&#xA0;01:39</small><br/><b><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/motifs/la-chair-de-limage-iii.html">La chair de l'image III</a></b></p><p>[<a href="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2005/6/30/mob231_1119051986.gif">image</a>][<a href="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2005/6/30/mob232_1119052002.gif">image</a>]<br/>
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3&#xB0;) L&#x2019;acceptation<br/>
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Pour s&#xFB;r, il y a regain de tristesse dans l&#x2019;image num&#xE9;rique, aussi parce que son utilisation ne se fait pas sans culpabilit&#xE9;. Cela se joue, &#xE9;videmment, au niveau de la perte possible de l&#x2019;identit&#xE9;. Un corps manque, une image le remplace. Cette image, pour qu&#x2019;elle fasse moins peur d&#x2019;&#xEA;tre ainsi cr&#xE9;&#xE9;e spontan&#xE9;ment, &#xE0; partir de rien, doit &#xEA;tre au moins ressemblante, de quoi y retrouver du m&#xEA;me. Symptomatique, le premier morphing de synth&#xE8;se au cin&#xE9;ma (Abyss de James Cameron), &#xE9;tait justement le lieu d&#x2019;un mim&#xE9;tisme, &#xE7;a fonctionnait comme image-miroir, une eau en mouvement qui r&#xE9;actualisait alors la fontaine de Narcisse. Bref, pas nouveau. On remarquera ceci en passant : d&#xE8;s qu&#x2019;il y a des images nouvelles, elles se calent d&#x2019;entr&#xE9;e de jeu sur des mythes identitaires, rejouent chaque fois la m&#xEA;me th&#xE9;ologie, on ne cr&#xE9;e pas impun&#xE9;ment, etc. Dit autrement, la nouveaut&#xE9; fait toujours pr&#xE9;valoir son pendant archa&#xEF;que.<br/>
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L&#xE0;-dessus, m&#xEA;me au niveau du mim&#xE9;tisme, appelons &#xE7;a le syndrome Body Snatchers, la peur que sous le m&#xEA;me se cache en r&#xE9;alit&#xE9; l&#x2019;autre, finit par ne rien changer au probl&#xE8;me. Cameron y revient avec son film suivant : ce qu&#x2019;il y a de plus inqui&#xE9;tant dans Terminator 2, c&#x2019;est &#xE7;a, cet autre absolu qui n&#x2019;est rien parce qu&#x2019;il peut &#xEA;tre tout &#xE0; la fois. Pas seulement n&#x2019;importe qui : tout, mati&#xE8;re absolument changeante, capable d&#x2019;ing&#xE9;rer, pire, de reprogrammer tout ce qui passe &#xE0; sa port&#xE9;e (l&#xE0;, Cameron fait le lien avec une autre peur, qui en r&#xE9;alit&#xE9; est la m&#xEA;me, trace une g&#xE9;n&#xE9;alogie craintive &#xE0; partir de son propre travail dans les ann&#xE9;es 80 : le premier Terminator, c&#x2019;est-&#xE0;-dire concr&#xE8;tement la machine, le computer). On y est encore, l&#x2019;ordinateur, qui sert de base &#xE0; toutes les machines, se cache, le tra&#xEE;tre, derri&#xE8;re les nouvelles images. Au centre jadis de maints sc&#xE9;narios parano&#xEF;aques, il est d&#xE9;sormais embusqu&#xE9;, par pixels interpos&#xE9;s, de moins en moins carr&#xE9;s, de plus en plus diffus ; l&#x2019;objet de la peur se d&#xE9;place, l&#x2019;ordinateur n&#x2019;est plus cette chose reconnaissable encore, mais la porte d&#x2019;entr&#xE9;e vers le virtuel, non plus une chose, mais un monde possible. Les changement &#xE0; vue du furieux T 1OOO marquaient alors le passage, par perte d&#x2019;&#xE9;quilibre, de constance, vers la fin du tangible. De quoi faire regretter ce bon vieux &#xAB; r&#xE9;el &#xBB;.<br/>
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Plus courageux, les japonais qui ne sont pas pour rien dans ce ph&#xE9;nom&#xE8;ne, seront donc all&#xE9;s le plus loin. Normal : ils ont d&#xFB; par l&#xE0; continuer la guerre avec les am&#xE9;ricains, se reconstruire comme pays, c&#x2019;est-&#xE0;-dire comme histoire. Tout recommencer, &#xE0; partir de la bombe atomique. Cela, les Etats-Unis ne l&#x2019;avaient pas pr&#xE9;vu. Il leur a fallu compter avec le renouveau &#xE9;conomique nippon bas&#xE9; sur les nouvelles technologies, partant int&#xE9;grer les nouvelles images comme donn&#xE9;e impos&#xE9;e. On peut donc risquer ici l&#x2019;hypoth&#xE8;se d&#x2019;une culpabilit&#xE9; am&#xE9;ricaine double, historiquement constitu&#xE9;e. A fortiori dans un pays domin&#xE9; encore par le catholicisme. Pas b&#xE9;gueule, et surtout th&#xE9;ologien (voire gourou) dans l&#x2019;&#xE2;me, Lucas est un des rares &#xE0; qui le num&#xE9;rique n&#x2019;a jamais pos&#xE9; r&#xE9;ellement probl&#xE8;me, pas plus que les japonais dont il n&#x2019;a jamais cach&#xE9; l&#x2019;influence sur son travail (en particulier Kurosawa). Lucas, en quelque sorte, s&#x2019;est appliqu&#xE9; &#xE0; nationaliser les nouvelles images, &#xE0; les accepter comme telles, sans toutefois les probl&#xE9;matiser. C&#x2019;est l&#xE0; son c&#xF4;t&#xE9; rose-bonbon d&#xE9;mocratique (type &#xAB; we are the world &#xBB;, refrain bien connu), mais n&#xE9;anmoins touchant (finalement) : la cohabitation reste sereine entre les diff&#xE9;rents r&#xE9;gimes d&#x2019;image et de corps, o&#xF9; chacun a droit de cit&#xE9; quelque soit sa forme. Exception qui confirme la r&#xE8;gle m&#xE9;lancolique, Lucas fait fi de la culpabilit&#xE9; (trop heureux d&#x2019;offrir son monde &#xE0; lui), laquelle pourtant, m&#xEA;me chez les japonais, n&#x2019;est pas en reste :<br/>
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Frappe, dans Final Fantasy le film, l&#x2019;importance accord&#xE9;e au mot &#xAB; ghost &#xBB; : fant&#xF4;me. A passer tout entier dans le champ du num&#xE9;rique, le corps y trouve un malaise d&#x2019;incarnation qui pr&#xE9;vaut &#xE0; la civilisation tout enti&#xE8;re. Ici, le num&#xE9;rique mime le corps avec toutefois la conscience, non pas de mal le mimer (de ce point de vue, c&#x2019;est impressionnant), mais de ne peut-&#xEA;tre pas y arriver totalement : ce n&#x2019;est pas la technique qui pose probl&#xE8;me, c&#x2019;est encore la morale. Chacun y va de son sentiment d&#x2019;existence, sans que cette vell&#xE9;it&#xE9; d&#x2019;&#xEA;tre ne soit autre chose qu&#x2019;une vell&#xE9;it&#xE9; pr&#xE9;cis&#xE9;ment : mani&#xE8;re de repli discret, regards un peu perdu dans un flou secret de pixels invisibles. Paradoxalement, en ce qu&#x2019;il manque, l&#x2019;humain n&#x2019;a jamais &#xE9;t&#xE9; aussi pr&#xE9;sent que dans ce film, &#xE0; la fois orgueilleux et triste de n&#x2019;&#xEA;tre finalement qu&#x2019;une copie. Reste le &#xAB; ghost &#xBB;, ce nouveau Sisyphe de la SF moderne : nouveau sc&#xE9;nario cette fois, pour marquer en dernier lieu l&#x2019;affermissement th&#xE9;orique des nouvelles images. L&#x2019;esprit prend le pas sur la lettre, l&#x2019;anima sur le corps. Th&#xE9;ologie toujours : &#xE0; nouvelles images, nouvelle mystique. A suivre encore, dans le cin&#xE9;ma &#xE0; venir&#x2026;<br/>
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S.B.<br/>&#xA0;</p><p><small><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/motifs/la-chair-de-limage-iii.html">Commentaires</a>&#xA0;(13)
        <br/>Cat&#xE9;gorie:&#xA0;<a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/motifs">Motifs</a><br/></small></p><p><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/p132.html">&#xAB; pr&#xE9;c</a>
	   	 &#xA0;|&#xA0;
	   	 <a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/p130.html">suiv &#xBB;</a></p><p align="center"><br/>- COMMENTAIRES -</p><p><b>jean-s&#233;bastien</b><br/>20.06.2005, 11:47<br/>c'est marrant, tes exemples sont essentiellement am&#xE9;ricains, comme s'il n'y avaient qu'eux qui travaillaient cette "chair de l'image"...(tu aurais pu aussi citer le cin&#xE9;ma asiatique peut-&#xEA;tre &#xE0; la rigueur, des cin&#xE9;astes comme Kiyoshi Kurosawa, des films comme House of Fliyonf Dagger)...<br/>
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c'est assez symptomatique...<br/>
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tr&#xE8;s belle s&#xE9;rie en tout cas...<br/><br/><b>S&#233;bastien</b><br/>20.06.2005, 17:12<br/>Oui, je m'en suis rendu compte en &#xE9;crivant. Mani&#xE8;re inconsciente d'articuler un th&#xE8;me avec un autre, lequel m'occupe depuis trois ans d&#xE9;j&#xE0;... Au reste, l'Am&#xE9;rique demeure pour moi le principal sympt&#xF4;me du cin&#xE9;ma mondial.<br/><br/><b>jean-s&#233;bastien</b><br/>20.06.2005, 18:51<br/>oui, on est d'accord l&#xE0; dessus...il suffit de ne regarder que les images pour voir que le cin&#xE9;ma am&#xE9;ricain invente litt&#xE9;ralement de "nouvelles images", de nouvelles visions...<br/>
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c'est curieux parce que le clich&#xE9; veut que ce sont les am&#xE9;ricains qui formatent le cin&#xE9;ma mondial, mais en r&#xE9;alit&#xE9;, si on prend simplement le cin&#xE9;ma aurop&#xE9;en (entit&#xE9; dont je ne suis pas s&#xFB;r qu'elle existe cela dit) on se rend compte que dans sa grande majorit&#xE9;, c'est lui qui est format&#xE9; pour et par la t&#xE9;l&#xE9;<br/><br/><b>jean-s&#233;bastien</b><br/>20.06.2005, 18:59<br/>disons qu'en Europe, on semble en &#xEA;tre rest&#xE9; &#xE0; une vision wendersienne de l'amoralit&#xE9; de certains images, auxquelles il ne faudrait pas toucher, toute une opposition entre le pur et l'impur qui n'a pas cours ailleurs (USA, Japon) ou alors pas sous cette forme tr&#xE8;s curton...<br/>
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n&#xE9;anmoins chez Lucas, il me semble que son puritanisme applatit tout, est une mani&#xE8;re de gommer ce qui pourrait faire cission (secession); il n'y a plus aucun danger dans cette image num&#xE9;rique je trouve, &#xE0; la diff&#xE9;rence de celle de Final Fantasy o&#xF9; la question de l'ennemi est primordiale...chez Lucas, puisque tout est dig&#xE9;r&#xE9;, il n'y a plus de frottement (entendu que le frottement c'est aussi l'acceptation, la cohabitation)...<br/>
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enfin je me trouve un peu confus l&#xE0;...<br/><br/><b>S&#233;bastien</b><br/>20.06.2005, 22:57<br/>Evidemment,il y a aussi la question du primat &#xE9;conomique qui met les USA et le Japon bien au-dessus dans l'acces privil&#xE9;gi&#xE9; qu'ils ont &#xE0; ce type d'images. Cependant, c'est en France qu'un film s'est pour la premi&#xE8;re fois tourn&#xE9; en num&#xE9;rique int&#xE9;gral, usant d'un prototype de cam&#xE9;ra utilis&#xE9; par Lucas depuis :<br/>
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Je veux parler de "Vidocq" et de sa laideur inou&#xEF;e : nous sommes incapables, aujourdhui, de continuer &#xE0; (re)produire de la mythologie, m&#xEA;me "retap&#xE9;e", d'abord parce que nous ne questionnons pas, que se soit de mani&#xE8;re ouvertement th&#xE9;orique (cf. Japon) ou plus instinctive (Am&#xE9;rique), les novelles images, ainsi donn&#xE9;es sans autre forme de proc&#xE8;s.<br/>
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Il y aurait ainsi beaucoup &#xE0; dire sur cette mani&#xE8;re un peu vaine de retape, de cure de soi-disant jouvence op&#xE9;r&#xE9;e chez nous &#xE0; partir du num&#xE9;rique et des effets-sp&#xE9;ciaux en g&#xE9;neral. Ici, c'est le vieux qui fait retour ; pas l'archa&#xEF;que. On est pas encore sortis de l'imaginaire ORTF (Vidocq, Belph&#xE9;gor et j'en passe), d'un sur-moi tr&#xE8;s franchouillard : format&#xE9; par la t&#xE9;l&#xE9; en effet.<br/>
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En somme, chez nous, cela ne va pas dans le sens d'une plus grande latitude, au contraire ; il faudrait m&#xEA;me parler de resserrement, de pr&#xE9;-carr&#xE9;. L&#xE0;-dessus, seul un gars comme Gans est assez fou pour oeuvre &#xE0; quelque chose de r&#xE9;solument hybride (et souvent moche mais bon...)<br/>
<br/><br/><br/></p><p>1-5&#xA0;/&#xA0;
			  <a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/motifs/la-chair-de-limage-iii.html&#38;page=2">13</a><br/><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/motifs/la-chair-de-limage-iii.html&#38;page=1#comments">suiv &#xBB;</a></p><p align="center"><br/>- LAISSER UN COMMENTAIRE -</p><p><fieldset>Nom<br/><input name="commentauthor" emptyok="true"/><br/>Email<br/><input name="commentauthoremail" emptyok="true"/><br/>Url<br/><input name="commentauthorurl" emptyok="true"/><br/>Commentaire<br/><input name="commentcontent" emptyok="true"/><br/></fieldset><br/><anchor><go href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/motifs/la-chair-de-limage-iii.html" method="post"><postfield name="ID" value="131"/><postfield name="action" value="moblog"/><postfield name="moblog[comments][comment_author]" value="&#36;commentauthor"/><postfield name="moblog[comments][comment_author_email]" value="&#36;commentauthoremail"/><postfield name="moblog[comments][comment_author_url]" value="&#36;commentauthorurl"/><postfield name="moblog[comments][comment_content]" value="&#36;commentcontent"/><postfield name="moblog[comments][comment_autobr]" value="on"/><postfield name="moblog[comments][_submit]" value="OK"/></go>OK</anchor><br/></p><p align="center">- NAVIGATION -</p><p><a href="/mobile">Accueil de Blog</a><br/><a href="/mobile/latestcomments">Derniers commentaires</a><br/><a href="/mobile/all">Cat&#xE9;gories</a><br/><a href="/mobile/galleries">Galeries</a><br/><a href="/mobile/blogroll">Liens</a><br/><a href="/mobile/archive">Archives</a><br/><a href="#top">Haut de page</a><br/><a href="#bottom">Bas de page</a><br/><a href="/mobile/about">A mon sujet</a><br/></p><p align="center">- META-NAVIGATION -</p><p><a href="http://home.kaywa.com/mobile">Accueil de Portalog</a><br/><a href="http://register.kaywa.com/mobile">Inscription</a><br/><a href="http://help.kaywa.com/mobile">Aide</a><br/><a href="http://about.kaywa.com/mobile">Impressum</a><br/><a href="http://tos.kaywa.com/mobile">Conditions</a><br/></p><p>&#xA9; 2004-2006 Kaywa AG. Tous droits r&#xE9;serv&#xE9;s.</p></card></wml>
