<?xml version="1.0"?>
<!DOCTYPE wml PUBLIC "-//WAPFORUM//DTD WML 1.1//EN" "http://www.wapforum.org/DTD/wml_1.1.xml">
<wml xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><head><meta http-equiv="Content-Type" content="text/vnd.wap.wml;charset=ISO-8859-1"/></head><card id="main" title="KAYWA"><p><big>Ce qui nous regarde ...</big><br/>Le weblog de S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict<br/></p><p><small>09.7.2005,&#xA0;14:43</small><br/><b><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cin233ma/lheure-du-loup.html">L'Heure du loup</a></b></p><p>[<a href="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2005/7/30/mob234_1120913262.gif">image</a>]<br/>
<br/>
<br/>
<br/>
La Guerre des mondes, de Steven Spielberg<br/>
<br/>
Du nouveau ? Certes. E.T. n&#x2019;est plus ici. La communication, ce grand fantasme spielbergien, a &#xE9;t&#xE9; coup&#xE9;e. Over. Livr&#xE9;s &#xE0; eux-m&#xEA;mes, des personnages en manque vont aller jusqu'au bout de la nuit, tenter d&#x2019;en revenir. Happy end possible ? Il n&#x2019;emp&#xEA;che : le mal est fait.<br/>
<br/>
<br/>
En quoi le nouveau Spielberg est-il nouveau ? Autrement dit, qu&#x2019;est-ce qui en fait un film en plus, plut&#xF4;t qu&#x2019;un film de plus ? Qu&#x2019;il s&#x2019;agisse l&#xE0; d&#x2019;une somme, tout le monde en conviendra, vaste entreprise &#xE0; recycler tout ce qui a pr&#xE9;c&#xE9;d&#xE9; dans le cin&#xE9;ma de Spielberg. Mais rien ici ne vient terminer quoi que se soit : nul testament. Il s&#x2019;agit juste du meilleur film de son auteur. Si La Guerre des mondes arrive apr&#xE8;s, en plus, c&#x2019;est d&#x2019;abord comme chef-d&#x2019;&#x153;uvre, au sens propre : en t&#xEA;te de l&#x2019;&#x153;uvre, loin devant tous les autres. A cela, une &#xE9;vidente raison. Spielberg s&#x2019;invente sprinter hors pair, d&#xE9;ploie dans la premi&#xE8;re heure une vitesse d&#x2019;attaque au moins aussi efficace que celle des envahisseurs. Quelques sc&#xE8;nes suffisent, hitchcockienne et pr&#xE9;cieuse le&#xE7;on, &#xE0; dessiner un personnage, planter un d&#xE9;cor, d&#xE9;marrer le film. Famille d&#xE9;compos&#xE9;e, p&#xE8;re largu&#xE9;, quelques balles avec le fils rebelle qui bient&#xF4;t prend la voiture sans autorisation, pourchass&#xE9; par son g&#xE9;niteur. Qui arrive en trombe dans la rue, tombe sur ses voisins fascin&#xE9;s regardant derri&#xE8;re lui. Champ (la vie ordinaire, banlieusarde, d&#xE9;crite avec une r&#xE9;elle finesse de regard), contrechamp : le film peut d&#xE9;marrer, en trombe, c&#x2019;est le cas de le dire, un orage se d&#xE9;cha&#xEE;ne, et l&#xE0;, alors qu&#x2019;on le croyait &#xE0; bout de souffle, Spielberg passe la seconde, embraye sur l&#x2019;attaque en une s&#xE9;rie de s&#xE9;quences inou&#xEF;es, chaos par deux fois r&#xE9;f&#xE9;renc&#xE9; : entre Holocauste et 11/09, hier et aujourd&#x2019;hui, chacun fuit sans comprendre l&#x2019;horreur g&#xE9;nocidaire.<br/>
<br/>
Cin&#xE9;ma parano&#xEF;aque ? Au dernier degr&#xE9;. R&#xE9;activation de la grande peur ? Oui. Mais nulle id&#xE9;ologie r&#xE9;actionnaire. Mieux, Spielberg avance depuis quelques films habit&#xE9;s par la perte, vers l&#x2019;&#xE8;re du doute le plus profond. Sa ma&#xEE;trise laisse progressivement place au vacillement, &#xE0; ce qui, dans l&#x2019;image pourtant ad hoc manque, vient &#xE0; faire trembler l&#x2019;&#xE9;difice comme ch&#xE2;teau de cartes. Ce qui manque ? Toujours un fils, une fille, ou un p&#xE8;re. Fiction familialiste, mais d&#xE9;g&#xE9;n&#xE9;r&#xE9;e par l&#x2019;angoisse du lien rompu, plus petit d&#xE9;nominateur commun de la grande forme collective, de sa grande peur donc. En un sens, il y a bien somme, dans cette obsession du manque qui conduit Spielberg &#xE0; l&#x2019;&#xE9;prouver &#xE0; l&#x2019;&#xE9;chelle plan&#xE9;taire.<br/>
<br/>
Ray Ferrier (Tom Cruise), choisit comme les autres de fuir devant l&#x2019;attaque, entame sa Nuit du chasseur &#xE0; lui, en compagnie de son grand fils (qui le d&#xE9;teste), de sa fille r&#xE9;guli&#xE8;rement en proie &#xE0; des crises de panique. Repli in&#xE9;vitable, alors, sur la petite famille, mais qui ne cesse de devoir rendre des comptes au reste de l&#x2019;humanit&#xE9;, laquelle ne se laisse pas facilement oublier. La famille non plus : les deux enfants n'arr&#xEA;tent pas de r&#xE9;primander leur p&#xE8;re, de le renvoyer &#xE0; ce qu&#x2019;il n&#x2019;est pas pour eux (un p&#xE8;re, justement). C&#x2019;est par le collectif, par l&#x2019;horreur possible au d&#xE9;tour d&#x2019;un plan, que celui-ci devra se justifier en tant que tel. Lui que sa fille, en particulier, va rendre au monde et non l&#x2019;inverse. Spielberg n&#x2019;a jamais &#xE9;t&#xE9; un cin&#xE9;aste paternaliste. Plus que jamais, il est ce grand malade qui d&#xE9;pense des millions en psychanalyse, un obsessionnel qui d&#xE9;sormais se laisse volontiers d&#xE9;passer par son obsession. Comme l&#x2019;enfant robot de A.I., l&#x2019;adolescent multiple de Catch Me, Ferrier est un monstre, un personnage en manque, un creux qu&#x2019;il faut remplir. Ces personnages ne d&#xE9;rivent jamais de leur but, qui les conduit, au sens propre, &#xE0; pied &#xE0; cheval en voiture, vers ce qui manque en eux. Depuis quelques temps, Spielberg ne met en sc&#xE8;ne que des odyss&#xE9;es. Retour &#xE0; la grande fiction primitive, La Guerre des mondes fonctionne sur la cohabitation du repli et de l&#x2019;ouverture, de l&#x2019;obsession et de ce qui la contrarie, finit par l&#x2019;endiguer : plus que jamais, le cin&#xE9;aste int&#xE8;gre ici l&#x2019;Am&#xE9;rique contemporaine &#xE0; son histoire.<br/>
<br/>
Ne pas oublier l&#x2019;enfant, toujours lui, qui du p&#xE8;re &#xE0; sa prog&#xE9;niture, fait la ressemblance : Ferrier, &#xE0; la moindre occasion, ferme les yeux de sa fille, voudrait la pr&#xE9;server de l&#x2019;horreur du monde. A l&#x2019;injonction r&#xE9;p&#xE9;t&#xE9;e (&#xAB; ne regarde pas &#xBB;), Ferrier oppose la n&#xE9;cessit&#xE9; pour lui de voir, voir sa fille, co&#xFB;te que co&#xFB;te. Alors qu&#x2019;elle demande &#xE0; s&#x2019;arr&#xEA;ter sur le bord de la route pour un besoin pressant, il lui ordonne de rester en vue. Bien s&#xFB;r, elle oppose sa pudeur et s&#x2019;&#xE9;loigne, non sans l&#x2019;avoir trait&#xE9;, &#xE0; juste titre, de malade. C&#x2019;est en &#xE9;chappant au regard possessif du p&#xE8;re qu&#x2019;elle va &#xE9;prouver alors son propre regard : d&#xE9;couvrir sur le fleuve en amont un premier cadavre, puis deux, trois, une multitude enfin. Ce que le p&#xE8;re lui cache, Spielberg n&#x2019;h&#xE9;site pas &#xE0; le lui montrer. Plus tard, Ferrier bande les yeux de la gamine et s&#x2019;en va tuer un r&#xE9;sistant fou qui les a accueillis, devenu trop dangereux pour lui comme pour elle. Meurtre inutile (ils seront de toute fa&#xE7;on d&#xE9;couverts par les envahisseurs), et pas en avant dans la monstruosit&#xE9; du personnage. Cette fois, c&#x2019;est lui qui se cache &#xE0; sa fille, incarne l&#x2019;horreur, doit en passer par elle. Point de non-retour, cette sc&#xE8;ne ne manquera pas d&#x2019;en choquer plus d&#x2019;un. Elle ne dit pourtant rien d&#x2019;autre que le degr&#xE9; maladif de l&#x2019;obsession, sa sourde terreur. L&#xE0;, dans le hors champ, entre deux images, le cin&#xE9;aste fait saigner la b&#xE9;ance, r&#xE9;sonner le manque en un geste d&#xE9;sesp&#xE9;r&#xE9;. Ferrier devient le croque-mitaine, doit en passer par la figure du loup s&#x2019;il veut garder sa fille, se mouiller, litt&#xE9;ralement, dans le conte auquel il la convie. D&#xE8;s lors, l&#x2019;enfant n&#x2019;est plus toute seule, et plut&#xF4;t que de la tenir &#xE9;loign&#xE9;e de sa peur, le p&#xE8;re pr&#xE9;f&#xE8;re en devenir l&#x2019;objet tacite. S&#x2019;il en r&#xE9;sulte un surcro&#xEE;t d&#x2019;h&#xE9;ro&#xEF;sme in&#xE9;vitable dans la sc&#xE8;ne suivante, Spielberg aura toutefois &#xE9;t&#xE9; aussi loin qu&#x2019;il pouvait. Ramenant ses personnages &#xE0; &#xE9;galit&#xE9;, il donne &#xE0; son cin&#xE9;ma une stature moins directement enfantine : cette fois, l&#x2019;adulte et l&#x2019;enfant peuvent enfin cohabiter.<br/>
<br/>
S.B.<br/>&#xA0;</p><p><small><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cin233ma/lheure-du-loup.html">Commentaires</a>&#xA0;(5)
        <br/>Cat&#xE9;gorie:&#xA0;<a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cin233ma">Cin&#xE9;ma</a><br/></small></p><p><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/p134.html">&#xAB; pr&#xE9;c</a>
	   	 &#xA0;|&#xA0;
	   	 <a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/p132.html">suiv &#xBB;</a></p><p align="center"><br/>- COMMENTAIRES -</p><p><b>sandrine</b><br/>11.07.2005, 15:12<br/>Le film est un chef d'oeuvre. Ton texte est remarquable ! Preuve que la qualit&#xE9; d'un film transcende l'&#xE9;criture.<br/>
Allez, on passera m&#xEA;me sous silence les 5 derni&#xE8;res minutes du film compl&#xE8;tement rat&#xE9;es ! :-)<br/><br/><b>marc</b><br/>13.07.2005, 10:46<br/>Malgr&#xE9; la puissance de certaines de ses images, il me semble que ce film produit surtout l'&#xE9;motion par la surprise, le bruit (bande-son assourdissante), le d&#xE9;tail inou&#xEF; et invu des effets d'explosion et de choc. C'est une r&#xE9;ussite dans l'ordre de la sensation, mais pas dans celui de l'image, du fantasme; donc c'est totalement &#xE9;vanescent.<br/>
Heureusement certaines sc&#xE8;nes sont vraiment suggestives (elles laissent &#xE0; l'imagination une part du travai), comme celle o&#xF9; l'on voit les tripodes au-dessus de la colline qui domine la baie de l'Hudson, et qui r&#xE9;veille des images enfouies : Polyph&#xE8;me poursuivant Ulysse alors qu'il reprend la mer, Chtulhu &#xE0; l'assaut du navire dans l'Appel, le Dieu d&#xE9;capit&#xE9; de Princesse Mononok&#xE9;...<br/>
Quant &#xE0; la sc&#xE8;ne de l'ex&#xE9;cution du fou, je fais partie de ceux qui la trouvent assez indigeste. Ciao<br/><br/><b>S&#233;bastien</b><br/>13.07.2005, 19:45<br/>Je persiste : la mise en sc&#xE8;ne est extraordinaire, jamais Spielberg ne se contente de ses effets-sp&#xE9;ciaux ; l'effroi n'est pas affili&#xE9; &#xE0; une cause (les attaques proprement dites), mais aux cons&#xE9;quences qui l&#xE9;gitimement int&#xE9;ressent le cin&#xE9;aste (voyez, par exemple, les regards, cf. prochain post de Sandrine - en lien ici). L&#xE0;-dessus la sc&#xE8;ne liminaire de fuite est remarquable, c'est moins un d&#xE9;luge d'effets comme vous dites qu'une plong&#xE9;e au coeur de la catastrophe, qui est aussi celle du si&#xE8;cle, pass&#xE9; et commen&#xE7;ant. Ce qu'il y a de grand r&#xE9;side dans la confrontation de l'intime au collectif. Au fond, "La Guerre des mondes" demeure un film intimiste ; apr&#xE8;s tout, Spielberg n'a jamais fait que &#xE7;a : c'est ce qui le rend passionnant. Le film tient tout entier l&#xE0;-dessus : comment lire la catastrophe &#xE0; partir de son plus petit d&#xE9;nominateur commun, la famille (d&#xE9;sunie bien s&#xFB;r, c'est l'autre grand sujet de Spielberg). Et s'il est un cin&#xE9;aste &#xE0; savoir en parler mieux que quiconque, &#xE0; en faire un vrai sujet, c'est bien lui. C'est aussi ce qu'on lui reproche la plupart du temps, sans se rendre compte qu'elle n'est que rarement g&#xE9;n&#xE9;ratrice d'id&#xE9;ologie. Apr&#xE8;s tout, la famille est un sujet comme un autre, c'est devenu un clich&#xE9; critique que de s'en offusquer &#xE0; la moindre occasion...<br/><br/><b>paracelse</b><br/>17.07.2005, 12:58<br/>Excellente critique pour un film que je trouve &#xE9;galement remarquable ! Tu devrais la proposer au site "objectif cin&#xE9;ma" ! ;-D<br/><br/><br/><b>S&#233;bastien</b><br/>17.07.2005, 18:24<br/>j'y ai d&#xE9;j&#xE0; &#xE9;crit... Celle-ci devrait &#xEA;tre bient&#xF4;t disponible sur "www.plume-noire.com"<br/><br/></p><p>1-5&#xA0;/&#xA0;
			  5<br/></p><p align="center"><br/>- LAISSER UN COMMENTAIRE -</p><p><fieldset>Nom<br/><input name="commentauthor" emptyok="true"/><br/>Email<br/><input name="commentauthoremail" emptyok="true"/><br/>Url<br/><input name="commentauthorurl" emptyok="true"/><br/>Commentaire<br/><input name="commentcontent" emptyok="true"/><br/></fieldset><br/><anchor><go href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cin233ma/lheure-du-loup.html" method="post"><postfield name="ID" value="133"/><postfield name="action" value="moblog"/><postfield name="moblog[comments][comment_author]" value="&#36;commentauthor"/><postfield name="moblog[comments][comment_author_email]" value="&#36;commentauthoremail"/><postfield name="moblog[comments][comment_author_url]" value="&#36;commentauthorurl"/><postfield name="moblog[comments][comment_content]" value="&#36;commentcontent"/><postfield name="moblog[comments][comment_autobr]" value="on"/><postfield name="moblog[comments][_submit]" value="OK"/></go>OK</anchor><br/></p><p align="center">- NAVIGATION -</p><p><a href="/mobile">Accueil de Blog</a><br/><a href="/mobile/latestcomments">Derniers commentaires</a><br/><a href="/mobile/all">Cat&#xE9;gories</a><br/><a href="/mobile/galleries">Galeries</a><br/><a href="/mobile/blogroll">Liens</a><br/><a href="/mobile/archive">Archives</a><br/><a href="#top">Haut de page</a><br/><a href="#bottom">Bas de page</a><br/><a href="/mobile/about">A mon sujet</a><br/></p><p align="center">- META-NAVIGATION -</p><p><a href="http://home.kaywa.com/mobile">Accueil de Portalog</a><br/><a href="http://register.kaywa.com/mobile">Inscription</a><br/><a href="http://help.kaywa.com/mobile">Aide</a><br/><a href="http://about.kaywa.com/mobile">Impressum</a><br/><a href="http://tos.kaywa.com/mobile">Conditions</a><br/></p><p>&#xA9; 2004-2006 Kaywa AG. Tous droits r&#xE9;serv&#xE9;s.</p></card></wml>
