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<wml xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><head><meta http-equiv="Content-Type" content="text/vnd.wap.wml;charset=ISO-8859-1"/></head><card id="main" title="KAYWA"><p><big>Ce qui nous regarde ...</big><br/>Le weblog de S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict<br/></p><p><small>04.8.2005,&#xA0;01:45</small><br/><b><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cin233ma/eloge-de-la-betise.html">Eloge de la b&#xEA;tise</a></b></p><p><br/>
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Instituer l&#x2019;oeuvre hors toute forme d&#x2019;intelligence : principal souci proustien, &#xE0; l&#x2019;encontre de Sainte-Beuve, et mani&#xE8;re parmi d&#x2019;autres, pour l&#x2019;&#xE9;crivain, d&#x2019;instaurer la critique moderne. Id&#xE9;alement, l&#x2019;image, plus encore que l&#x2019;&#xE9;criture, est ce qui fait b&#xEA;tement signe, au plus fort de sa capacit&#xE9; signifiante : hypoth&#xE8;se haute, quand elle ne renvoie g&#xE9;n&#xE9;ralement qu&#x2019;&#xE0; elle-m&#xEA;me, non pas d&#x2019;abord langage mais r&#xE9;ceptacle (juste une image). Si le langage s&#x2019;impose d&#xE8;s qu&#x2019;il y a communication, lien par cons&#xE9;quent d&#x2019;une image &#xE0; l&#x2019;autre, il faut sans doute, comme &#xE0; l&#x2019;endroit de l&#x2019;&#xE9;criture, oblit&#xE9;rer sa fonction signifiante par un primat de l&#x2019;instinct. L&#xE0;-dessus (ne pas s&#x2019;en &#xE9;tonner) les plus forts sont les am&#xE9;ricains, dont le cin&#xE9;ma hant&#xE9; par le collectif et ses mythologies aff&#xE9;rentes d&#xE9;ploie depuis toujours une pratique instinctive. Car on sait l&#x2019;instinct d&#xE9;termin&#xE9; par des r&#xE9;flexes, eux-m&#xEA;mes affili&#xE9;s &#xE0; leur fonction sociale, et c&#x2019;est en cela qu&#x2019;il faut consid&#xE9;rer le cin&#xE9; US comme essentiellement politique, autrement dit, dirig&#xE9; par le souci du bon fonctionnement de l&#x2019;ensemble, instinct de conservation au premier chef.<br/>
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Puissance des images, au-del&#xE0; de leur pouvoir calibr&#xE9;, ne veut pas dire seulement lib&#xE9;ration d&#x2019;un refoul&#xE9;, m&#xEA;me si celui-ci a &#xE9;videmment son importance. Plus directe, la critique devrait avoir pour objet, &#xE0; un niveau imm&#xE9;diat de conscience, ce qui, dans l&#x2019;image, fait retour, au-del&#xE0; m&#xEA;me des intentions du cin&#xE9;aste. Et s&#x2019;il faut garder, m&#xE9;taphoriquement, la psychanalyse en point de mire, ce n&#x2019;est qu&#x2019;&#xE0; l&#x2019;aune des m&#xE9;canismes analys&#xE9;s par Jung : inconscient oui, mais d&#x2019;abord collectif. Parlons alors d&#x2019;histoire, sinon de mythologie. Attirail sit&#xF4;t convoqu&#xE9; que l&#x2019;on voudrait d&#xE9;j&#xE0; s&#x2019;en d&#xE9;faire pourtant, pr&#xF4;ner comme les am&#xE9;ricains cette efficacit&#xE9; imm&#xE9;diate de la &#xAB; b&#xEA;tise &#xBB;, laquelle ne cesse pourtant de renvoyer &#xE0; la profondeur requise, non dans l&#x2019;image elle-m&#xEA;me, mais par le biais de l&#x2019;intelligence du spectateur et de lui seul. L&#xE0; est ce miracle toujours recommenc&#xE9; de la beaut&#xE9;, mineure ou non, qui pr&#xE9;side au cin&#xE9;ma am&#xE9;ricain, et fonde depuis toujours son rapport &#xE0; l&#x2019;histoire. C&#x2019;est pourquoi il ne faut pas, comme tant d&#x2019;autres l&#x2019;ont fait, stigmatiser chez Spielberg (par exemple, dans La Guerre des mondes) cette m&#xEA;me &#xAB; b&#xEA;tise &#xBB; qui fait son g&#xE9;nie instinctif, introduit dans l&#x2019;image l&#x2019;&#xE9;vocation du si&#xE8;cle pass&#xE9; et pr&#xE9;sent, sans jamais en passer par le discours, apanage d&#x2019;un cin&#xE9;ma plut&#xF4;t fran&#xE7;ais, voire europ&#xE9;en, hant&#xE9; par sa culture (et, plus pr&#xE9;cis&#xE9;ment, l&#x2019;&#xE9;criture qui en d&#xE9;coule) en lieu et place de son exp&#xE9;rience, seule cat&#xE9;gorie que les am&#xE9;ricains ne cessent de mettre en avant. Non pas &#xAB; hant&#xE9; par l&#x2019;&#xE9;crit &#xBB; mais d&#xE9;vor&#xE9; par l&#x2019;image, ce cin&#xE9;ma de la &#xAB; b&#xEA;tise &#xBB; nous importe (aujourd&#x2019;hui comme hier) au plus haut point dans sa mani&#xE8;re d&#x2019;aller toujours &#xE0; l&#x2019;essentiel. En un sens, ce cin&#xE9;ma-l&#xE0; ne change pas, et tire force de sa permanence.<br/>
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Autre exemple tir&#xE9; d&#x2019;un film apparemment commun, Les 4 fantastiques, de l&#x2019;anonyme Tim Story. De l&#xE0;, peut-&#xEA;tre, la force du cin&#xE9;ma am&#xE9;ricain : de l&#x2019;anonymat &#xE0; l&#x2019;auteur, les diff&#xE9;rences n&#x2019;achoppent que rarement sur l&#x2019;essentiel, cette m&#xEA;me &#xAB; b&#xEA;tise &#xBB; revendiqu&#xE9;e, cette inestimable modestie, cette croyance enfin, dans ce que l&#x2019;image est suffisamment autonome pour promouvoir seule les conditions d&#x2019;un discours ext&#xE9;rieur &#xE0; elle. Aussi, Tim Story n&#x2019;a de r&#xE9;alisateur que la fonction, fonction capitale cependant, de coh&#xE9;sion : &#x153;uvre collective, Les 4 fantastiques n&#x2019;est pas pour rien l&#x2019;histoire d&#x2019;une team joyeusement compl&#xE9;mentaire, n&#x2019;en est pas moins au final un objet singulier ; singularit&#xE9; propre au film et non &#xE0; l&#x2019;artiste, primat de l&#x2019;artisanat, id&#xE9;ologie et savoir-faire collectiviste en tout point synchrone avec les fondements mythologiques qui pr&#xE9;sident &#xE0; l&#x2019;histoire du cin&#xE9;ma am&#xE9;ricain. D&#x2019;o&#xF9; que le film, pr&#xE9;tendument infantile, indigent et b&#xEA;te, assume finalement sa b&#xEA;tise, s&#x2019;invente infantile, et loin de toute indigence suppos&#xE9;e se r&#xE9;v&#xE8;le intelligent. Intelligence qui a besoin du spectateur pour s&#x2019;exercer, faire valoir la logique sans faille d&#x2019;une narration riche et grandement ma&#xEE;tris&#xE9;e. Modestie, encore, mais aussi effronterie, impertinence d&#x2019;un savoir-faire &#xE9;clatant : suffisance du moindre geste, chaque sc&#xE8;ne est l&#x2019;illustration parfaite du sc&#xE9;nario, sans roublardise aucune. Cin&#xE9;ma du sc&#xE9;nario alors ? Non pas, puisqu&#x2019;il s&#x2019;agit de passer de l&#x2019;intention &#xE0; l&#x2019;&#xE9;motion : du sc&#xE9;nario, il ne reste rien dans l&#x2019;image ; l&#x2019;image transforme l&#x2019;&#xE9;crit, actualise l&#x2019;intention, cin&#xE9;ma du geste, du montr&#xE9;, du show, performance aussi bien. Ici, on acte la sc&#xE8;ne et on passe &#xE0; la suivante, &#xE7;a va tr&#xE8;s vite : le critique (un peu d&#xE9;daigneux au fond) parle toujours &#xAB; d&#x2019;efficacit&#xE9; &#xBB; &#xE0; ce propos ; sans la d&#xE9;daigner, il faut s&#x2019;en r&#xE9;jouir, admirer ce que peut une sc&#xE8;ne dans un minimum de temps. C&#x2019;est assez spectaculaire, d&#xE8;s lors qu&#x2019;il s&#x2019;agit de donner naissance &#xE0; non pas un mais quatre personnages, avec leurs probl&#xE8;mes, leurs caract&#xE8;res, aussi dissemblables que possible. Christopher Nolan prend deux heures bien pes&#xE9;es pour raconter les d&#xE9;buts de Batman (Batman Begins), il faut &#xE0; la team de Story autant de temps pour multiplier l&#x2019;affaire, en donner quatre fois plus. Cin&#xE9;ma du plus court chemin, cin&#xE9;ma de la dur&#xE9;e : non pas n&#xE9;cessairement faire durer le plan, mais lui donner le temps n&#xE9;cessaire, fussent quelques secondes qui, miracle, suffisent. A l&#x2019;&#xE9;chelle d&#x2019;un auteur (Spielberg), cela donne l&#x2019;admirable premi&#xE8;re heure de La Guerre des mondes. C&#x2019;est pourquoi beaucoup ont &#xE9;t&#xE9; g&#xEA;n&#xE9;s par la s&#xE9;quence de la planque, o&#xF9; s&#x2019;installe une dur&#xE9;e diff&#xE9;rente, plus angoiss&#xE9;e voire contemplative. D&#xE8;s lors, Spielberg se r&#xE9;v&#xE8;le cin&#xE9;aste plut&#xF4;t que simple entrepreneur, il sait prendre le risque d&#x2019;enclencher ces diff&#xE9;rentes vitesses, ce qui sans doute, n&#x2019;est pas donn&#xE9; &#xE0; tout le monde. Voil&#xE0; pourquoi Les 4 fantastiques n&#x2019;est que r&#xE9;jouissant : lui manque une science de l&#x2019;embrayage autrement plus complexe. Il n&#x2019;emp&#xEA;che, o&#xF9; les am&#xE9;ricains peuvent le moins, cela constitue toujours pour nous un plus, fruit d&#x2019;un instinct sans faille, d&#x2019;une &#xAB; b&#xEA;tise &#xBB; supr&#xEA;me, rien moins qu&#x2019;une mystique de l&#x2019;image, un acte de foi.<br/>
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D&#xE8;s lors que l&#x2019;intelligence s&#x2019;inscrit dans l&#x2019;image, cela conduit directement &#xE0; l&#x2019;imagerie. Roublardise, au fond, du plan qui contient d&#xE9;j&#xE0; le suivant, affiche chaque fois une longueur d&#x2019;avance. Ce qui affaiblit consid&#xE9;rablement le cin&#xE9;ma de Tim Burton, bien qu&#x2019;il se laisse souvent fasciner par l&#x2019;image seule, sa capacit&#xE9; d&#x2019;&#xE9;vocation en propre. Si Charlie et la chocolaterie est r&#xE9;ussi, c&#x2019;est parce qu&#x2019;au-del&#xE0; de son intelligence, le discours entrepris est en g&#xE9;n&#xE9;ral d&#xE9;pass&#xE9; par l&#x2019;image, si ce n&#x2019;est annihil&#xE9; par elle. Symptomatique, la sc&#xE8;ne &#xAB; 2001 &#xBB; qui nous montre un enfant propuls&#xE9; parmi les programmes d&#x2019;un t&#xE9;l&#xE9;viseur, du film de Kubrick &#xE0; de multiples micro-s&#xE9;quences g&#xE9;n&#xE9;r&#xE9;es par un zapping fr&#xE9;n&#xE9;tique. Le discours convenu sur la t&#xE9;l&#xE9; b&#xEA;tifiante est heureusement atomis&#xE9; par cette m&#xEA;me b&#xEA;tise des programmes, leur fr&#xE9;n&#xE9;sie de ne rien vouloir dire : abstraction satur&#xE9;e, vitesse MTV, de pubs en concerts live, voyage en direct de l&#x2019;enfant parmi le d&#xE9;fil&#xE9; stroboscopique d&#x2019;une multitude d&#x2019;images. Aussi bien, le jeu de Johnny Depp, jeu de mime hallucin&#xE9;, qui le conduit tout droit dans le &#xAB; Neverland &#xBB; de Michael Jackson apr&#xE8;s sa performance en Keith Richards queer dans son pr&#xE9;c&#xE9;dent film (Pirates des Cara&#xEF;bes). Acteur pop, qui ne cherche en rien &#xE0; signifier quoi que ce soit, seulement &#xE0; ressembler. C&#x2019;est le secret de l&#x2019;ic&#xF4;ne pop, sa sp&#xE9;cificit&#xE9; am&#xE9;ricaine : visage buvard, corps mall&#xE9;able &#xE0; merci. Par l&#xE0; : non pas signifier, mais bien accueillir la signification.<br/>
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Il n&#x2019;en va pas autrement pour Brad Pitt et Angelina Jolie dans Mr and Mrs. Smith. Ken et Barbie ne sont rien d&#x2019;autre que des jouets pour enfant, comme le sous-entend la sc&#xE8;ne finale du centre commercial, o&#xF9; chacun s&#x2019;affuble des v&#xEA;tements port&#xE9;s par des mannequins de plastique. Ces deux-l&#xE0; n&#x2019;existent qu&#x2019;en fonction d&#x2019;un territoire donn&#xE9;, centrale high-tech ou chambre &#xE0; coucher : peu importe &#xE0; Doug Liman, le r&#xE9;alisateur, qui conduit les sc&#xE8;nes conjugales et les sc&#xE8;nes d&#x2019;action sans faire aucune diff&#xE9;rence, ce qui revient &#xE0; actualiser le pr&#xE9;cepte hitchcockien bien connu. On en revient toujours (on est en Am&#xE9;rique), &#xE0; cette question du territoire, terrain de jeu, r&#xE9;solument. C&#x2019;est le territoire, l&#x2019;environnement et donc l&#x2019;image elle-m&#xEA;me, qui conditionne l&#x2019;action ; &#xE0; chacun de se conformer &#xE0; elle, par mim&#xE9;tisme, par empirisme, go&#xFB;t de l&#x2019;imm&#xE9;diat. Il faut s&#x2019;adapter le plus vite possible, quitte &#xE0; oublier de changer d&#x2019;attitude : monsieur et madame restent les m&#xEA;mes malgr&#xE9; le changement de costume ou de d&#xE9;cor. C&#x2019;est la pr&#xE9;cieuse le&#xE7;on du film : aller au plus vite, coller au plus pr&#xE8;s de l&#x2019;image, de sa &#xAB; b&#xEA;tise &#xBB;, d&#x2019;o&#xF9; les rapprochements les plus incongrus, les m&#xE9;langes les plus toniques. Ici, c&#x2019;est le jeu qui prime, la pulsion enfantine sinon infantile, &#xAB; on dirait que &#xBB;, etc. Coller &#xE0; l&#x2019;image, n&#x2019;afficher, effront&#xE9;ment, que le para&#xEE;tre, jeu de dupe, de s&#xE9;duction, jeu tout court : ce qui revient, pour les deux acteurs, &#xE0; casser leur maison de poup&#xE9;e pour s&#x2019;y sentir plus &#xE0; l&#x2019;aise, continuer vaille que vaille leur guerre conjugale &#xE0; coup de bazooka et de &#xAB; regarde-moi &#xBB;. Ils sont &#xE0; l&#x2019;image du cin&#xE9;ma am&#xE9;ricain : vouloir &#xEA;tre aim&#xE9;. C&#x2019;est chose faite.<br/>
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S.B.&#xA0;</p><p><small><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cin233ma/eloge-de-la-betise.html">Commentaires</a>&#xA0;(9)
        <br/>Cat&#xE9;gorie:&#xA0;<a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cin233ma">Cin&#xE9;ma</a><br/></small></p><p><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/p136.html">&#xAB; pr&#xE9;c</a>
	   	 &#xA0;|&#xA0;
	   	 <a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/p134.html">suiv &#xBB;</a></p><p align="center"><br/>- COMMENTAIRES -</p><p><b>sandrine</b><br/><a href="http://contrechamp.kaywa.com/mobile">http://contrechamp.kaywa.com</a><br/>07.08.2005, 00:04<br/>Une somme ! Texte remarquable, S&#xE9;bastien. N&#xE9;anmoins, j'&#xE9;mets une r&#xE9;serve sur ce qui suit :<br/>
"D&#xE8;s lors que l&#x2019;intelligence s&#x2019;inscrit dans l&#x2019;image, cela conduit directement &#xE0; l&#x2019;imagerie".<br/>
L'imagerie n'est pas pr&#xE9;cis&#xE9;ment "ce qui fait retour" et est imm&#xE9;diatemment identifiable par le plus grand nombre ? En somme, ce qui couronne l'imaginaire collectif par le recours aux st&#xE9;r&#xE9;otypes ?<br/>
En ce sens, quid de l'imagerie chez Spielberg (notamment dans Schindler's List) ? Son cin&#xE9;ma, selon moi, joue abondamment avec les st&#xE9;r&#xE9;otypes. Mais peut-&#xEA;tre s'agit-il d'un probl&#xE8;me de d&#xE9;finition du terme m&#xEA;me d'"imagerie"...<br/><br/><b>S&#233;bastien</b><br/>07.08.2005, 01:13<br/>J'appelle "imagerie" l'utilisation consciente d'un st&#xE9;r&#xE9;otype, la volont&#xE9; de le donner comme tel tout en ne s'en sachant pas dupe. Le st&#xE9;r&#xE9;otype lui-m&#xEA;me a plus &#xE0; voir avec l'image. Spielberg "n'utilise" pas des st&#xE9;r&#xE9;otypes, il leur fait confiance (&#xE0; tort ou &#xE0; raison). Mais tu as bien fait de le souligner, ce n'&#xE9;tait pas suffisamment clair...<br/><br/><b>jean-s&#233;bastien</b><br/>10.08.2005, 15:00<br/>je me joints &#xE0; Sandrine S&#xE9;bastien : vraiment remarquable, excellent texte, vraiment...<br/>
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c'est marrant d'ailleurs, la plupart des gens ne comprennent pas cette "b&#xEA;tise", lui pr&#xE9;f&#xE9;rant souvent une suppos&#xE9;e intelligence...il suffit de voir dans les forums ou ailleurs les avis sur le Batman de Nolan et le comparer &#xE0; ce qui se dit sur, par exemple, La Guerre des mondes o&#xF9; Les 4 fantastiques...Batman sort grand gagnant, comme si il y avait l&#xE0; un "mieux disant intelligent" alors que le film est d'une balourdise hallucinante (et cin&#xE9;matographiquement nul &#xE0; mon sens)...<br/>
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en fait je crois que les gens ont une vision essentiellement litt&#xE9;raire du cin&#xE9;ma, on n'en sort pas, qui s'attache au th&#xE8;me et plus encore &#xE0; la mani&#xE8;re litt&#xE9;raire avec laquelle le texte est amen&#xE9;, alors que dans les autres films que tu cites, pr&#xE9;cis&#xE9;ment c'est le plan qui fait id&#xE9;e, voire discours, mais en rien le texte, les bla bla l&#xE9;nifiant des personnages (ce qui est le cas du Nolan : pr&#xE8;s de deux heures de bla bla et de clichtons sur la question de la violence...presque du Cayatte!)<br/><br/><b>Rapha&#235;l Zacharie de Izarra</b><br/><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/exturl/http/espritlibre.foxoo.net/plume">http://espritlibre.foxoo.net/plume</a><br/>18.09.2005, 13:59<br/>PROCES DE L'INTELLIGENCE EN TROIS TEXTES<br/>
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1 - D&#xE9;fense de la sottise -<br/>
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La sottise est le dernier rempart efficace contre la supr&#xE9;matie inique des beaux esprits qui ne gagnent leur cause qu'avec la l&#xE2;che, fourbe, insidieuse subtilit&#xE9; de leur pens&#xE9;e.<br/>
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L'intelligence est torve, sinueuse, secr&#xE8;te. La sottise est franche, directe, claire. L'intelligence aime les &#xE9;nigmes, se compla&#xEE;t dans le myst&#xE8;re, se masque avec &#xE9;clat. La sottise m&#xE9;prise l'obscurit&#xE9;, fuit l'herm&#xE9;tisme, se d&#xE9;voile sans ambages. La sottise n'a rien &#xE0; cacher, rien &#xE0; prouver, rien &#xE0; vendre, tout &#xE0; perdre. Donc rien &#xE0; gagner. L'intelligence caresse, s&#xE9;duit, convainc avec des fioritures de langage. La sottise cogne. Elle n'use d'aussi vains d&#xE9;tours indignes de tout bon sot qui se respecte.<br/>
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Le sot aime les carottes, les navets et les soupes chaudes. Le bel esprit ne se pr&#xE9;occupe que d'affaires qui ne se mangent pas. Et qui vient se plaindre de crever de faim quand vient la bise ? Le sot ne porte pas le regard plus loin que son sillon. Le bel esprit le raille. Et qui vient crier famine l'hiver venu ? Le sot n'argumente pas, il frappe. En cela les faits lui donnent toujours raison, la loi en vigueur ici-bas &#xE9;tant celle du plus fort.<br/>
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Les sots ignorent l'alchimie &#xE9;trange de la terre mais eux au moins y font pousser patates, poireaux, tomates. Les sots ne savent rien des myst&#xE8;res cosmiques, mais ils ont de quoi tenir l'hiver. Ils n'ont rien dans la t&#xEA;te mais tout dans les poings.<br/>
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Les sots n'ont pas d'amis mais plein de bois pour leur feu. Ils sont seuls mais heureux de l'&#xEA;tre. Ils sont d&#xE9;pourvus d'intelligence et sans malice, sans ironie, sans vanit&#xE9; peuvent s'en vanter.<br/>
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Rapha&#xEB;l Zacharie de Izarra<br/>
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2 - &#xC9;loge de la b&#xEA;tise -<br/>
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Je ch&#xE9;ris et loue la b&#xEA;tise. La b&#xEA;tise est une haute qualit&#xE9;, une authentique vertu, le rempart absolu contre la souveraine et tyrannique intelligence qui l'&#xE9;crase, la m&#xE9;prise, la pers&#xE9;cute. La b&#xEA;tise est l'apanage de ceux qui sont totalement d&#xE9;pourvus d'intelligence, et qui sont par cons&#xE9;quent remplis de saines certitudes, d'in&#xE9;branlables convictions, de salutaires illusions. La b&#xEA;tise emp&#xEA;che de trop penser, elle pousse &#xE0; l'action irr&#xE9;fl&#xE9;chie. Elle &#xE9;loigne et pr&#xE9;serve fatalement l'&#xEA;tre de la pens&#xE9;e st&#xE9;rile, creuse, futile.<br/>
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La b&#xEA;tise rend toujours heureux tandis que la r&#xE9;flexion angoisse. La b&#xEA;tise r&#xE9;sout tous les probl&#xE8;mes de la pens&#xE9;e en &#xE9;liminant tout simplement la pens&#xE9;e. Le penseur se cr&#xE9;e des probl&#xE8;mes, l'intelligence est inconfortable parce qu'elle pose des questions embarrassantes &#xE0; l'homme. Les gens intelligents se posent toujours des questions insolubles. Alors que les gens sots ne se posent tout simplement pas de questions : voil&#xE0; le secret de leur bonheur.<br/>
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Les gens stupides cultivent leur jardin sans plus se poser de questions. Les gens intelligents se pr&#xE9;occupent plut&#xF4;t du temps qu'il fait au-dessus de leur t&#xEA;te bien faite et en oublient totalement leurs activit&#xE9;s horticoles. Ils s'y d&#xE9;sint&#xE9;ressent parfaitement, pr&#xE9;f&#xE9;rant se torturer l'esprit avec des choses qui, aux yeux des gens b&#xEA;tes, n'en valent pas la peine.<br/>
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D'o&#xF9; la sup&#xE9;riorit&#xE9; de la b&#xEA;tise sur l'intelligence qui force l'heureux &#xE9;lu &#xE0; cultiver son jardin. Et avec coeur encore. Alors que l'intelligence ne fait rien pousser du tout sous les pieds de ses victimes bien pourvues.<br/>
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Rapha&#xEB;l Zacharie de Izarra<br/>
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3 - Encore un &#xE9;loge de la b&#xEA;tise -<br/>
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La b&#xEA;tise est le privil&#xE8;ge de ceux qui ne sont pas habit&#xE9;s par la vaine et m&#xE9;prisable intelligence.<br/>
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L'intelligence, ce vernis de l'esprit... Cet habit d'apparat hautain et superficiel, cet artifice c&#xE9;r&#xE9;bral indigne de l'Homme, cette pollution mentale qui d&#xE9;nature si bien les pens&#xE9;es et met plein de mollesse dans le cerveau &#xE0; la mani&#xE8;re des substances nocives que l'on nomme h&#xE9;ro&#xEF;ne, coca&#xEF;ne, Marie-Jeanne... L'intelligence est un poison dangereux et la b&#xEA;tise est son naturel antidote.<br/>
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L'intelligence emp&#xEA;che l'action, elle freine l'instinct et la saine pens&#xE9;e primaire. L'intelligence oblige les gens &#xE0; penser de plus en plus et donc &#xE0; faire des &#xE9;tudes, &#xE0; se lancer dans la recherche. Elle excite la curiosit&#xE9; et g&#xE9;n&#xE8;re maintes questions aussi difficiles qu'inutiles. En un mot l'intelligence pousse &#xE0; la r&#xE9;flexion et de par ce fait emp&#xEA;che de vivre. Il est tellement plus agr&#xE9;able, plus facile de ne point penser et de se laisser guider par l'instinct, l'ignorance, l'innocence, ou par l'autorit&#xE9; eccl&#xE9;siastique, politique, syndicale...<br/>
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Ob&#xE9;ir sans penser, n'est-ce pas l'assurance de ne jamais commettre d'erreur par soi-m&#xEA;me ? Jamais de remords avec la b&#xEA;tise, puisqu'elle excuse &#xE0; peu pr&#xE8;s tout. Alors que l'intelligence est au contraire un facteur de responsabilit&#xE9;s p&#xE9;nales, morale, professionnelle. Plein d'ennuis en perspective avec l'intelligence...<br/>
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La b&#xEA;tise heureusement emp&#xEA;che le d&#xE9;veloppement de la pens&#xE9;e : c'est le confort de l'esprit par excellence. La b&#xEA;tise est l'apanage des authentiques esth&#xE8;tes soucieux de leur qualit&#xE9; de vie.<br/>
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Rapha&#xEB;l Zacharie de Izarra<br/><br/><b>Rapha&#235;l Zacharie de Izarra</b><br/><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/exturl/http/espritlibre.foxoo.net/plume">http://espritlibre.foxoo.net/plume</a><br/>29.09.2005, 12:08<br/>Voici une s&#xE9;rie de textes &#xE9;clairants pour ne plus aimer vos enfants.<br/>
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1 - N'AIMEZ PAS VOS ENFANTS !<br/>
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L'amour des enfants est une chose contre-nature. Les parents dignes de ce nom se doivent d'&#xEA;tre s&#xE9;v&#xE8;res, durs, inflexibles envers leur prog&#xE9;niture. Trop d'enfants amollissent leurs parents. Trop de parents sont esclaves de leurs enfants.<br/>
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Notre soci&#xE9;t&#xE9; laxiste a tendance &#xE0; oublier que les enfant ne sont pas faits pour &#xEA;tre aim&#xE9;s, mais &#xE9;duqu&#xE9;s. Ils doivent &#xEA;tre de futurs d&#xE9;fenseurs de la m&#xE8;re Patrie et de futures reproductrices. Pour la tendresse, la mollesse des moeurs et la faiblesse humaine, il y a les chiens, les hamsters ou les peluches.<br/>
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Mauvais parents qui aimez vos enfants, au nom de l'ordre naturel des choses revenez dans le droit chemin. Retrouvez votre dignit&#xE9; perdue : soyez les ma&#xEE;tres de vos enfants, et non leurs vils serviteurs.<br/>
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Rapha&#xEB;l Zacharie de Izarra<br/>
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2 - ENFANTEMENT GUINDE<br/>
Madame de la Ch&#xE2;teloire-Labey accouche apr&#xE8;s neuf mois d'aristocratique gestation. Assistons &#xE0; l'&#xE9;v&#xE9;nement jusque dans les plus intimes d&#xE9;tails.<br/>
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- Cher &#xE9;poux, des douleurs m'avertissent que je suis sur le point de livrer au monde le fruit de mes flancs. M'aiderez-vous &#xE0; accomplir le devoir que m'impose la nature ? Je sens la d&#xE9;livrance si proche que je pense d&#xE9;faillir d'un instant &#xE0; l'autre...<br/>
<br/>
- Madame, le fait que vous soyez mon &#xE9;pouse ne vous autorise pas &#xE0; sugg&#xE9;rer que je me m&#xEA;le de ces affaires-l&#xE0;, quand m&#xEA;me seriez-vous au bord du gouffre. Je vous trouve d&#xE9;cid&#xE9;ment bien ind&#xE9;cente Madame ! Veillez &#xE0; mener &#xE0; bien cette formalit&#xE9; avec un maximum de discr&#xE9;tion... Vous savez bien que les trivialit&#xE9;s de cette esp&#xE8;ce ne si&#xE9;ent pas &#xE0; l'esth&#xE8;te que je suis. Soyez forte Madame, et surtout prenez garde &#xE0; ne pas vous d&#xE9;partir de la plus &#xE9;l&#xE9;mentaire biens&#xE9;ance. Rendez service aux belles gens en &#xE9;jectant le contenu de vos entrailles loin de leurs regards. Et puis cessez de geindre de la sorte Madame, vous me faites songer &#xE0; une coche affam&#xE9;e et c'est particuli&#xE8;rement ha&#xEF;ssable !<br/>
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- Mon &#xE9;poux, me pardonnerez-vous d'endurer avec si peu de retenue les douleurs de l'enfantement ? C'est que les affres de la d&#xE9;livrance sont difficilement supportables...<br/>
<br/>
- Madame, pourquoi devrais-je vous pardonner une telle faute de go&#xFB;t ? Que vous manifestiez oralement ou non les tourments que vous pr&#xE9;tendez endurer, croyez-vous que cela changera quelque chose ? M&#xEA;me si ce que vous dites est vrai, votre douleur ne variera pas, que vous la manifestiez ou non, alors pourquoi ajouter &#xE0; votre inconfort des g&#xE9;missements qui incommodent tout le monde ? M&#xEA;me les domestiques sont irrit&#xE9;s par vos bruits de b&#xEA;te femelle ! Reprenez-vous, je vous en prie ! Votre comportement est inconcevable, inou&#xEF;, inqualifiable Madame ! Allez-vous cesser ces grognement incongrus et grotesques ? Vous me faites honte devant la domesticit&#xE9;, ce qui est un comble avouez-le... Et h&#xE2;tez-vous plut&#xF4;t de vider vos entrailles ailleurs que sous mes yeux Madame, car vous m'indisposez.<br/>
<br/>
- Mon &#xE9;poux, permettez-moi en ce cas de demander l'aide de quelque domestique, car je crains de ne pouvoir accomplir seule la t&#xE2;che.<br/>
<br/>
- Madame, vous m'agacez avec ces affaires m&#xE9;nag&#xE8;res. Et puis voyez donc, vous &#xEA;tes en train de r&#xE9;pandre vos eaux ! Ha Madame vous &#xEA;tes inf&#xE2;me ! O&#xF9; vous croyez-vous ici ? Ha ! Disparaissez sans tarder Madame, allez plut&#xF4;t rejoindre les b&#xEA;tes aux &#xE9;curies, seul asile digne de votre laisser-aller ! Quelle honte ! Il me semble avoir &#xE9;pous&#xE9; quelque gueuse des bocages ! Allez, hors de ma vue, mauvaise &#xE9;pouse que vous &#xEA;tes ! Ha et puis tenez ! Par votre faute des vapeurs me submergent. A moi Madame, &#xE0; moi grand Dieu ! (L'&#xE9;poux agite son &#xE9;ventail.)<br/>
<br/>
- Mon &#xE9;poux, vous sentez-vous mal ? Mais vous vous mourrez !<br/>
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- Ha oui ma femme, je me meurs de mille morts ! Et par votre faute encore, inf&#xE2;me que vous &#xEA;tes ! Des sels, vite ! Apportez-moi des sels !<br/>
<br/>
- Mon ami, je crains que celui que je portais en mon sein ne soit venu au monde entre temps... Entendez-vous g&#xE9;mir ce ch&#xE9;rubin qu'un lien de chair relie encore &#xE0; ma chair ?<br/>
<br/>
- Ha Madame, voulez-vous donc m'assassiner ? Croyez-vous que j'ai la t&#xEA;te &#xE0; vos amusements ? Ne voyez-vous pas que je me meurs, morbleu ? Au lieu de m'ennuyer avec vos v&#xE9;tilles, secourez-moi Madame car enfin je crains le pire ! Alors et mes sels ? Vous savez bien que je ne souffre pas l'attente Madame... Ho ! Madame, m&#xE9;chante &#xE9;pouse que vous &#xEA;tes ! Me laisserez-vous donc agonir de la sorte ?<br/>
<br/>
- Mon &#xE9;poux, je vous demande gr&#xE2;ce pour mes &#xE9;garements. Mais je vois que vous allez mieux... Venez donc pr&#xE8;s de moi que je vous pr&#xE9;sente votre h&#xE9;ritier. C'est un m&#xE2;le. Comment l'appellerez-vous ?<br/>
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- Th&#xE9;ophile. Quand mangeons-nous ?<br/>
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- Sonnez les domestiques, je crois que le d&#xEE;ner est pr&#xEA;t.<br/>
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- Madame, je crains finalement que vos frasques m'aient h&#xE9;las ! coup&#xE9; l'app&#xE9;tit. Je ne vous f&#xE9;licite pas. Je me retire dans mes appartements. Bonsoir Madame.<br/>
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- Bonsoir mon &#xE9;poux.<br/>
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Rapha&#xEB;l Zacharie de Izarra<br/>
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3 - LES ENFANTS, NOS PIRES ENNEMIS<br/>
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Sachez que les enfants sont des monstres par nature vicieux, insolents, b&#xEA;tes et m&#xE9;chants. Ce sont des infirmes de l'&#xE2;me : chez eux le d&#xE9;mon a une facile, fatale et funeste emprise. Le larcin, le mensonge, l'impuret&#xE9;, le d&#xE9;sordre leurs sont choses naturelles, coutumi&#xE8;res. Il convient donc de ch&#xE2;tier tr&#xE8;s durement les moindres &#xE9;carts de la gent pu&#xE9;rile.<br/>
<br/>
Par exemple vous n'omettrez point, vous les parents s&#xE9;v&#xE8;res mais justes, de mettre au go&#xFB;t du jour chez vos enfants les corrections corporelles les plus aust&#xE8;res, et ce d&#xE8;s leur plus jeune &#xE2;ge. En effet, il faut habituer tr&#xE8;s t&#xF4;t les enfants &#xE0; la souffrance physique. C'est une excellente m&#xE9;thode &#xE9;ducative.<br/>
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Ainsi vous &#xE9;viterez de laisser se d&#xE9;velopper leur go&#xFB;t naturel pour la mollesse, le vice, la gourmandise, la luxure. Et vous tuerez dans l'oeuf toute tentative d'ext&#xE9;riorisation de tendresse. Faut-il vous rappeler que le d&#xE9;sir de tendresse chez les enfants est l'expression de leur faiblesse, de leur d&#xE9;bilit&#xE9; physique et psychologique ? Le d&#xE9;sir de tendresse chez les enfants est un d&#xE9;sir &#xE9;videmment tr&#xE8;s pu&#xE9;ril, donc st&#xE9;rile, imparfait. C'est avant tout l'aveu de leur grande immaturit&#xE9;.<br/>
<br/>
Aussi, je vous le dis : m&#xE9;fiez-vous par-dessus tout des enfants. Si vous commencez &#xE0; les choyer, ils finiront t&#xF4;t ou tard par vous perdre. Apprenez-leur d&#xE8;s leur plus jeune &#xE2;ge le go&#xFB;t amer de la badine, et vous en ferez de parfaits citoyens, de dignes fils de Dieu, d'irr&#xE9;prochables chr&#xE9;tiens.<br/>
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Rapha&#xEB;l Zacharie de Izarra<br/>
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4 - LA MONSTRUOSITE NATURELLE DES ENFANTS<br/>
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Les enfants, &#xE9;ternels parasites de l'humanit&#xE9;, sont les pires ennemis des causes admirables, des esth&#xE8;tes et de la po&#xE9;sie en g&#xE9;n&#xE9;ral. Un enfant ne saurait appr&#xE9;cier le g&#xE9;nie de Kant, ni celui de Pascal, encore moins celui d'Einstein. Allez donc faire comprendre &#xE0; un de ces &#xEA;tres d&#xE9;biles, pu&#xE9;rils et infiniment vains que E = MC2...<br/>
<br/>
Les enfants n'entendent rien &#xE0; la raison, ni &#xE0; la technique, ni &#xE0; la pens&#xE9;e des &#xE9;narques, des politiques, des savants ou des th&#xE9;ologiens. La philosophie les laisse absolument froids, stupides, et leurs regards imb&#xE9;ciles &#xE0; l'&#xE9;vocation de Spinoza en dit long sur l'&#xE9;tat de leur petite cervelle... Parfaitement insouciants, st&#xE9;riles, superficiels : ce sont des arri&#xE9;r&#xE9;s par nature.<br/>
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Les enfants ne savent pas &#xE9;crire. Ni lire, ni compter. Ils ne savent pas courir aussi vite ni sauter aussi haut que un adulte. Ils ne savent en fait rien faire comme les adultes... Ce sont des sortes d'infirmes, des handicap&#xE9;s moteurs et mentaux, des &#xEA;tres irresponsables, des gens pitoyables.<br/>
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Les enfants sont le fl&#xE9;au de l'homme, le frein des civilisations, les boulets de nos soci&#xE9;t&#xE9;s modernes o&#xF9; ils pullulent. Incapables de survivre par leurs propres moyens, ils r&#xE9;clament moult soins, maintes attentions... Et nous gaspillons un argent fou, un temps pr&#xE9;cieux &#xE0; les nourrir, &#xE0; les &#xE9;duquer et m&#xEA;me &#xE0; les &#xE9;baudir. C'est que les enfants ne se contentent pas d'absorber les &#xE9;nergies vitales des soci&#xE9;t&#xE9;s qu'ils parasitent, et cela juste pour se maintenir en vie, engraisser et cro&#xEE;tre... En plus ils exigent des adultes des soins inh&#xE9;rents &#xE0; leur nature pu&#xE9;rile. Figurez-vous qu'il leur faut encore des activit&#xE9;s ludiques ! Un comble. Que d'&#xE9;nergie, de temps, d'argent consacr&#xE9;s &#xE0; nourrir leurs d&#xE9;sirs st&#xE9;riles, leurs fantasmes ineptes, leur imaginaire insane ! Rien que des choses vou&#xE9;es au n&#xE9;ant. Au service des petits oisifs, les adultes ali&#xE8;nent leur ch&#xE8;re libert&#xE9;, se laissant sucer le sang par ces vampires en culotte courte. Que d'&#xE9;nergies investies &#xE0; perte qui pourraient &#xEA;tre d&#xE9;pens&#xE9;es avec fruit !<br/>
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Adultes encore libres de ce pays mes fr&#xE8;res, faisons front contre les enfants, mettons-les hors d'&#xE9;tat de nuire, extirpons-les de nos villes, boutons-les hors de nos terres, chassons-les de nos coeurs !<br/>
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Lib&#xE9;rons les grands de l'oppression des petits.<br/>
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Rapha&#xEB;l Zacharie de Izarra<br/>
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5 - LES ENFANTS, CES VILES CREATURES<br/>
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Je n'aime pas les enfants. Je ne leur trouve ni la moindre intelligence, ni aucune sensibilit&#xE9;, ni rien d'humain. Ce sont des &#xEA;tres infirmes : des esprits bancals, des coeurs imparfaits, des &#xE2;mes promptes au p&#xE9;ch&#xE9;.<br/>
<br/>
On a l'habitude d'entendre dire que les enfants sont intelligents, hypersensibles, gentils... Foutaises ! Il n'y a qu'&#xE0; constater la fa&#xE7;on dont ils pensent, dont ils s'expriment, dont ils se gouvernent. Ce sont des ignares incapables de prendre des initiatives, inaptes au travail de force et de pr&#xE9;cision, herm&#xE9;tiques &#xE0; l'art, &#xE0; la philosophie, &#xE0; la litt&#xE9;rature...<br/>
<br/>
Ils sont tout juste bons &#xE0; babiller des inepties. D&#xE9;sob&#xE9;issants, difficiles &#xE0; dompter, naturellement port&#xE9;s vers les futilit&#xE9;s, la salet&#xE9;, l'anarchie, les enfants sont des &#xE2;nes ne comprenant que les coups de b&#xE2;ton.<br/>
<br/>
Il n'y a gu&#xE8;re qu'avec les coups qu'on peut faire de l'enfant quelque chose de pas trop mauvais. H&#xE9;las ! Combien d'enfants mal battus, mal &#xE9;duqu&#xE9;s, mal dirig&#xE9;s par la badine ont compromis des adultes ? Combien de pr&#xE9;cepteurs ont d&#xFB; rendre des comptes &#xE0; la justice par leur faute ? Pour n'avoir pas admis recevoir de la part de leur ma&#xEE;tre quelques corrections corporelles m&#xE9;rit&#xE9;es, des enfants insoumis ont os&#xE9; se plaindre ! Honte &#xE0; ces petits cancres rebelles et d&#xE9;natur&#xE9;s qui par leur faiblesse de caract&#xE8;re, leur d&#xE9;ch&#xE9;ance morale, leur mollesse physique ont fait tra&#xEE;ner devant les tribunaux de bons et honn&#xEA;tes redresseurs de torts &#xE0; la r&#xE9;putation exemplaire...<br/>
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N'est-ce pas l&#xE0; la preuve, s'il en fallait une, de la nature mauvaise et malsaine des enfants ?<br/>
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Rapha&#xEB;l Zacharie de Izarra<br/>
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6 - OTONS LA JOIE AUX ENFANTS<br/>
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Mademoiselle,<br/>
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Vous irez prier dans le plus aust&#xE8;re silence, lors que vous sortirez enfin de l'&#xE2;ge pu&#xE9;ril dans lequel vous vous tenez encore &#xE0; l'heure m&#xEA;me o&#xF9; vous lisez cette missive. Las ! J'aimerais vous voir &#xF4;ter tous vos vains ornements de l'enfance, pour rev&#xEA;tir &#xE0; la place les saints artifices de la pi&#xE9;t&#xE9;. J'aimerais mieux vous voir troquer votre hochet habituel d'innocente cr&#xE9;ature -poup&#xE9;e de chiffon ou bien balle de son- contre le sceptre grave et pr&#xE9;cieux de la d&#xE9;votion -crucifix ou bien chapelet- qui sied si bien aux &#xE2;mes matures...<br/>
<br/>
Ho ! Je vous en conjure Mademoiselle, chassez de votre &#xE2;me infirme d'infante les d&#xE9;mons de l'insouciance ! Venez donc avec moi vous humilier le front contre les dalles rudes des clo&#xEE;tres d&#xE9;sert&#xE9;s ! Venez ensevelir votre blanche jeunesse dans le digne caveau o&#xF9; p&#xE9;rissent bien vite les joies impures et les rires futiles de l'existence humaine. Entrez, &#xE0; la suite des &#xE2;mes vertueuses et des coeurs &#xE9;teints aux passions terrestres, dans ce couvent que je vous d&#xE9;signe aujourd'hui, dans l'espoir que, peut-&#xEA;tre, vous tomberez subitement et miraculeusement sous ses charmes d&#xE9;pouill&#xE9;s avant que d'avoir atteint l'&#xE2;ge des menstruations.<br/>
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R&#xE9;pondez-moi promptement, candide mais vaine enfant.<br/>
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Rapha&#xEB;l Zacharie de Izarra<br/>
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7 - LES ENFANTS : L'IGNOMINIE INCARNEE<br/>
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Rappelons-nous qu'un enfant endormi est un spectacle vil, obsc&#xE8;ne, d&#xE9;go&#xFB;tant. Un enfant, c'est une machine &#xE0; excr&#xE9;tions, un moulin &#xE0; vomissures, un robinet &#xE0; urines, un puits &#xE0; diarrh&#xE9;es, une source de puanteurs. Les enfants endormis trament dans leurs songes d'inf&#xE2;mes intrigues contre les adultes et leur corps couve quelque r&#xE9;pugnante bile que ces d&#xE9;mons, une fois r&#xE9;veill&#xE9;s, s'empresseront de vous &#xE9;jecter au visage tel un fiel issu des enfers : vomissures, diarrh&#xE9;es, flatulences, &#xE9;ructations ou autres urines dont je parlais plus haut. D&#xE9;barrassez-vous de vos enfants avant qu'ils ne prennent le pouvoir et vous rendent l'existence impossible.<br/>
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Rapha&#xEB;l Zacharie de Izarra<br/>
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8 - L'ART DE MENER LES ENFANTS<br/>
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Les enfants sont herm&#xE9;tiques aux beaut&#xE9;s litt&#xE9;raires. Et tr&#xE8;s sensibles aux facilit&#xE9;s commerciales sans profondeur, porteuses de messages &#xE0; but d&#xE9;lib&#xE9;r&#xE9;ment lucratif. C'est le grand tort des enfants qu'il convient de redresser &#xE0; coups de badine et de travaux aux champs.<br/>
<br/>
Dans notre soci&#xE9;t&#xE9; les enfants devraient &#xEA;tre mieux utilis&#xE9;s, mieux exploit&#xE9;s, mieux rentabilis&#xE9;s. On devrait en faire des machines &#xE0; produire, plut&#xF4;t que des robots destin&#xE9;s &#xE0; sottement consommer. On devrait les encha&#xEE;ner &#xE0; la charrue afin de leur inculquer d&#xE8;s le plus jeune &#xE2;ge, &#xE0; ces &#xEA;tres d&#xE9;biles, &#xE0; ces infirmes, &#xE0; ces demi cr&#xE9;atures, les affres de la condition humaine.<br/>
<br/>
Je serais d'avis pour traiter les enfants comme des &#xE2;nes qu'ils sont. Avec la politique du b&#xE2;ton et non de la carotte. Ca leur apprendrait &#xE0; vivre parmi les adultes, &#xE0; ces petits &#xEA;tres nuisibles. On devrait les atteler &#xE0; la charrue et les contraindre &#xE0; abattre leur quotidienne besogne comme des esclaves qu'ils sont.<br/>
<br/>
La soci&#xE9;t&#xE9; n'en progresserait que mieux. Les adultes pourraient enfin se reposer : quand les gosses sont aux champs, plus de rires ni d'&#xE9;clats de voix. Quel bonheur que de s'adonner pendant ce temps aux saintes, saines joies du repos !<br/>
<br/>
Rapha&#xEB;l Zacharie de Izarra<br/>
<br/><br/><br/></p><p>1-5&#xA0;/&#xA0;
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