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<wml xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><head><meta http-equiv="Content-Type" content="text/vnd.wap.wml;charset=ISO-8859-1"/></head><card id="main" title="KAYWA"><p><big>Ce qui nous regarde ...</big><br/>Le weblog de S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict<br/></p><p><small>19.8.2005,&#xA0;03:53</small><br/><b><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cin233ma/du-cinema-parle.html">Du cin&#xE9;ma parl&#xE9;</a></b></p><p>[<a href="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2005/8/30/mob241_1124416747.gif">image</a>]<br/>
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Modernit&#xE9; intacte du cin&#xE9;ma de Pagnol. Gageons que Manon des sources (1), ce film-fleuve, soit la confirmation d&#x2019;un g&#xE9;nie particulier, h&#xE9;rit&#xE9; d&#x2019;une double appartenance : difficile en effet, pour un &#xE9;crivain, de trouver &#xE0; son tour au cin&#xE9;ma une &#xE9;gale l&#xE9;gitimit&#xE9;. C&#x2019;est l&#xE0; que Pagnol sera grand, dans son obsession de ne surtout pas faire de cin&#xE9;ma &#xE9;crit. Certes, on y trouve une &#xE9;criture en amont, puisqu&#x2019;il s&#x2019;agit de l&#x2019;adaptation de son propre roman, L&#x2019;eau des collines.<br/>
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Une premi&#xE8;re voie existait d&#xE9;j&#xE0;, ouverte par Renoir, &#xE0; l&#x2019;endroit d&#x2019;une adaptation pens&#xE9;e comme traduction de l&#x2019;&#xE9;crit vers l&#x2019;image (magistralement, Une partie de campagne) : celle de l&#x2019;image-action, qui dans un souci de fid&#xE9;lit&#xE9; &#xE0; l&#x2019;&#x153;uvre &#xE9;crite, va chercher les moyens d&#x2019;une &#xE9;quivalence ; exemplairement sans recours au dialogue, elle d&#xE9;gage de son continuum visuel et sonore la possibilit&#xE9; de retrouver, &#xE0; d&#xE9;faut de l&#x2019;&#x153;uvre initiale, sa reformulation. Alors, l&#x2019;image remplace le &#xAB; discours &#xBB;, s&#x2019;y substitue pour lui pr&#xE9;f&#xE9;rer une efficacit&#xE9; signifiante imm&#xE9;diate (l&#xE0;-dessus, il n&#x2019;est pas indiff&#xE9;rent que Renoir ait fait un d&#xE9;tour par l&#x2019;Am&#xE9;rique).<br/>
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Le g&#xE9;nie de Pagnol tient dans la voie inverse, directement h&#xE9;rit&#xE9;e, au contraire, d&#x2019;une culture bien fran&#xE7;aise du cin&#xE9;ma : lui aura recours au dialogues, au discours, &#xE0; la parole dans tous ses &#xE9;tats ; autrement dit, sa &#xAB; voie &#xBB; &#xE0; lui sera la voix. Par l&#xE0;, il na&#xEE;t bien cin&#xE9;aste &#xE0; partir de l&#x2019;&#xE9;criture, (non pas &#xE0; travers elle) quand Renoir avait plus &#xE0; voir, selon les lois de l&#x2019;h&#xE9;r&#xE9;dit&#xE9;, avec la peinture. Plus proche de Guitry (2), Pagnol d&#xE9;cide donc de filmer la parole &#xE0; la conjonction d&#x2019;une voix et d&#x2019;un visage ; il la filme &#xE0; la fois comme image et comme mati&#xE8;re sonore. Une id&#xE9;e aussi belle que son &#xE9;vidence, et qui fait du cin&#xE9;ma l&#x2019;envers direct de l&#x2019;&#xE9;criture : une lecture. L&#x2019;&#xE9;crit s&#x2019;annule en m&#xEA;me temps qu&#x2019;il s&#x2019;accomplit dans la phrase dite, d&#x2019;abord parce que le plan prend en charge cette mise en sc&#xE8;ne de la parole, la rend mise en sc&#xE8;ne de soi &#xE0; soi. Chacun n&#x2019;existe &#xE0; l&#x2019;&#xE9;cran qu&#x2019;avec elle ; c&#x2019;est une parole faite corps, r&#xE9;solument dans le plan, assez peu destin&#xE9;e au spectateur en fin de compte, comme elle l&#x2019;est au th&#xE9;&#xE2;tre, o&#xF9; elle doit traverser l&#x2019;espace strat&#xE9;gique de la sc&#xE8;ne pour trouver le public. Elle se suffit &#xE0; elle-m&#xEA;me parce qu&#x2019;elle est un monde en soi, elle est le verbe biblique et trouve dans cette trag&#xE9;die proven&#xE7;ale sa raison d&#x2019;&#xEA;tre.<br/>
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De l&#x2019;action inlassablement dite et comment&#xE9;e, on ne verra quasiment jamais rien, prise en charge par la parole (3), qui de son particularisme (le fameux accent) veut faire la porte d&#x2019;entr&#xE9;e vers l&#x2019;universel. L&#x2019;accent mais pas seulement : au reste, tous les particularismes du langage, maints dialectes et niveaux de discours, depuis le patois sous-titr&#xE9; de la vieille Baptistine jusqu&#x2019;au jargon de l&#x2019;ing&#xE9;nieur, en passant par l&#x2019;appartenance de chacun &#xE0; son ordre social &#xE9;tabli : le cur&#xE9;, le maire, l&#x2019;instituteur, etc. Il ne faut pas m&#xE9;sestimer, cependant, l&#x2019;importance du d&#xE9;cor, de tout ce qui dans l&#x2019;image n&#x2019;est pas la parole mais la sert. Voyez cette sc&#xE8;ne d&#xE9;chirante : Ugolin, apr&#xE8;s lui avoir offert de se marier, crie &#xAB; je t&#x2019;aime &#xBB; &#xE0; Manon, qu&#x2019;il a pourtant condamn&#xE9;e par son vice &#xE0; vivre dans les collines. Le mot se r&#xE9;p&#xE8;te, alors Manon prend soin de lui dire que ce n&#x2019;est pas elle qui lui r&#xE9;pond, mais l&#x2019;&#xE9;cho. G&#xE9;nie du cin&#xE9;aste qui fait r&#xE9;sonner la parole, (l&#x2019;atteste comme son) et la fait communier, dans l&#x2019;image, avec ce d&#xE9;cor naturel qu&#x2019;il filme, &#xE9;videmment, comme un troisi&#xE8;me personnage. Pour parfaire sa r&#xE9;putation, Pagnol aura donc renonc&#xE9; &#xE0; l&#x2019;&#xE9;criture pour lui pr&#xE9;f&#xE9;rer l&#x2019;oralit&#xE9;, d&#x2019;&#xE9;crivain sera devenu conteur : aussi bien, cin&#xE9;aste.<br/>
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1. Diffus&#xE9; hier soir, sur France 3.<br/>
2. Mais alors, celui-ci est li&#xE9; &#xE0; une forme toute particuli&#xE8;re d&#x2019;&#xE9;criture, qui est aussi un dispositif de mise en sc&#xE8;ne avant l&#x2019;heure : le th&#xE9;&#xE2;tre.<br/>
3. Voyez Oliveira (Un film parl&#xE9;) ou les Straub, qui depuis ne font pas autre chose.<br/>
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S.B.<br/>&#xA0;</p><p><small><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cin233ma/du-cinema-parle.html">Commentaires</a>&#xA0;(7)
        <br/>Cat&#xE9;gorie:&#xA0;<a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cin233ma">Cin&#xE9;ma</a><br/></small></p><p><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/p138.html">&#xAB; pr&#xE9;c</a>
	   	 &#xA0;|&#xA0;
	   	 <a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/p136.html">suiv &#xBB;</a></p><p align="center"><br/>- COMMENTAIRES -</p><p><b>Tl&#246;n</b><br/>19.08.2005, 16:34<br/>Si un jour tu peux voir Jofroi (, un moyen m&#xE9;trage,sa premi&#xE8;re r&#xE9;alisation seul) vas y. C'est vraiment tr&#xE9;s beau.<br/>
Question : M.Pagnol serait-il notre J.Ford ? Je croix qu'il y a aussi chez Ford cette pr&#xE9;sence de la parole (la fameuse sc&#xE8;ne des Deux cavaliers) parole qui serpente &#xE0; travers un espace, parole dite par un corps d'acteur. Triple pr&#xE9;sence du corps, de la voix et de la nature qui rejoint paradoxalement le grand art du muet.<br/>
Griffith - Pagnol-Ford-Eustache- les Straub.<br/><br/><br/><b>S&#233;bastien</b><br/>19.08.2005, 19:38<br/>Effectivement. Et si Pagnol rejoint Ford, c'est aussi triplement : 1&#xB0;) m&#xEA;me attachement &#xE0; un territoire donn&#xE9; (Provence / Monument Valley).<br/>
2&#xB0;) m&#xEA;me rapport au verbe comme entit&#xE9; biblique, cr&#xE9;atrice, partant m&#xEA;me impr&#xE9;gnation du religieux, m&#xEA;me go&#xFB;t pour la parabole.<br/>
3&#xB0;) m&#xEA;me propension (mais l&#xE0;, syst&#xE9;matique chez Pagnol) &#xE0; faire "dire" l'action plut&#xF4;t qu'&#xE0; la montrer ; o&#xF9; Ford, s'il en a la tentation, (effectivement dans "Les deux cavaliers", ou encore dans "Liberty Valance"), reste plus am&#xE9;ricain de ce pont de vue :il lui faut quand m&#xEA;me en repasser par l'action &#xE0; un moment donn&#xE9;.<br/>
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Tu as revu le film hier ?<br/><br/><b>S&#233;bastien</b><br/>19.08.2005, 19:40<br/>PS : d'accord pour la filitation que tu proposes. Cela m'a vraiment frapp&#xE9;, notamment en ce qui concerne Eustache, qui comme Pialat devait s&#xFB;rement admirer Pagnol...<br/><br/><b>Damien</b><br/>20.08.2005, 12:20<br/>Superbe texte.<br/>
Ford-Pagnol oui, mais Eustache serait plut&#xF4;t un enfant de Duvivier : c'est avant tout une peinture de la cruaut&#xE9; intime.<br/><br/><b>S&#233;bastien</b><br/>20.08.2005, 13:29<br/>Oui, mais Eustache &#xE9;tait sans doute aussi influenc&#xE9; par Pagnol: cet art du monologue (plus que du dialogue) qui enferme les personnages, ivres de leur propre parole.<br/><br/></p><p>1-5&#xA0;/&#xA0;
			  <a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cin233ma/du-cinema-parle.html&#38;page=1">7</a><br/><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cin233ma/du-cinema-parle.html&#38;page=1#comments">suiv &#xBB;</a></p><p align="center"><br/>- LAISSER UN COMMENTAIRE -</p><p><fieldset>Nom<br/><input name="commentauthor" emptyok="true"/><br/>Email<br/><input name="commentauthoremail" emptyok="true"/><br/>Url<br/><input name="commentauthorurl" emptyok="true"/><br/>Commentaire<br/><input name="commentcontent" emptyok="true"/><br/></fieldset><br/><anchor><go href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cin233ma/du-cinema-parle.html" method="post"><postfield name="ID" value="137"/><postfield name="action" value="moblog"/><postfield name="moblog[comments][comment_author]" value="&#36;commentauthor"/><postfield name="moblog[comments][comment_author_email]" value="&#36;commentauthoremail"/><postfield name="moblog[comments][comment_author_url]" value="&#36;commentauthorurl"/><postfield name="moblog[comments][comment_content]" value="&#36;commentcontent"/><postfield name="moblog[comments][comment_autobr]" value="on"/><postfield name="moblog[comments][_submit]" value="OK"/></go>OK</anchor><br/></p><p align="center">- NAVIGATION -</p><p><a href="/mobile">Accueil de Blog</a><br/><a href="/mobile/latestcomments">Derniers commentaires</a><br/><a href="/mobile/all">Cat&#xE9;gories</a><br/><a href="/mobile/galleries">Galeries</a><br/><a href="/mobile/blogroll">Liens</a><br/><a href="/mobile/archive">Archives</a><br/><a href="#top">Haut de page</a><br/><a href="#bottom">Bas de page</a><br/><a href="/mobile/about">A mon sujet</a><br/></p><p align="center">- META-NAVIGATION -</p><p><a href="http://home.kaywa.com/mobile">Accueil de Portalog</a><br/><a href="http://register.kaywa.com/mobile">Inscription</a><br/><a href="http://help.kaywa.com/mobile">Aide</a><br/><a href="http://about.kaywa.com/mobile">Impressum</a><br/><a href="http://tos.kaywa.com/mobile">Conditions</a><br/></p><p>&#xA9; 2004-2006 Kaywa AG. Tous droits r&#xE9;serv&#xE9;s.</p></card></wml>
