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<wml xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><head><meta http-equiv="Content-Type" content="text/vnd.wap.wml;charset=ISO-8859-1"/></head><card id="main" title="KAYWA"><p><big>Ce qui nous regarde ...</big><br/>Le weblog de S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict<br/></p><p><small>23.1.2008,&#xA0;21:35</small><br/><b><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cin233ma/le-retour-du-mort-vivant.html">Le Retour du mort-vivant</a></b></p><p>[<a href="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2008/1/30/mob380_1201120648.gif">image</a>]
Sweeney Todd, de Tim Burton.
&#xA0;
Tim Burton a ceci de passionnant aujourd&#x2019;hui qu&#x2019;il nous importe nettement moins qu&#x2019;avant. On le laisse depuis quelques ann&#xE9;es g&#xE9;rer comme il peut son imaginaire, entre imagerie certifi&#xE9;e et ressassement, avec pourtant la possibilit&#xE9;, pour certains films, d&#x2019;emporter in fine le morceau. De quoi toujours nous surprendre en somme, d&#x2019;autant plus facilement que l&#x2019;attente n&#x2019;est jamais vraiment f&#xE9;brile. Sweeney Todd est quand m&#xEA;me plus qu&#x2019;une bonne surprise. Il r&#xE9;ussit ce qu&#x2019;avaient rat&#xE9; Sleepy Hollow ou Les Noces fun&#xE8;bres, en faisant retour &#xE0; la case d&#xE9;part d&#x2019;un univers gothique tr&#xE8;s strictement codifi&#xE9;. Il faut laisser de c&#xF4;t&#xE9; le score musical m&#xE9;diocre et s&#x2019;avancer plus avant dans le film pour y voir qu&#x2019;&#xE0; force de ressasser, Burton a peut-&#xEA;tre fini par devenir &#xE0; son tour un v&#xE9;ritable obsessionnel.
Cette fois, nulle place n&#x2019;est laiss&#xE9;e &#xE0; l&#x2019;humour jusqu&#x2019;alors omnipr&#xE9;sent, et telle beaut&#xE9; na&#xEF;ve qui faisait tout le charme d&#x2019;un film comme Edward Scissorhands a disparu dans une image &#xE9;tale, moins sombre en elle-m&#xEA;me que tristement d&#xE9;lav&#xE9;e dans un bain num&#xE9;rique de gris et de fum&#xE9;es. C&#x2019;est d&#x2019;ailleurs bien Edward qui d&#x2019;une certaine mani&#xE8;re fait retour ici, les mains nouvellement affubl&#xE9;es de lames, meurtri&#xE8;res cette fois : celles du Barbier fou de Fleet Street, envoy&#xE9; quinze ans au bagne par un juge d&#xE9;cadent qui entre temps lui aura ravi sa femme (viol&#xE9;e, elle finit par s&#x2019;empoisonner) et sa fille (qu&#x2019;il &#xE9;l&#xE8;ve et garde pr&#xEA;te pour un futur mariage en lieu et place de celle qui s&#x2019;est refus&#xE9;e &#xE0; lui). Ce travestissement de l&#x2019;innocence d&#x2019;un personnage &#xE0; l&#x2019;autre, dit assez tout le prix du film. Sweeney Todd fait ainsi avancer la filmographie de Burton vers des contr&#xE9;es plus arides, o&#xF9; une diffuse et profonde tristesse emp&#xEA;che la noirceur habituelle du cin&#xE9;aste de tenir dans le seul d&#xE9;corum. Burton semble avoir trouv&#xE9; dans le num&#xE9;rique, ici utilis&#xE9; dans toute sa v&#xE9;locit&#xE9; et sa laideur, le support id&#xE9;al pour porter ce d&#xE9;corum jusqu&#x2019;aux derni&#xE8;res extr&#xE9;mit&#xE9;s de l&#x2019;artifice. Comme &#xE0; chaque fois, le d&#xE9;cor revient dans sa toute puissance castratrice de l&#x2019;image, d&#xE8;s lors enti&#xE8;rement model&#xE9;e par lui. Mais au c&#xF4;t&#xE9; &#xAB; lourd &#xBB;, profond&#xE9;ment pesant, des d&#xE9;cors de ses pr&#xE9;c&#xE9;dents films (on pense surtout au premier Batman), Burton oppose ici la vitesse d&#x2019;encha&#xEE;nement du num&#xE9;rique (jusqu&#x2019;au triste mauvais go&#xFB;t finalement assum&#xE9; de certains plans), qui fait du d&#xE9;cors un pur d&#xE9;corum justement, une sorte de plan en transparence, d&#x2019;o&#xF9; se d&#xE9;tachent absolument tous les personnages.
Cet empire du faux donne r&#xE9;trospectivement raison &#xE0; Burton d&#x2019;avoir pers&#xE9;v&#xE9;r&#xE9; dans la voie finalement payante (le concernant) et toujours plus pouss&#xE9;e de l&#x2019;illustration (apr&#xE8;s tout, on se souvient que Tim Burton a commenc&#xE9; comme illustrateur chez Disney : on lui doit une grande partie de l&#x2019;atmosph&#xE8;re visuelle de Taram et Le Chaudron Magique, seule incursion de Disney dans l&#x2019;univers sombre de l&#x2019;heroic-fantasy, o&#xF9; jamais la mort n&#x2019;aura &#xE9;t&#xE9; aussi clairement repr&#xE9;sent&#xE9;e dans un film d&#x2019;animation pour enfants, d&#xE9;laissant tout recours &#xE0; la m&#xE9;taphore). Il ne faut pas s&#x2019;&#xE9;tonner, alors, que le cin&#xE9;aste en passe par la com&#xE9;die musicale (pour la troisi&#xE8;me fois avec Nightmare Before Christmas et Les Noces fun&#xE8;bres) comme il aura par trois fois recours &#xE0; l&#x2019;animation, en rajoutant chaque fois plus dans l&#x2019;artifice ainsi favoris&#xE9;. C&#x2019;est que certains (on le sait quand m&#xEA;me depuis au moins Minnelli &#x2013; revoir Tous en sc&#xE8;ne/The Bandwagon, Brigadoon ou Un Am&#xE9;ricain &#xE0; Paris) ont su faire du faux, de l&#x2019;artifice, la propri&#xE9;t&#xE9; de l&#x2019;&#xE2;me hollywoodienne, cette mani&#xE8;re dont l&#x2019;industrie a pu (souvent), rencontrer l&#x2019;art et inventer de la sorte un r&#xE9;alisme particulier, propre &#xE0; cette Am&#xE9;rique industrialis&#xE9;e qui de M&#xE9;li&#xE8;s a d&#x2019;abord retenu les possibilit&#xE9;s du montage comme pure dialectique, invention de pens&#xE9;e qui se constitue en vision (c&#x2019;est par l&#xE0; &#x2013; et par les russes, &#xE0; m&#xEA;me &#xE9;chelle sur l&#x2019;exact oppos&#xE9; id&#xE9;ologique &#x2013; que les Etats-Unis ont pu quand m&#xEA;me rencontrer Godard).
Fermons les parenth&#xE8;ses pour tenter d&#x2019;entrer dans ce dr&#xF4;le de film, en d&#xE9;finitive assez peu s&#xE9;duisant. Par le faux revendiqu&#xE9;, le grand guignol, Burton entend, lui, vider ses figures de toute substance vivante qui ne serait pas pur clich&#xE9;, pure imagerie (ce qu&#x2019;il y avait, au fond, d&#x2019;assez d&#xE9;plaisant dans un film comme Mars Attacks! et, trouvant une r&#xE9;sonance plus contemporaine, r&#xE9;jouissait au contraire dans Charlie et la Chocolaterie), soit une tentative de faire grimacer le r&#xE9;el, d&#x2019;en faire parler le fant&#xF4;me. C&#x2019;est en quoi le film reprend les choses l&#xE0; o&#xF9; le pr&#xE9;c&#xE9;dent (Les Noces fun&#xE8;bres) les avaient laiss&#xE9;es : chacun ici est une mani&#xE8;re de pantin promis &#xE0; la d&#xE9;sarticulation, lorsque tout semble au contraire devoir faire lien (d&#x2019;amour, de haine et de sang), liens qui peinent &#xE0; se reformer tant la douleur accable chacun &#xE0; des degr&#xE9;s divers. Johnny Depp, comme &#xE0; son habitude chez Burton, est tout &#xE0; fait &#xE0; son aise dans le r&#xF4;le furieux et d&#xE9;gingand&#xE9; du Barbier fou, mani&#xE8;re de ressasser ce r&#xF4;le (depuis Edward en passant par Ed Wood) jusqu&#x2019;&#xE0; sa plus extr&#xEA;me usure, qui est aussi sa plus extr&#xEA;me concision : il semble aussi raide que pr&#xEA;t &#xE0; tomber en morceaux, &#xE0; l&#x2019;image d&#x2019;une marionnette qui ne va bient&#xF4;t plus &#xEA;tre retenue par les invisibles filins qui la font vivante aux yeux des autres. Son jeu, de plus en plus proche du muet m&#xEA;me si sa voix, qui est autant son instrument, s&#x2019;aventure chaque fois dans de nouvelles tonalit&#xE9;s, Depp le d&#xE9;nude ici &#xE0; la mani&#xE8;re d&#x2019;une squelettique pantomime, et laisse, par un pli permanent au milieu du front, son visage se crisper et comme rentrer en lui-m&#xEA;me pour se refuser toute &#xE9;motion qui ne serait pas l&#x2019;expression de la haine.
De l&#xE0; que le voici &#xE0; la fois terrifiant et grotesque, mais surtout &#xE0; l&#x2019;oppos&#xE9; de nombreux r&#xF4;les pr&#xE9;c&#xE9;dents : lui qui joue habituellement de la transparence, soit comme une page blanche qui pourrait accueillir toutes les significations (tous les signes : maquillage indien dans Dead Man, cicatrices diverses dans Edward, moustache ridicules dans Ed Wood, look total folle dans Pirates), soit avec l&#x2019;air d&#x2019;&#xEA;tre ailleurs, en perp&#xE9;tuel transformation, toujours entre deux images (Pirates encore, Sleepy Hollow) comme une &#xE9;vanescence de lui-m&#xEA;me, une &#xAB; vell&#xE9;it&#xE9; d&#x2019;&#xEA;tre &#xBB; (disait Bazin &#xE0; propos de Mr. Hulot). En quelque sorte, Depp a toujours &#xE9;t&#xE9; la continuation lunaire, tr&#xE8;s &#xAB; clown blanc &#xBB;, de Pee-Wee, le premier personnage burtonien. Mais ici, pas de transparence : au contraire, voici un corps qui s&#x2019;attire tous les autres, une force de haine rentr&#xE9;e qui bout d&#x2019;exister, et pourtant ne tient plus &#xE0; la vie que par le fil d&#x2019;une insondable col&#xE8;re. Depp est d&#x2019;un bloc, il est une image proprement aveugle &#xE0; celles qui l&#x2019;entourent. Une image : &#xE0; la limite, il ne peut exister que par le fond sur lequel il se d&#xE9;tache : lorsque celle qui l&#x2019;aime et l&#x2019;aide &#xE0; se venger (Helena Bonham Carter), voudrait bien l&#x2019;emmener &#xE0; la mer et se transporte avec lui dans quelque station baln&#xE9;aire, il n&#x2019;est visiblement pas &#xE0; sa place, dans ces r&#xEA;ves trop lointains pour &#xEA;tre partag&#xE9;s. C&#x2019;est qu&#x2019;il reste d&#xE9;sesp&#xE9;r&#xE9;ment riv&#xE9; au sol tandis qu&#x2019;elle lui vole son image pour l&#x2019;emmener dans ses songes ; au reste, elle n&#x2019;y peut rien : son image lui appartient, elle garde la m&#xEA;me apparence de mort-vivant qui ne tient plus qu&#x2019;&#xE0; satisfaire sa vengeance, imperm&#xE9;able &#xE0; ce qui l&#x2019;entoure d&#x2019;un r&#xEA;ve enchanteur, dans le regard &#xE9;namour&#xE9; de la jeune femme.
&#xAB; Je subit la r&#xE9;alit&#xE9; comme un syst&#xE8;me de pouvoir [&#x2026;] Tant que je per&#xE7;ois le monde comme hostile, je lui reste li&#xE9; : je ne suis pas fou. Mais, parfois, la mauvaise humeur &#xE9;puis&#xE9;e, je n&#x2019;ai plus aucun langage : le monde n&#x2019;est pas irr&#xE9;el [&#x2026;] mais d&#xE9;r&#xE9;el : le r&#xE9;el en a fui, nulle part, en sorte que je n&#x2019;ai plus aucun sens &#xE0; ma disposition &#xBB;. (&#xAB; D&#xE9;r&#xE9;alit&#xE9; &#xBB; : sentiment d&#x2019;absence, retrait de r&#xE9;alit&#xE9; &#xE9;prouv&#xE9; par le sujet amoureux, face au monde. Barthes, in Fragments d&#x2019;un discours amoureux) : ici, l&#x2019;&#xE9;tat qui tient le Barbier &#xE0; l&#x2019;&#xE9;cart du monde, dans sa contemplation inqui&#xE8;te, n&#x2019;est pas l&#x2019;&#xE9;tat amoureux lui-m&#xEA;me, mais son &#xE9;videmment par la douleur du deuil impossible. Le r&#xE9;sultat est cependant le m&#xEA;me, le monde se d&#xE9;robe, s&#x2019;alt&#xE8;re dans une figure de l&#x2019;horreur qui prend chacun dans ses plis, ainsi que l&#x2019;indique le barbier lorsqu&#x2019;il forme le projet d&#x2019;exercer ses lames sur chacun de ceux qui seront assez inconscients pour s&#x2019;asseoir dans son fauteuil (&#xAB; nous m&#xE9;ritons tous de mourir &#xBB;, soit l&#x2019;id&#xE9;e que le monde est d&#xE9;j&#xE0; un grand cimeti&#xE8;re). Sweeney Todd le regarde moins qu&#x2019;il n&#x2019;en souffre ; son existence toute enti&#xE8;re est vou&#xE9;e &#xE0; ne plus vivre mais &#xE0; souffrir le monde. De l&#xE0; que sa folie est aussi innocence. Il tue en somnambule, rien ne peut retenir sa main qui officie dans une sorte de rituel impos&#xE9;, un m&#xE9;canisme interne qui meut le personnage dans une seule direction. Depuis Edward, le prototype du h&#xE9;ros burtonien a chang&#xE9; : le cin&#xE9;aste s&#x2019;approprie une nouvelle fois le personnage, en lui jetant cette fois l&#x2019;horreur &#xE0; la figure ; Burton ne se contente plus d&#x2019;en faire un incompris, dont la solitude restera &#xE0; jamais imperm&#xE9;able &#xE0; l&#x2019;idiotie du monde, il le salit cette fois, en fait &#xE0; la fois un monstre et un innocent, opposant et partie du monde, dont le visage blanc appelle a lui seul la souillure du sang.
Autre mani&#xE8;re de d&#xE9;tachement du corps, autre versant de la d&#xE9;r&#xE9;alisation : le chant. La voix de Depp, douce et grave, peut subitement grimacer d&#x2019;un roulement de &#xAB; r &#xBB; port&#xE9; par un rictus, et semble parfois manquer de tomber dans l&#x2019;aigu. Elle est comme l&#x2019;expression d&#x2019;une hyst&#xE9;rie rentr&#xE9;e, qui des traits f&#xE9;minins de l&#x2019;acteur fait un th&#xE9;&#xE2;tre &#xE9;trange et monomaniaque. L&#xE0;-dessus, si la convention emp&#xEA;che le personnage de chanter tout seul, c&#x2019;est toujours pour lui-m&#xEA;me que Depp chante, jamais en direction de l&#x2019;autre. En cette mani&#xE8;re, le chant est aussi un absence (ce n&#x2019;est plus, comme &#xE0; son habitude, un &#xAB; sur-langage &#xBB;), par quoi le personnage du barbier jette pour lui-m&#xEA;me l&#x2019;expression de son d&#xE9;sarroi dans une conversation qui n&#x2019;a jamais vraiment lieu entre lui et les autres. Comme l&#x2019;&#xE9;tat amoureux qui &#xE9;teint le langage d&#xE8;s lors qu&#x2019;il ne s&#x2019;applique plus &#xE0; l&#x2019;&#xEA;tre aim&#xE9;, la haine enferme Sweeney Todd dans un ressentiment qui seul lui permet de faire le lien avec sa femme disparue. D&#xE8;s lors, c&#x2019;est le chant qui seul prend en charge l&#x2019;expression de ce ressentiment, laissant le tout venant de la conversation, le rapport au monde social se perdre dans un laconisme permanent, le risque constant d&#x2019;une aphasie. Entre sa sur-pr&#xE9;sence figurative, (par m&#xE9;tonymie : les lames et la m&#xE8;che blanche suffisent pour dire tout ce qui fait le personnage), et son statut de mort-vivant, Todd est un peu l&#x2019;&#xE9;quivalent du Penguin, le plus beau personnage dans ce qui reste &#xE0; ce jour le meilleur film de Burton (Batman returns) : il est celui que l&#x2019;innocence a perdu, il est un monstre par hasard, qui ne semble l&#xE0; que pour s&#x2019;incarner dans la derni&#xE8;re image du film, sa sc&#xE8;ne finale, la plus belle, d&#x2019;une na&#xEF;vet&#xE9; retrouv&#xE9;e par le truchement de la violence, qui ach&#xE8;ve d&#x2019;ouvrir ce conte infiniment cruel sur un ab&#xEE;me de v&#xE9;rit&#xE9;.&#xA0;</p><p><small><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cin233ma/le-retour-du-mort-vivant.html">Commentaires</a>&#xA0;(1)
        <br/>Cat&#xE9;gorie:&#xA0;<a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cin233ma">Cin&#xE9;ma</a><br/></small></p><p><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/p185.html">&#xAB; pr&#xE9;c</a>
	   	 &#xA0;|&#xA0;
	   	 <a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/p183.html">suiv &#xBB;</a></p><p align="center"><br/>- COMMENTAIRES -</p><p><b>Maxime</b><br/>13.02.2008, 12:52<br/>Magnifique critique, vraiment, c'est la 1&#xE8;re que je lis qui rend vraiment compte de ce que j'ai ressenti devant ce film. Au d&#xE9;but, j'ai failli quitter la salle, tellement cette laideur, ce mauvais go&#xFB;t m'exasp&#xE9;raient. Et puis, j'ai peu &#xE0; peu r&#xE9;alis&#xE9; qu'il y avait quelque chose d'int&#xE9;ressant l&#xE0;-dedans, non pas malgr&#xE9; cette laideur, mais bien &#xE0; cause d'elle. Les chansons, effectivement horribles, ne sont pas &#xE0; laisser de c&#xF4;t&#xE9;, mais bien &#xE0; prendre en compte dans l'esth&#xE9;tique de la laideur qui gouverne le film tout entier, et qui touche aussi bien les inf&#xE2;mes d&#xE9;cors num&#xE9;riques que les personnages, d&#xE9;j&#xE0; monstres (physiquement, "moralement") ou monstres en devenir (le gamin, qui perp&#xE9;tue le cycle de la violence, et prend d'une certaine fa&#xE7;on le relais). Les seuls personnages &#xE0; &#xE9;chapper &#xE0; cela sont trop beaux, trop fades, donc inint&#xE9;ressants: c'est le couple qui se forme en cours de film, et dont Burton ne laisse m&#xEA;me pas entrevoir le happy-end tellement il s'en contrefout.<br/>
Concernant la dualit&#xE9; innocence/folie du personnage principal, je suis enti&#xE8;rement d'accord, et on la retrouve jusque dans son nom: d'un c&#xF4;t&#xE9; Sweeney qui &#xE9;voque une certaine douceur et innocence, et de l'autre Todd, court et brutal, proche de l'allemand Tod (=la mort). Mais c'est quasiment l'ensemble des personnages qui est touch&#xE9; par cette dualit&#xE9;: Alan Rickman, &#xE0; la fois bourreau et victime (&#xE0; la fois de l'amour, comme il le confesse &#xE0; Depp, et de la mort); Helena Bonham Carter, alli&#xE9;e aimante et v&#xE9;itable "mangeuse d'hommes"; Sacha Baron Cohen, bouffon et cruel; le gamin, innocent et finalement bourreau.<br/>
Pour tout cela, pour tous ces paradoxes et contradictions (le film finit par trouver une certaine forme de beaut&#xE9; dans sa laideur, notamment &#xE0; la fin comme vous le notez), je pr&#xE9;f&#xE8;re mille fois ce Sweeney Todd a tout ce que Burton a fait depuis Sleepy Hollow.<br/><br/></p><p>1-1&#xA0;/&#xA0;
			  1<br/></p><p align="center"><br/>- LAISSER UN COMMENTAIRE -</p><p><fieldset>Nom<br/><input name="commentauthor" emptyok="true"/><br/>Email<br/><input name="commentauthoremail" emptyok="true"/><br/>Url<br/><input name="commentauthorurl" emptyok="true"/><br/>Commentaire<br/><input name="commentcontent" emptyok="true"/><br/></fieldset><br/><anchor><go href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cin233ma/le-retour-du-mort-vivant.html" method="post"><postfield name="ID" value="184"/><postfield name="action" value="moblog"/><postfield name="moblog[comments][comment_author]" value="&#36;commentauthor"/><postfield name="moblog[comments][comment_author_email]" value="&#36;commentauthoremail"/><postfield name="moblog[comments][comment_author_url]" value="&#36;commentauthorurl"/><postfield name="moblog[comments][comment_content]" value="&#36;commentcontent"/><postfield name="moblog[comments][comment_autobr]" value="on"/><postfield name="moblog[comments][_submit]" value="OK"/></go>OK</anchor><br/></p><p align="center">- NAVIGATION -</p><p><a href="/mobile">Accueil de Blog</a><br/><a href="/mobile/latestcomments">Derniers commentaires</a><br/><a href="/mobile/all">Cat&#xE9;gories</a><br/><a href="/mobile/galleries">Galeries</a><br/><a href="/mobile/blogroll">Liens</a><br/><a href="/mobile/archive">Archives</a><br/><a href="#top">Haut de page</a><br/><a href="#bottom">Bas de page</a><br/><a href="/mobile/about">A mon sujet</a><br/></p><p align="center">- META-NAVIGATION -</p><p><a href="http://home.kaywa.com/mobile">Accueil de Portalog</a><br/><a href="http://register.kaywa.com/mobile">Inscription</a><br/><a href="http://help.kaywa.com/mobile">Aide</a><br/><a href="http://about.kaywa.com/mobile">Impressum</a><br/><a href="http://tos.kaywa.com/mobile">Conditions</a><br/></p><p>&#xA9; 2004-2006 Kaywa AG. Tous droits r&#xE9;serv&#xE9;s.</p></card></wml>
