<?xml version="1.0"?>
<!DOCTYPE wml PUBLIC "-//WAPFORUM//DTD WML 1.1//EN" "http://www.wapforum.org/DTD/wml_1.1.xml">
<wml xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><head><meta http-equiv="Content-Type" content="text/vnd.wap.wml;charset=ISO-8859-1"/></head><card id="main" title="KAYWA"><p><big>Ce qui nous regarde ...</big><br/>Le weblog de S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict<br/></p><p><small>07.3.2008,&#xA0;15:53</small><br/><b><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cin233ma/on-dirait-que.html">"On dirait que..."</a></b></p><p>[<a href="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2008/3/30/mob382_1204901819.gif">image</a>]
&#xA0;
Bienvenue chez les ch'tis de Danny Boon.
&#xA0;
&#xA0;
On le sait d&#xE9;j&#xE0;, Bienvenue chez les ch&#x2019;tis est en passe de devenir le plus gros succ&#xE8;s fran&#xE7;ais de tous les temps&#xA0;: prenons le pari qu&#x2019;il va d&#xE9;passer, en d&#xE9;finitive, l&#x2019;ind&#xE9;tr&#xF4;nable Grande Vadrouille. Il convient de s&#x2019;y int&#xE9;resser de pr&#xE8;s&#xA0;: un succ&#xE8;s de cette ampleur n&#x2019;est pas seulement dans l&#x2019;ordre d&#x2019;un sympt&#xF4;me soci&#xE9;tal, il dit avant tout quelque chose du cin&#xE9;ma. Si l&#x2019;on veut donc faire le pari d&#x2019;un combat gagnant contre le film de G&#xE9;rard Oury, c&#x2019;est aussi parce que la &#xAB;&#xA0;francit&#xE9;&#xA0;&#xBB; qui fait l&#x2019;ordinaire victorieux du cin&#xE9;ma fran&#xE7;ais commence peut-&#xEA;tre &#xE0; en finir avec le mod&#xE8;le d&#x2019;une mythologie de la R&#xE9;sistance et du terroir. Certes, on m&#x2019;opposera le r&#xE9;gionalisme d&#x2019;un film consacr&#xE9; aux gens du nord, c&#x2019;est pourtant son beau paradoxe que de vouloir pr&#xE9;cis&#xE9;ment partir d&#x2019;une r&#xE9;gion pour en sortir, de s&#x2019;y enfoncer pour mieux lui faire perdre ses stricts contours, y trouver autre chose que les signes commun&#xE9;ment admis d&#x2019;une reconnaissance r&#xE9;gionale. Y trouver quoi&#xA0;? Un &#xE9;tat paradoxal de la France peut-&#xEA;tre, l&#x2019;expression d&#x2019;une inqui&#xE9;tude tr&#xE8;s contemporaine qui en a peut-&#xEA;tre fini avec le pass&#xE9; pour se poser la question de son identit&#xE9; changeante.
Contrairement aux apparences, ce qui int&#xE9;resse Danny Boon, c&#x2019;est le territoire au sens propre, pas sa plus value culturelle et mythologique (le terroir, donc). Soit l&#x2019;inverse d&#x2019;un film comme Paris, qui voudrait retourner les clich&#xE9;s sans se rendre compte qu&#x2019;ils ont la m&#xEA;me apparence de l&#x2019;autre c&#xF4;t&#xE9;&#xA0;: Boon proc&#xE8;de autrement, en choisissant d&#x2019;investir le clich&#xE9; de l&#x2019;int&#xE9;rieur, pour l&#x2019;&#xE9;tendre progressivement &#xE0; la caricature. Il faut se souvenir ici de la belle formule de Daney&#xA0;: un clich&#xE9;, c&#x2019;est une image qui ne bouge pas, jouant ainsi sur les deux sens du mot. Faire bouger le clich&#xE9;, le remettre en mouvement et, par l&#x2019;absurde, le renforcer toujours plus, c&#x2019;est pour Danny Boon la possibilit&#xE9; d&#x2019;&#xE9;prouver pr&#xE9;cis&#xE9;ment ce clich&#xE9; au territoire qui le porte, pour en faire ressortir les failles. Car il arrive un moment o&#xF9; le clich&#xE9; ne tient plus de lui-m&#xEA;me, d&#xE9;couvert par la r&#xE9;alit&#xE9; d&#x2019;un paysage qui ne s&#x2019;y conforme plus&#xA0;: c&#x2019;est le r&#xE9;el qui prend alors sa revanche sur le langage, l&#x2019;image (en mouvement) qui prend le dessus sur l&#x2019;imaginaire (arr&#xEA;t&#xE9;). La concordance est d&#x2019;abord compl&#xE8;te&#xA0;: ainsi le gag hilarant de la pluie qui se met &#xE0; tomber sit&#xF4;t la fronti&#xE8;re avec le Nord Pas-de-Calais pass&#xE9;e, un peu comme certains fant&#xF4;mes au-del&#xE0; du pont vont &#xE0; notre rencontre, selon un carton c&#xE9;l&#xE8;bre de Nosferatu&#xA0;: au reste, la dimension quasi-fantastique du gag commence par d&#xE9;r&#xE9;aliser le territoire, pour mieux le faire exister par la suite &#xE0; travers les gens qui l&#x2019;habitent. Car le film a ceci de passionnant qu&#x2019;il ne s&#x2019;occupe d&#x2019;image que comme r&#xE9;sultat, production &#xE0; partir du langage et de lui seul. Ainsi le clich&#xE9; n&#x2019;est pas seulement une image d&#x2019;Epinal (comme ce premier gag, directement issu du paysage comme le sont les moulins en Hollande), il est d&#x2019;abord l&#x2019;expression d&#x2019;une id&#xE9;ologie directement inscrite dans le langage, soit une mani&#xE8;re d&#x2019;idiolecte social&#xA0;: l&#x2019;id&#xE9;e que je me fais d&#x2019;une autre r&#xE9;gion, d&#x2019;une autre culture, se doit d&#x2019;&#xEA;tre la plus stable possible afin de positionner, avec ou contre elle, l&#x2019;id&#xE9;e que j&#x2019;ai de ma propre r&#xE9;gion, de ma propre culture&#x2026; qui doit &#xEA;tre &#xE9;galement source de clich&#xE9;s pour les autres, &#xE0; la seule fin d&#x2019;avoir quelque chose &#xE0; moi, c&#x2019;est-&#xE0;-dire qui m&#x2019;identifie, de sorte que je ne puisse pas le partager.
A cela, Bienvenue chez les ch&#x2019;tis r&#xE9;pond par une porosit&#xE9; salutaire de la langue per&#xE7;ue par Kad Mehrad comme &#xE9;trang&#xE8;re&#xA0;: c&#x2019;est l&#x2019;affrontement entre le fran&#xE7;ais et le patois chtimi qui fait l&#x2019;enjeu comique des dialogues, de fa&#xE7;on certes un peu facile, mais riche d&#x2019;&#xE9;vidence pour qui veut suivre le personnage jusqu&#x2019;au bout&#xA0;: c&#x2019;est-&#xE0;-dire dans le jeu d&#x2019;un changement identitaire complet, par o&#xF9; la dimension de jeu, pr&#xE9;cis&#xE9;ment, importe plus que tout. On dirait que&#x2026; Soit&#xA0;: &#xAB;&#xA0;jouons &#xE0; &#xEA;tre ceux-l&#xE0; m&#xEA;me que l&#x2019;on veut &#xE9;loigner de nous&#xA0;&#xBB;, il s&#x2019;agit l&#xE0; d&#x2019;une vraie dimension de mise en sc&#xE8;ne&#xA0;: s&#x2019;approprier une langue &#xE9;trang&#xE8;re (mieux&#xA0;: parler sa propre langue comme &#xE9;trang&#xE8;re), r&#xE9;investir un territoire, en y portant le clich&#xE9; &#xE0; chaud. En dernier lieu, Kad devra tout faire, avec le concours des habitants, pour conformer le Nord &#xE0; l&#x2019;id&#xE9;e que sa femme en a, enti&#xE8;rement conform&#xE9;e par son discours&#xA0;: c&#x2019;est un Nord qui n&#x2019;existe plus, que Danny Boon a choisi de d&#xE9;placer dans un ancien site minier aujourd&#x2019;hui abandonn&#xE9;. Et c&#x2019;est peut-&#xEA;tre la plus belle id&#xE9;e du film que cette reconstitution historique, seul raccordement possible au clich&#xE9;, devenu pr&#xE9;cis&#xE9;ment clich&#xE9; parce que pass&#xE9; dans l&#x2019;Histoire. Il s&#x2019;agit d&#x2019;une simple translation, le village n&#x2019;a &#xE9;t&#xE9; d&#xE9;plac&#xE9; que de quelques kilom&#xE8;tres, &#xE0; l&#x2019;endroit de l&#x2019;ancien qui en porte toujours le nom. C&#x2019;est dans cet interstice entre les deux villages (l&#x2019;ancien et le nouveau), que se tient le film, dans un rapport de juste distance que la mise en sc&#xE8;ne va faire varier selon le langage employ&#xE9; par chacun. Voil&#xE0; ce qui &#xE9;meut vraiment, en dernier lieu&#xA0;: cette mani&#xE8;re qu&#x2019;&#xE0; le film de souhaiter la Bienvenue &#xE0; ses spectateurs, sans leur m&#xE2;cher le travail, les laissant faire le chemin n&#xE9;cessaire &#xE0; ce que leur langue trouve &#xE0; se d&#xE9;ployer dans un espace non plus reconnu comme r&#xE9;gion, mais affirmation toujours renouvel&#xE9;e d&#x2019;une France qui change.
&#xA0;&#xA0;</p><p><small><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cin233ma/on-dirait-que.html">Commentaires</a>&#xA0;(2)
        <br/>Cat&#xE9;gorie:&#xA0;<a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cin233ma">Cin&#xE9;ma</a><br/></small></p><p><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/p187.html">&#xAB; pr&#xE9;c</a>
	   	 &#xA0;|&#xA0;
	   	 <a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/p185.html">suiv &#xBB;</a></p><p align="center"><br/>- COMMENTAIRES -</p><p><b>semper</b><br/>13.04.2008, 14:31<br/><br/>
Qu'il vous plaise de supprimer ou de garder mon commentaire, c'est mon opinion quant &#xE0; vous que je tiens &#xE0; exprimer, comme un &#xE9;change de mots qui n'ont pas sp&#xE9;cialement choisi ce support, et qui auraient tr&#xE9;s bien pu &#xEA;tre verbaux.<br/>
Selon moi, votre analyse (bien qu'intelligente, construite et d&#xE9;fendable) est fausse, invers&#xE9;e.<br/>
Il ne s'agit que de mon opinion, et donc je l&#xE0; d&#xE9;fendrai en usant de termes affirm&#xE9;s, comme s'il s'agissait d'une certitude. Car c'est ainsi que tous nous allons, fiers de nos abats.<br/>
<br/>
Vous etes l'arch&#xE9;type du sympt&#xF4;me Fran&#xE7;ais.<br/>
http://fr.wikipedia.org/wiki/Picard<br/>
Le patois, r&#xE9;gional, fait partie de l'histoire de France, il est aussi vieux que la langue Fran&#xE7;aise, et a grandi avec elle. Il ne l'a jamais quitt&#xE9;e, et &#xE0; toujours compos&#xE9; avec elle, sans jamais vouloir cesser de s'accorder avec elle, ou cesser de la comprendre. Ce n'est pas un &#xE9;tranger. C'est la France du village d'ast&#xE9;rix, gauloise et rassurante, pr&#xE9;sente, discr&#xE8;te, ancr&#xE9;e, derri&#xE8;re les sketches comportementaux de la tribue du Nord (tr&#xE9;s uderzo les comportements) pour intimider la femme mont&#xE9;e dans le nord.<br/>
Je crains que l'interpr&#xE9;tation de votre conclusion ne survive &#xE0; un sondage sur l'origine culturelle des personnes qui sont all&#xE9;es voir ce film.<br/>
D'ailleurs, la population du film, (Kad est typ&#xE9; Europ&#xE9;en) n'est en rien m&#xE9;tiss&#xE9;e. Ce qui constitue un sacr&#xE9; "report minoritaire" &#xE0; votre analyse.<br/>
<br/>
Amicalement<br/><br/><br/><b>Joachim</b><br/><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/exturl/http/365joursouvrables.blogspot.com">http://365joursouvrables.blogspot.com</a><br/>22.04.2008, 12:53<br/>Texte int&#xE9;ressant, mais qui prend tout de m&#xEA;me beaucoup d'&#xE9;gards avec cette com&#xE9;die tout de m&#xEA;me pas super dr&#xF4;le. La seule partie int&#xE9;ressante &#xE9;tant effectivement la reconstitution de la cit&#xE9; mini&#xE8;re, mais c'est tout de m&#xEA;me assez bref. Et puis, &#xE7;a m'a plut&#xF4;t fait penser &#xE0; un sketch des Guignols o&#xF9; une &#xE9;quipe du journal de Jean-Pierre Pernaut fait retirer d'une boutique d'artisan tous les signes de la modernit&#xE9; (t&#xE9;l&#xE9;phones portables, paiement par carte bleue, compte sur ordi, commandes par internet) et y rajoute de vieux registres et des vieilles horloges pour que tout cela soit plus conforme &#xE0; l'image de France profonde qu'ils &#xE9;taient venus chercher. Sauf que l&#xE0;, le film reste tout de m&#xEA;me plut&#xF4;t du c&#xF4;t&#xE9; du journal de JPP. Et puis, j'y vois plut&#xF4;t le simulacre d'une fable sur l'int&#xE9;gration dans une France totalement irr&#xE9;elle et finalement h&#xE9;rit&#xE9;e d'un mod&#xE8;le m&#xE9;di&#xE9;val (une congr&#xE9;gation de provinces o&#xF9; la capitale n'est m&#xEA;me pas d&#xE9;sign&#xE9;e). Pour continuer &#xE0; sociologiser &#xE0; bon compte, je rapprocherais aussi le succ&#xE8;s du film du ph&#xE9;nom&#xE8;ne Rib&#xE9;ry, lui aussi footeux du Nord et "petit chose" (comme le personnage de 35 ans, toujours puceau de Dany Boon) accueilli avec force chaleur dans le roman national. De m&#xE9;moire de spectateur de foot, ce doit &#xEA;tre le seul joueur de l'Equipe de France &#xE0; avoir fait un tour d'honneur d&#xE8;s la fin de sa premi&#xE8;re s&#xE9;lection (je crois d'ailleurs que c'&#xE9;tait &#xE0; Lens).<br/>
Quelque part, je vois aussi une sorte de sym&#xE9;trie entre "Bienvenue..." et "La graine et le mulet", les deux films fran&#xE7;ais "dont on parle", deux films o&#xF9; il est beaucoup question de bouffe, de langage et de son apprentissage. "La graine..." montrerait-elle une France telle qu'elle est et "Bienvenue..." telle qu'elle r&#xEA;verait d'&#xEA;tre (bloqu&#xE9;e &#xE0; l'&#xE9;poque de la Quatri&#xE8;me R&#xE9;publique) ?<br/><br/></p><p>1-2&#xA0;/&#xA0;
			  2<br/></p><p align="center"><br/>- LAISSER UN COMMENTAIRE -</p><p><fieldset>Nom<br/><input name="commentauthor" emptyok="true"/><br/>Email<br/><input name="commentauthoremail" emptyok="true"/><br/>Url<br/><input name="commentauthorurl" emptyok="true"/><br/>Commentaire<br/><input name="commentcontent" emptyok="true"/><br/></fieldset><br/><anchor><go href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/cin233ma/on-dirait-que.html" method="post"><postfield name="ID" value="186"/><postfield name="action" value="moblog"/><postfield name="moblog[comments][comment_author]" value="&#36;commentauthor"/><postfield name="moblog[comments][comment_author_email]" value="&#36;commentauthoremail"/><postfield name="moblog[comments][comment_author_url]" value="&#36;commentauthorurl"/><postfield name="moblog[comments][comment_content]" value="&#36;commentcontent"/><postfield name="moblog[comments][comment_autobr]" value="on"/><postfield name="moblog[comments][_submit]" value="OK"/></go>OK</anchor><br/></p><p align="center">- NAVIGATION -</p><p><a href="/mobile">Accueil de Blog</a><br/><a href="/mobile/latestcomments">Derniers commentaires</a><br/><a href="/mobile/all">Cat&#xE9;gories</a><br/><a href="/mobile/galleries">Galeries</a><br/><a href="/mobile/blogroll">Liens</a><br/><a href="/mobile/archive">Archives</a><br/><a href="#top">Haut de page</a><br/><a href="#bottom">Bas de page</a><br/><a href="/mobile/about">A mon sujet</a><br/></p><p align="center">- META-NAVIGATION -</p><p><a href="http://home.kaywa.com/mobile">Accueil de Portalog</a><br/><a href="http://register.kaywa.com/mobile">Inscription</a><br/><a href="http://help.kaywa.com/mobile">Aide</a><br/><a href="http://about.kaywa.com/mobile">Impressum</a><br/><a href="http://tos.kaywa.com/mobile">Conditions</a><br/></p><p>&#xA9; 2004-2006 Kaywa AG. Tous droits r&#xE9;serv&#xE9;s.</p></card></wml>
