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<wml xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><head><meta http-equiv="Content-Type" content="text/vnd.wap.wml;charset=ISO-8859-1"/></head><card id="main" title="KAYWA"><p><big>Ce qui nous regarde ...</big><br/>Le weblog de S&#xE9;bastien B&#xE9;n&#xE9;dict<br/></p><p><small>08.7.2008,&#xA0;18:47</small><br/><b><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/t233l233vision/lintouchable.html">L'Intouchable</a></b></p><p>[<a href="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2008/7/30/mob388_1215536160.gif">image</a>]<br/>
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Une image, donc, s&#x2019;est remise &#xE0; bouger : celle d&#x2019;Ingrid Betancourt, que beaucoup ne connaissaient pas vraiment avant de la savoir otage des FARC colombiens, avant que de voir, surtout, ces immenses banni&#xE8;res placard&#xE9;es partout, cette effigie et ce symbole nationaliste tout ensemble : Ingrid vous regarde et vous esp&#xE8;re. Plus tard, la photo sera remplac&#xE9;e par une autre, plus r&#xE9;cente, tir&#xE9;e d&#x2019;une vid&#xE9;o qui la montre assise, de profil, au c&#x153;ur de la jungle colombienne, maigre et comme &#xE9;vapor&#xE9;e, pr&#xEA;te &#xE0; dispara&#xEE;tre dans le flou de sa faible pr&#xE9;sence, &#xE0; n&#x2019;&#xEA;tre bient&#xF4;t plus qu&#x2019;une trace. Une image qui venait raconter une toute autre histoire : celle de n&#x2019;&#xEA;tre qu&#x2019;un moment et non un document. Tout d&#x2019;un coup, (pour un temps seulement) il y eut moins de m&#xE9;moire et plus de souvenir. De l&#xE0; l&#x2019;id&#xE9;e soudaine que les images aussi ont une fin.
Une image, donc, celle d&#x2019;Ingrid Betancourt, a permis &#xE0; beaucoup de gens de prendre en charge ce souvenir (eux) pour en faire une m&#xE9;moire (nous). Cette image, d&#xE9;j&#xE0; rattrap&#xE9;e, rendue &#xE0; sa dimension de logo (quelque chose comme : &#xAB; la libert&#xE9; encha&#xEE;n&#xE9;e &#xBB;), avait ceci de particulier qu&#x2019;elle contenait &#xE0; la fois beaucoup d&#x2019;espoir et (d&#xE9;j&#xE0;) beaucoup d&#x2019;Histoire&#x2026; d&#x2019;un c&#xF4;t&#xE9; l&#x2019;attente solidaire, de l&#x2019;autre une tristesse diffuse, comme s&#x2019;il fallait d&#xE9;j&#xE0; &#xE9;crire l&#x2019;Histoire, faire le deuil avant qu&#x2019;il n&#x2019;ait &#xE0; commencer. Ce deuil et cet espoir ont cess&#xE9; ensemble vendredi soir sur le plateau de Claire Chazal, &#xE0; TF1. L&#x2019;image s&#x2019;est remise &#xE0; bouger. Et fait rentrer la photo dans l&#x2019;Histoire, d&#xE9;finitivement. C&#x2019;est le deuil d&#x2019;une image (et non plus une image du deuil) qui pouvait maintenant commencer. Certes, elle &#xE9;tait d&#xE9;j&#xE0; apparue la veille sur toutes les cha&#xEE;nes de t&#xE9;l&#xE9;, on l&#x2019;avait longuement entendue, interview&#xE9;e par PPDA (une aubaine) puis par Pujadas, mais il a fallu que disparaissent le duplex, la distance, il a fallu qu&#x2019;une autre image s&#x2019;incarne v&#xE9;ritablement depuis ce lointain jusqu&#x2019;&#xE0; nous, dans le cadre soigneusement &#xE9;clair&#xE9; du plateau du plus regard&#xE9; des JT de France : que cette image vienne &#xE0; nous, depuis sa morbide fixit&#xE9; jusqu&#x2019;&#xE0; nos foyers en passant par diff&#xE9;rents r&#xE9;gimes de repr&#xE9;sentation interm&#xE9;diaires, qu&#x2019;elle essaime dans son sillage d&#x2019;autres images enfin, avant que de venir se poser tr&#xE8;s exactement en face de nous. C&#x2019;est l&#xE0;, vendredi soir, que l&#x2019;image d&#x2019;Ingrid Betancourt ressuscit&#xE9;e a fini son parcours.
Qu&#x2019;a-t-elle &#xE0; dire, Ingrid, elle qui, peut-&#xEA;tre le sait-elle d&#xE9;j&#xE0;, n&#x2019;est justement plus qu&#x2019;une image ? Elle est d&#xE9;sormais l&#x2019;intouchable, une pure ic&#xF4;ne m&#xE9;diatique, la preuve par l&#x2019;image enfin, d&#x2019;une existence hors du commun. Sa voix est l&#xE9;g&#xE8;rement rentr&#xE9;e en elle, elle sort comme d&#x2019;un lointain souvenir, comme une sagesse d&#x2019;apr&#xE8;s la mort. Une voix qui prend la valeur des mots pour celle des choses et qui choisit des mots simples pour parler des choses simples. Elle parle d&#x2019;amour, Ingrid. Des siens, de sa famille, de son combat, et surtout elle t&#xE9;moigne, elle s&#x2019;empresse de t&#xE9;moigner de l&#x2019;horreur avant qu&#x2019;il ne soit trop tard, avant que la grande porte de la m&#xE9;moire ne se ferme sur son t&#xE9;moignage. L&#x2019;image t&#xE9;l&#xE9; fixe ce t&#xE9;moignage comme un polaro&#xEF;d enferme un souvenir, dans l&#x2019;imm&#xE9;diatet&#xE9; de la parole d&#xE9;vers&#xE9;e, &#xE7;a donne un sentiment d&#x2019;urgence, cette voix qui pourtant prend son temps pour dire les choses patiemment, calmement, sans autre heurt que l&#x2019;h&#xE9;sitation qui la fait balancer entre diff&#xE9;rentes expressions&#x2026; Ce qu&#x2019;elle dit n&#x2019;a rien d&#x2019;&#xE9;tonnant, bien s&#xFB;r. On commence &#xE0; avoir l&#x2019;habitude des paroles de survivants. Le cin&#xE9;ma s&#x2019;en est d&#xE9;j&#xE0; longuement occup&#xE9; (Lanzmann, Ophuls, Rithy Panh), la t&#xE9;l&#xE9; au garde &#xE0; vous des grands &#xE9;v&#xE9;nements m&#xE9;moriels se sait quant &#xE0; elle devenir une partie de la m&#xE9;moire du monde. C&#x2019;est cette urgence qu&#x2019;elle y met, Ingrid, qui impressionne : jusqu&#x2019;alors, la parole des survivants finissait par en venir aux images, elle les pr&#xE9;c&#xE9;dait en quelque sorte ; aujourd&#x2019;hui, apr&#xE8;s celle de Florence Aubenas, la parole d&#x2019;Ingrid Betancourt en est l&#x2019;exacte contemporaine. Aujourd&#x2019;hui, la distance est pour la seconde fois d&#xE9;truite entre l&#x2019;horreur et son r&#xE9;quisitoire imm&#xE9;diat, les cam&#xE9;ras d&#xE9;j&#xE0; pr&#xEA;tes &#xE0; recueillir le t&#xE9;moignage de ce qu&#x2019;y vient juste de finir d&#x2019;&#xEA;tre v&#xE9;cu.
Evidemment, il fallait y venir : un m&#xEA;me th&#xE9;&#xE2;tre s&#x2019;est jou&#xE9; deux fois par le biais de nos lucarnes, une m&#xEA;me volont&#xE9; de dire quelque chose dans le direct le plus absolu, &#xE9;noncer son exp&#xE9;rience, son &#xEA;tre soi, exister par cela m&#xEA;me que l&#x2019;on a &#xE0; raconter quelque chose, &#xE0; t&#xE9;moigner au monde que l&#x2019;on existe bel et bien sous ses yeux. Deux trajets, une m&#xEA;me ic&#xF4;ne : Aubenas et Betancourt ont su faire peser le silence des images manquantes pour mieux faire surgir leurs voix respectives dans celles qui avidement nous regardent.
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[<a href="http://intimedia.kaywa.com/files/images/2008/7/30/mob389_1215536179.gif">image</a>]&#xA0;&#xA0;</p><p><small><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/t233l233vision/lintouchable.html">Commentaires</a>&#xA0;(0)
        <br/>Cat&#xE9;gorie:&#xA0;<a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/t233l233vision">T&#xE9;l&#xE9;vision</a><br/></small></p><p><a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/p191.html">&#xAB; pr&#xE9;c</a>
	   	 &#xA0;|&#xA0;
	   	 <a href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/p189.html">suiv &#xBB;</a></p><p align="center"><br/>- LAISSER UN COMMENTAIRE -</p><p><fieldset>Nom<br/><input name="commentauthor" emptyok="true"/><br/>Email<br/><input name="commentauthoremail" emptyok="true"/><br/>Url<br/><input name="commentauthorurl" emptyok="true"/><br/>Commentaire<br/><input name="commentcontent" emptyok="true"/><br/></fieldset><br/><anchor><go href="http://intimedia.kaywa.com/mobile/t233l233vision/lintouchable.html" method="post"><postfield name="ID" value="190"/><postfield name="action" value="moblog"/><postfield name="moblog[comments][comment_author]" value="&#36;commentauthor"/><postfield name="moblog[comments][comment_author_email]" value="&#36;commentauthoremail"/><postfield name="moblog[comments][comment_author_url]" value="&#36;commentauthorurl"/><postfield name="moblog[comments][comment_content]" value="&#36;commentcontent"/><postfield name="moblog[comments][comment_autobr]" value="on"/><postfield name="moblog[comments][_submit]" value="OK"/></go>OK</anchor><br/></p><p align="center">- NAVIGATION -</p><p><a href="/mobile">Accueil de Blog</a><br/><a href="/mobile/latestcomments">Derniers commentaires</a><br/><a href="/mobile/all">Cat&#xE9;gories</a><br/><a href="/mobile/galleries">Galeries</a><br/><a href="/mobile/blogroll">Liens</a><br/><a href="/mobile/archive">Archives</a><br/><a href="#top">Haut de page</a><br/><a href="#bottom">Bas de page</a><br/><a href="/mobile/about">A mon sujet</a><br/></p><p align="center">- META-NAVIGATION -</p><p><a href="http://home.kaywa.com/mobile">Accueil de Portalog</a><br/><a href="http://register.kaywa.com/mobile">Inscription</a><br/><a href="http://help.kaywa.com/mobile">Aide</a><br/><a href="http://about.kaywa.com/mobile">Impressum</a><br/><a href="http://tos.kaywa.com/mobile">Conditions</a><br/></p><p>&#xA9; 2004-2006 Kaywa AG. Tous droits r&#xE9;serv&#xE9;s.</p></card></wml>
