Love Song
Ah, la Louisiane… New Orleans, Bâton Rouge, et la voix de Scarlett. So far of me baby… un ami que j’estime depuis ses premiers mots a eu l’affront de te trouver vulgaire. En d’autres temps, cet ami serait mort, quelque part sur une plaine inventée pour l’occasion ; mort d’un coup de revolver (la justice aurait alors voulu que je fisse mouche du premier coup). Peut-on tomber amoureux d’une image ? Amoureux fou sans espoir de retour ? Alors voilà : je t’aime Scarlett, et cela me suffit. Pas besoin de se rencontrer, Platon avait pleinement raison. Il avait vu ce que d’idéal, l’amour avait d’entier ; ce que l’idée d’un amour avait de plus grand que l’amour lui-même par la force de ses possibles empêchés. Je ne t’ai pas aimée d’abord, soyons honnête, j’ai du attendre pour cela que ta voix s’épanche dans le creux de mon oreille, ta voix grave, infiniment grave parmi les chants multiples d’une nature indomptée, ta voix de cathédrale qui rapproche les amants dans la dévotion du corps de l’autre, et qui chaque jour me transporte dans le lit des étoiles. Tu es cinéma (merci Woody), littérature (Tennessee Williams, au moins), musique (toi, « toi la seule, et j’entends les herbes de ton rire », aurait dit Eluard dans Capitale de la douleur) tout ensemble, tu es mon désir, qui d’une femme a fait l’habit. J’aime à t’entendre même plus qu’à te voir, parce que tes accents ont la force des confidences, cette manière que tu as de chuchoter ta grâce au creux de mes rêves oubliés. « Don’t Go Down To Fenning Street » : c’est là que j’attends désormais, en espérant ne jamais te rencontrer. Pour peu que je pose ma tête quelque part, ton sein aura pour toujours la forme de mes futurs oreillers.




Commentaires
Je le lui reproche toujours. Que ses cordes vocales soient plus intéressantes que sa bouche n'y change rien : c'est falling down que je suis, et non pas falling in love.
je lui prédis beaucoup de chirurgie...