In Memoriam

Ray Charles, chose curieuse, semblait mort depuis longtemps : c'est le propre des icônes emmurées encore vivantes. Déjà mort, autant dire vivant à tout jamais. Le visage sans regard de Ray Charles vieillissait moins qu'il ne se fixait à jamais dans une éternelle pose extatique. Le visage avant la voix : l'image sera toujours prépondérante parce que, sans doute, l'homme est passé dans l'au-delà de cette image, dans l'icône, le monde éminemment pop de la métonymie. Ray Charles, c'est une paire de lunettes, un sourire. Et ces lunettes, ce point aveugle et central de l'image, le gouffre sans fond où s'inventent les légendes.
S.B.
Pop icon

A ceux qui feraient leur profession de foi dans la pop culture, (ce qui devrait être le cas de tous les contempteurs de la "nouvelle chair"), il me semble que voici l'icône la plus absolue, parce que la plus hybride, laquelle dépasse et réalise plus d'un clivage. Black+White , homme + femme, artiste déormais enfermé dans sa propre image où, à la limite, chaque nouvelle appartition/transformation devient une performance, un pas de plus dans la carrière du chanteur. Jackson, c'est success story+ tragédie, cinéma (Thriller)+ télévision (sitcom permanente de sa vie médiatisée), image+musique (l'avènement du clip, au fond, c'est encore lui). Pop idol définitive, carrefour de tous les mélanges.
S.B.
Bastille, 29/03
O.J. ( hors-champ, J.L, J-P.T, J-S.C : quelques membres de l'ancienne équipe Cahiers).












