Pop icon

A ceux qui feraient leur profession de foi dans la pop culture, (ce qui devrait être le cas de tous les contempteurs de la "nouvelle chair"), il me semble que voici l'icône la plus absolue, parce que la plus hybride, laquelle dépasse et réalise plus d'un clivage. Black+White , homme + femme, artiste déormais enfermé dans sa propre image où, à la limite, chaque nouvelle appartition/transformation devient une performance, un pas de plus dans la carrière du chanteur. Jackson, c'est success story+ tragédie, cinéma (Thriller)+ télévision (sitcom permanente de sa vie médiatisée), image+musique (l'avènement du clip, au fond, c'est encore lui). Pop idol définitive, carrefour de tous les mélanges.
S.B.



Commentaires
Je pense à l'artiste Orlan,qui a fait de son corps, le champ de ses expérimentations. N'est-elle pas pour le coup une vraie icône pop ?
Pour ce qui est du rapprochement avec Orlan, JS, je ne suis pas trop d'accord. Je pense que Michael Jackson est un" malgré lui" de la table d'opération. À l'inverse d'Orlan qui, dans une démarche totalement artistique, se fait poser des implants, des cornes et je en sais quoi, Jackson se fait retirer peau, graisse, os, cartilages, pigments…
Cher Sébastien, je ne saurais me contenter d'une réponse aussi partielle car tu nous as habitués à mieux. :-))
Donc, je réitère : le propre d'une icône est de susciter de la dévotion ou de l'adulation (cf Edgar Morin, Les Stars). MJ est-il une icône, à l'instar d'une Marylin Monroe ?
Quand je parlais d'Orlan, je ne l'associais pas dans sa démarche à Jackson, ça va de soi ! Je parlais de sa posture d'artiste et de la question de l'hybridation. Orlan selon votre définition, est-elle une icône pop, oui ou non ?
Quant à la dictature de l'intention artistique, en bon cinéphile c'est une notion que je récuse. Si il y une leçon que le cinéma m'a appris c'est que les formes, intentionellement ou non, produisent des effets et de la pensée.
Que Grévisse me pardonne les eventuels fautes.
Quant à la dictature de l'intention artistique, en bon cinéphile c'est une notion que je récuse. Si il y une leçon que le cinéma m'a appris c'est que les formes, intentionellement ou non, produisent des effets et de la pensée.
Que Grévisse me pardonne les eventuels fautes.
Que MJ ne fasse pas du Orlan, c'est effectivement une évidence. Ce que je voulais dire, par ma réponse trop brève au goût de Sandrine, c'est que le visage de MJ, aussi monstrueux soit-il, a aujourd'hui pour fonction de dépasser toute catégorisation. Et d'enregistrer le passage de ses différents états (il me fait parfois penser aux sérigraphies de Wharol, un même visage réactualisé par de nouvelles couleurs). De là la référence à Orlan, référence indirecte, certes : à la limite, son visage, et au-delà son image, ne lui appartiennent plus. L'ambivalence de Jackson, c'est cela : il est passé définitivement de l'autre côté du miroir, dans l'image. Dès lors, cette image possède une autonomie, et en cela relève de l'icônisation, laquelle n'a pas forcément pour fonction d'appeler la seule dévotion. On préfèrera parler de fascination, de symbole, quelque chose en quoi, malgré la difformité, on puisse reconnaître quelque chose.