A suivre...

Tout le monde connaît le principe...
Skyblog :
Cette meuf, elle est trop top. Je croit qu’on pourait devenir amies. Bon, excuse-moi Sophie, tes toujours ma préféré, je te fais des bisou, tu sait bien que je te lacherai pas, mais bon c’est bien d’avoir plein de copines. Je l’ai rencontré à l’anniversaire de Fred, y avait aussi Virginie qui était pété comme j’ai jamais vu – Hé ma douce, mollo sur la vodka orange la prochaine fois – lol. Bon ben cette meuf, elle sortait avec Thomas – trop bô- et c’est pas le genre à laisser la teuf pour se coller à son mec. Ça tu vois, j’ai bien aimé.
Epistolaire :
Chère Sophie. Ton cœur, je le sais bien, pourrait en prendre ombrage ; je ne le voudrais à aucun prix ma douce amie, mais je dois t’avouer avoir fait la connaissance, au bal donné hier par Frédéric, d’une personne délicieuse : mes sens sont encore tout retournés d’y avoir croisé Thomas, et pourtant, je n’éprouvai aucune jalousie à constater son commerce avec elle, -la bienheureuse-, qui n’a pas cessé de s’inquiéter de moi (et de Virginie, laquelle ne s’embarrasse toujours pas des convenances, hélas) malgré les avances répétées de son prétendant. Cela est signe d’un cœur généreux sans doute. Ô comme j’aimerais si bien votre compagnie à toutes les deux… Ne formerions-nous pas un si charmant tableau ?
D’une traite ampoulée :
Comme j’allais, mue par la nécessité d’entreprendre mes semblables au sein d’une quelconque cérémonie sociale, prendre des nouvelles de Frédéric qui tenait alors salon pour fêter sa vingtième année, je croisais dans les bras de l’obscur et néanmoins téméraire Thomas, parmi de vomitives effluves imputées à Virginie, la personne d’une jeune femme si affable que je crains te rendre jalouse à t’en faire ainsi la confidence même si rien ne doit m’alarmer eut égard à cette bienveillance qui te caractérise, et dont elle su faire preuve à mon endroit malgré la compagnie de son amant.
Sonnet :
Que n’eussiez-vous, Sophie, été présente alors,
Au bal de Frédéric, où d’un pas sans égal
Elle vint me rejoindre au prix d’un bel effort :
Quitter sans plus attendre, de son cœur le vassal.
N’ayez de jalousie, cette femme admirable
Peut partager mon cœur en votre compagnie.
C’est lorsque Virginie eut vomi sur la table,
Laissant trace partout de son ignominie,
Que je l’ai vue, inquiète, tenter de remédier
A mon humeur chagrine d’un regard familier,
Et d’une tendre caresse, appréhender mon âme.
Elle laissa Thomas, donc. Me prenant dans ses bras,
Voulut me faire l’offrande d’un nouvel apparat :
Me voir ornementée d’une si belle femme !
... A vous de jouer.
S.B.



Commentaires
"Ell[e] laissa..."
De même, au vers suivant : "l'offrand[e]"
pas facile, les alexandrins, n'est-ce pas ? SKTN s'y était essayé, jadis...
bon, je tenterai d'apporter ma contribution plus tard, pour le plus grand plaisir de truc Nigaud, qui reste aux aguets...
V.13 : pas sûr, puisque le "e est à l'hémistiche. Je crois qu'en pareil cas, il est autorisé de ne pas le prononcer (si j'en crois de vagues souvenirs de versification classique).
- soit ton sonnet est censé être "classique", et dans ce cas ce sont des erreurs (il y en a d'autres : v.4, v.9, v.10)
- soit il est censé être "moderne" (post-Hugo), mais dans ce cas pourquoi ces archaïsmes volontaires (plus-que-parfait du subjonctif, etc.) ?
Dans la poésie classique, il faut justement éviter un e muet à l'hémistiche !
v 11, v 12 : 13 syllabes
v 13 : 14 syllabes (mazette !)
(sans parler de "voulu" pour "voulut", passé simple ; de "ornementer", que j'aurais plutôt écrit "ornementé(e)", selon le genre de l'auteur.
Je ne crois pas trop aux erreurs "volontaires" ! Quand un vers est "surnuméraire", j'ajoute franchement une apostrophe pour avouer l'élision.
En revanche, je n'ai pas vu le moindre imparfait du subjonctif ("que n'eussiez-vous" : cond. passé 2e forme de l'indic. ;"eut vomi" : passé antérieur de l'indicatif).
Dans la perspective du sonnet "classique", en outre, les deux rimes des quatrains "doivent" être identiques ("A" et "B"), et en principe embrassées (ABBA ABBA, alors que nous avons ici ABAB CDCD).
Enfin, le sonnet respecte l'alternance des rimes masc./fém., alors que nous trouvons ici :
1er quatrain : toutes les rimes masculines
2e quatrain :toutes les rimes féminines.
Et je ne m'étendrai pas sur la richesse desdites rimes...
Quitte à vouloir "faire style", autant avoir... du style.
J.
PS : la narratrice raconte à une certaine Sophie une soirée d'anniversaire (celui d'un certain Frédéric), pendant laquelle elle a fait connaissance d'une fille qu'elle trouve admirable. Elle aime particulièrement la voir s'occuper des autres sans rester nécessairement aux côtés de son copain (qui s'appelle Thomas). A l'arrière-plan une fille (Virginie) a trop bu. Voilà, vous mettez cela à la sauce que vous voulez, ce ne sont ni les genres ni les styles qui manquent (les "à la manière de" sont autorisés).
Ne nous énervons pas... J'ai bien compris qu'il s'agissait d'un jeu, et que vous ne visiez pas, par cette sympathique pochade, à graver une oeuvre impérissable digne de figurer au palmarès de vos réussites les plus éclatantes. Aussi ne l'inscrirai-je ni au martyrologe des sonnets sinistrés, ni au panthéon des joyaux parnassiens... Par parenthèse, ma visite à votre blog, due au plus grand des hasards informatiques, m'a permis de voyager dans vos autres textes que, sans flagornie, j'ai trouvés admirables de finesse, de sensibilité, d'exactitude et... de style. Cette appréciation sincère me met d'autant plus à l'aise pour réitérer mon doute quant aux règles dont on prétend s'affranchir "volontairement" : c'est, hélas, l'excuse le plus fréquemment avancée par ceux qui ne les connaissent point, ou qui ne savent pas les appliquer.
Cela dit, je relève bien volontiers votre défi, et me mets sans retard en devoir de composer un sonnet répondant, notamment, à l'énoncé proposé.
Bien amicalement,
Jacques
On peut trouver, Sophie, dans le monde laïc
Autant de sainteté que chez les couventines !
J’ai rencontré, hier, une douce gamine
Au bal donné pour les vingt ans de Frédéric.
Virginie exhalait des senteurs d’alambic…
Les gerbes qu’elle offrait offensaient la narine
Sans rebuter les soins de la visitandine
Pour qui toute détresse agit comme un déclic !
Mais loin de limiter son beau zèle altruiste
Aux ivrognes mondains, notre belle humaniste
Marqua, à mon égard, un flatteur intérêt.
Mes atomes crochus et les siens fusionnèrent…
Lors, délaissant Thomas – qui la serrait de près –,
La belle me promit son amitié sincère.
Non, je n'ai pas (encore) de site ou de pages propres, et mes quelques textes (vers et prose) dorment dans mes tiroirs.
Toutefois, je dépose certains poèmes sur le site "coindespoetes", où je vous suggère de visiter les forums "vos poèmes", "versification appliquée" et "jeux de rimes".
Je vais essayer de griffonner un ou deux "exercices de style" sur le thème que vous proposez (je suis un amateur enthousiaste de ceux de R. Queneau !).
Au plaisir,
Jacques Fabre
Ma Sophie d’amour,
Tu as carrément loupé le coche en t’inscrivant aux abonnés absents pour le pince-fesse à Frédo ! Vingt balais, pourtant, ça s’arrose entre poteaux… D’ailleurs, ton Toto, il se la jouait comme le coq dans la basse-cour, avec toutes ces gisquettes qui se trimbalaient, les trompes de Fallope en feu, dans raout… Manque de bol pour lui, il avait pointé son gyroscope sur Mère Térésa, une poulette pourtant gironde qui doit émarger aux Alcooliques Anonymes… Faut dire qu’avec Vivi – ourdée comme une cantine, comme d’hab – elle risquait pas de pointer au chômedu ! Et que j’te la cocotte, et que j’te l’abreuve de grandes rasades de Choum, et que j’t’éponge les renards que la Vivi étalait sur la haute-laine au Frédo ! Bref, ton homme a ravisé vite fait qu’il n’était pas près de lui faire visiter la case de l’Oncle Tom, côté pucier, à Sainte Thérèse ! D’autant qu’elle avait l’air d’en pincer pour moi !… Textuel ! J’avoue qu’on a sympathisé sévère, elle et moi. Mais t’inquiète, ma poule, même si elle préfère le gazon, tu seras toujours ma Soso en sucre rouge… Bises.