Au commencement était le verbe

Voici un texte truffé de premières phrases (entières ou tronquées) qui ouvrent des romans célèbres. A vous de jouer.
Aujourd'hui, maman est morte. Pendant un demi-siècle, les bourgeoises de Pont-l'Evêque lui ont envié sa servante Félicité qui longtemps, s'est couchée de bonne heure. Elle est morte ce matin, changée en véritable vermine, (comme mon ami Grégoire Samsa), dans la petite ville de Verrières qui peut passer pour l'une des plus jolies de la Franche-Comté. Elle est morte alors que j'étais pour ma part encore couché. "C'est le moment de croire que j'entends des pas dans le corridor" me suis-je dit à ce moment-là. Je n'eus pas à croire, ces pas résonnaient bien pour m'annoncer la nouvelle. Ca a débuté comme ça. Moi, j'avais jamais rien dit. Rien. Mais ce jour là, j'ai crié, j'ai pleuré. Oui, cela pourrait commencer ainsi, ici, comme ça, d'une manière un peu lourde et lente, dans le corridor qui accueillit la nouvelle, lorsque majestueux et dodu, Buck Mulligan parut en haut des marches, porteur d'un bol mousseux sur lequel reposaient en croix rasoir et glace à main : "ta mère est morte", m'a-t-il dit.
Qu'il fasse beau, qu'il fasse laid, c'est mon habitude d'aller sur les cinq heures du soir me promener au Palais-Royal. J'y avais traîné aussi une bonne partie de la nuit, d'où que ce matin, j'ai appris la nouvelle en me réveillant péniblement. J'ai été réveillé par la mort de ma mère. Et ça m'a pas plu. Je suis un homme malade, je suis un homme méchant. Voilà pourquoi ça m'a pas plu. Buck Mulligan m'apparaît, donc. Une casquette de chasse verte enserrait le sommet du ballon charnu d'une tête. La sienne. Il me dit la nouvelle, tourne les talons et rajoute : "je m'en vais".
S.B. (avec l'aide de quelques autres)



Commentaires
Un coeur simple : Flaubert.
Metamorphose: Kafka
Rouge et Noir : Stendhal
Vie mode d'emploi Perec
Ulysse : Joyce
Neveu de Rameau Diderot
Le Voyage : Céline.
C'est un premier jet, j'y reviens...
Le sous sol: Dostoievski
J'y reviens
en guise de question subsidiaire, je vous invite à identifier la phrase suivante - c'est facile, je ne suis pas si méchant :
"Comme il m'est impossible de prévoir le moment de ma fin, comme à mon âge les jours accordés à l'homme ne sont ques des jours de grâce ou plutôt de rigueur, je vais m'expliquer."
Je suis un admirateur absolu de François René...