Sur la télévision

Où, si l’on veut penser la télévision, se dire qu’elle n’est qu’un medium est déjà un bon début…
Contrairement au cinéma, la télé n’est pas un lieu. Sinon un lieu commun, medium avant toute chose, aléatoire point de rendez-vous ; pour être plus précis un lieu fantasmé : on va au cinéma, on ne va pas à la télévision. D’autres y vont à notre place. Ils y vont pour nous, par où regarder la télévision, c’est d’abord faire l’expérience de ne pas y être, justement. La télé creuse l’écart de mon être à l’écran, son lieu hypothétique (vieille rengaine : d’où est-ce que l’on me montre quelque chose ?) est un leurre. Conséquence : il y a du désir à l’œuvre dans le fonctionnement de ce medium qui se prend pour une scène, du désir et des larmes, parce que certains y croient plus que d’autres, et voudraient être de ceux qui y vont. Mais on ne va pas à la télé, parce qu’on y est déjà. Devant où derrière, c’est (à peu près) pareil. C’est là, dans sa grande et parfois funeste capacité à fabriquer du désir, que la télévision porte en elle des promesses qui de manière opposée rejoignent pourtant le cinéma.
Le cinéma, c’est d’abord une forme symbolique, à partir de laquelle le réel peut être reconduit. A l’inverse, la télévision part du réel pour produire du symbolique. Autrement dit ce lieu qui lui fait défaut, ce lieu qu’il nous faut construire pour combattre le flux, et que la télévision, parfois, construit d’elle-même comme autant d’enclaves (séries, téléfilms, etc., toutes œuvres qui peuvent être vues sur un autre support). Au cinéma qui éventuellement « réalise » la fiction, la télé répond qui « fictionne » le réel, tisse, volontairement (ex : le « Zapping ») ou non (ex : le Loft et ses avatars) de multiples rapports.
S.B.



Commentaires
Les animateurs ne sont ils que des comediens ratés?
Les journalistes des ecrivains ratés?
Les realisateurs des cineastes ratés?
Les graphistes téle ne sont ils que des artistes ratés?
Les cameramen, des photographe ratés?
Les ingenieurs de son des musiciens ratés?
Il est legitime de se poser ces questions, devant le flot de débilités, que produit notre lucarne.